Terre des hommes et les FabLab pour les réfugiés

Terre des hommes a mis en place des FabLab ouverts aux réfugiés en Grèce, au Burkina Faso, en Ukraine et à Gaza. Ces espaces d’innovation offrent la possibilité de créer des projets, à l’aide des outils numériques mis à disposition. Les participants ont, également, la possibilité de développer leurs compétences.

Qu’est-ce que c’est un FabLab?

Les FabLab sont nés aux États-Unis, en 1998, sous l’impulsion de Neil Gerhenfeld professeur du MIT et ils font partie du mouvement mondial «Do It Yourself» (faites-le vous-même), une philosophie qui prône la création autonome plutôt que l’achat. Il s’agit d’ateliers conçus pour être ouverts, partagés et collaboratifs. Leur objectif est de proposer un espace physique, rassemblant des outils numériques (découpes laser, imprimantes 3D, etc.) dont l’usage est commun, afin de permettre à un individu de créer et d’inventer. Ils permettent ainsi de concevoir, de prototyper, de fabriquer et de tester des objets les plus divers.

Le projet de Terre des hommes

Terre des hommes (Tdh) a créé son premier FabLab humanitaire destiné à la population de réfugiés en Grèce en 2017. Le projet a été réalisé en collaboration avec l’organisme Global Humanitarian Lab  (GHL), ce dernier est un partenariat intersectoriel regroupant des organisations humanitaires de premier plan qui travaillent ensemble pour relever des défis communs. Ensuite, le projet a été reproduit dans des autres contextes comme le Burkina Faso, l’Ukraine et à Gaza.

 

Les objectifs du projet

Les FabLab ont deux fonctions principales. La première est mettre à disposition des locaux équipés des technologies numériques, qui rendent possible la création de projets. Concernant la deuxième, le but est de créer des espaces qui ont une fonction éducative et qui permettent aux jeunes d’acquérir des compétences numériques. Le rôle des FabLab est d’offrir un espace de collaboration ouvert et des fournir aux jeunes les connaissances de base pour la réalisation de projets. En outre, des ateliers sont organisés régulièrement pour permettre aux réfugiés d’améliorer leur créativité et leurs compétences.

Une exception des FabLab créés, par Terre des hommes, est que les participants sont plus jeunes que prévu. Principalement, enfants de 10 a 12 ans plutôt qu’adolescents. Yazan, jeune réfugié, de 18 ans explique :

 

« Je rêve de devenir concepteur automobile. Le personnel de Tdh m’a fait connaître le FabLab, où je crée maintenant un modèle de voiture. Cette imprimante 3D pourra l’imprimer en 39 heures. »

 

Ces FabLab sont plus qu’un simple espace d’innovation, le savoir-faire qui y est acquis peut contribuer largement à la capacité de trouver un emploi et de créer un futur pour ces enfants.

 

Sources :

  • https://www.tdh.ch/fr/projets/fablab-espace-innovation-refugies
  • https://globalhumanitarianlab.org
  • https://theconversation.com/les-fab-lab-au-coeur-des-defis-numeriques-en-afrique-96391

Auteure : Melita Bonetti

 

 

 

Taxation des GAFA: une bataille qui sera gagnée?

L’imposition fiscale des GAFA est un thème beaucoup débattu au sein de l’UE ces derniers jours. Plusieurs pays européens demandent une taxation plus lourde sur les géants du numérique. Cependant, la bataille est loin d’être gagnée.

GAFA est l’acronyme des multinationales numériques Google, Apple, Facebook et Amazon. Ces derniers jours, au sein du Parlement européen, la discussion sur le projet de taxation des géants du Net est au coeur des préoccupations de l’Union Européenne.

Ce projet de taxation a été proposé par la France initialement et ensuite par Allemagne, Espagne et Italie. Plusieurs autres pays comme Autriche, Grèce, Bulgarie, Slovénie et Lettonie ont également rallié cette cause.

Est-ce que tous les pays sont d’accord?

Irlande, Pays Bas, Malte et Chypre ne sont pas favorable du tout à ce nouveau projet d’imposition fiscale. En effet, ces pays n’ont aucun intérêt à avoir des taxations sur les GAFA, car ces multinationales sont situées sur leur territoire. La raison? Ils ont des impôts plus avantageuses et plus faibles par rapport aux autres pays européens. En plus, ils gagnent en terme des recettes fiscales au niveau d’emplois et impôts générés de cette présence étrangère. L’introduction d’une taxe égalitaire pour tous les pays européens réduirait considérablement l’attractivité de ces paradis fiscaux.

Quel taux d’imposition?

La première étape de la Commission européenne sera de taxer le 3% des chiffres d’affaires générer par chaque activité numérique. Cette taxe n’affectera que les groupes avec un chiffre d’affaires mondial supérieur à 750 millions d’euros. Enfin, la taxation visera les recettes publicitaires des groupes tirées des données de leur utilisateurs et les revenus générés de la mise en relation des internautes pour un service donné.

 

« Comment peut-on accepter que des millions de consommateurs européens donnent gratuitement leur données sans qu’il y ait au passage une taxe? » Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie et des Finances

L’objectif? Un accord au plus tard au début 2019

Bruno Le Maire, Ministre français de l’Économie et des Finances, espère arriver à un accord entre les pays et à une réforme touchant la fiscalité au début de l’année 2019. La France veut, en effet, accélérer les délais de taxation de GAFA dans la perspective d’arriver à une harmonisation du régime fiscal et concurrentiel au sein de l’Union Européenne. Cette taxe pourrait rapporter environ 5 milliards d’euros par an.

Il est clair que les défis à relever dans les prochains mois seront nombreuses, mais ce qui est certain, c’est que les GAFA ne vont pas rester sans réagir face à ces  dispositions. La guerre de la taxation des GAFA ne fait que commencer.

 

Sources:

Pourquoi taxer davantage les GAFA va être (très) compliqué. https://www.europe1.fr/economie/pourquoi-taxer-davantage-les-gafa-va-etre-tres-complique-3439643

Devante le Parlement européen, Le Maire plaide fermement pour une taxe sur les GAFA. http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/10/21/32001-20181021ARTFIG00081-pour-taxer-les-gafa-l-allemagne-favorable-a-un-impot-minimum-mondial.php

Bruxelles menace les géants d’Internet d’une nouvelle taxe de 3% sur les revenus numériques. https://www.letemps.ch/economie/bruxelles-menace-geants-dinternet-dune-nouvelle-taxe-3-revenus-numeriques

(Sources des vidéos: https://twitter.com/BrunoLeMaire/)

(Sources des images:https://www.it-finanzmagazin.de/digitale-identitaet-teil-4-rechtssicher-68859/gafa-730/)

 

Auteure: Melita Bonetti