Astroturfing : méfiez-vous des faux commentaires!

Avec le Web participatif, les faux commentaires publiés sur Internet se multiplient. Mais qui sont les personnes qui rédigent ces avis ? Et qui les commandent ? Focus sur une pratique dangereuse pour les entreprises.

« Il a quelle note sur Tripadvisor? »

C’est devenu un réflexe pour beaucoup de personnes : avant de réserver une table ou une chambre d’hôtel, on s’assure de la qualité de la prestation sur Internet. Les internautes consultent alors souvent les avis des clients sur des plateformes comme Tripadvisor ou LaFourchette.

L’image d’une entreprise sur Internet doit alors être valorisante pour se démarquer de la concurrence et gagner en popularité. Ces commentaires représentent donc un enjeu économique important, en particulier dans le secteur de la restauration et du tourisme.

Si beaucoup d’établissements se contentent d’avis réels de consommateurs, certains sont tentés de tricher et de publier de faux commentaires les concernant. On parle alors d’astroturfing.

Astro-quoi? Définition

En marketing, il s’agit d’une technique de propagande imitant une vague d’avis positifs spontanés sur un produit ou une marque, alors qu’en réalité, c’est une entreprise qui se cache derrière la démarche.

Le terme Astroturf désigne un revêtement synthétique imitant le gazon des terrains de sport.

Selon une enquête réalisée en 2016 par la Direction Générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes en France, 35% des entreprises contrôlées pratiquent l’astroturfing.

Mais pourquoi tricher? La manœuvre a trois buts principaux :

  1. Valoriser une entreprise et sa réputation pour obtenir une note plus élevée sur les médias sociaux.
  2. Au contraire, dévaloriser la concurrence comme l’a fait Samsung envers HTC.
  3. Augmenter le référencement de son site Internet sur Google en créant du trafic pour gagner en popularité.

Et comment procèdent les astroturfers?

Certains gérants demandent l’aide d’individus sur Internet contre une rémunération. D’autres mandatent des entreprises, souvent spécialisées en e-réputation, pour s’en occuper. En effet, il existe de véritables prestataires de faux avis – néanmoins, ceux-ci procèdent souvent de manière officieuse.

Exemples de propositions de ventes d’avis.

Mais le plus surprenant est qu’il existe aujourd’hui des logiciels de « persona management« . Ces logiciels sont en mesure de créer des faux profils de personnes tout à fait crédibles en leur donnant une identité numérique fictive (comme des comptes sur les réseaux sociaux, une adresse IP, une adresse e-mail et un historique web). De plus, ces logiciels sont capables d’interagir avec d’autres comptes réels.

Lutte contre l’astroturfing

En plus de tromper les internautes, l’astroturfing décrédibilise les sites comme Tripadvisor. En Suisse, la loi contre la concurrence déloyale peut s’appliquer contre les astroturfers et les sanctionner de trois ans de prison ferme au maximum.

Du côté des plateformes, les responsables de Tripadvisor affirment qu’ils vérifient les avis et signalent les activités suspectes pour garantir la fiabilité de leur site. La plateforme possède des logiciels permettant d’analyser le contenu des commentaires en se basant notamment sur les adresses IP, la fréquence des votes ainsi que la grammaire et le vocabulaire utilisés.

La lutte aux faux avis est donc véritablement engagée. Du côté des internautes, la vigilance est de mise pour ne pas se laisser tromper par les faux avis !

A lire ailleurs :

(Source images https://www.artionet.ch/Htdocs/Images/Pictures/7428.jpg?puid=6815a3b9-010c-4b80-87b1-209fdf727d7c
mediatonic.com.au/wp-content/uploads/2017/09/trip_advisor.jpg
http://lageneralista.com/wp-content/uploads/2015/07/Astroturf.png
Screenshot de google.ch)

Sources :

  • https://www.theguardian.com/commentisfree/2012/feb/08/what-is-astroturfing
  • https://www.tdg.ch/high-tech/A-la-chasse-aux-faux-commentaires-en-ligne/story/31571218
  • https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Publications/Vie-pratique/Fiches-pratiques/faux-avis-consommateurs-sur-internet

Auteure : Marie Schöpfer

Relecture : Céline Schöpfer, Julie Pellissier.

IDENTITE NUMERIQUE – Le recrutement par l’e-reputation

L’arrivée des réseaux sociaux a ouvert un nouveau terrain d’expression ouvert à tous. De l’euphorie sans limites des premières années, on arrive aujourd’hui à une période où l’on s’inquiète des effets négatifs possible de cette liberté sur nos vies.

Une vie privée à protéger

Depuis quelques années, les acteurs de la communication mettent les utilisateurs des réseaux sociaux en garde contre les traces numériques négatives que nous pouvons laisser derrière nous telles que les photos de soirées un peu trop alcoolisées, des critiques sur une entreprise ou des commentaires racistes. En effet, ces traces peuvent poser un problème durant le processus de recherche d’un travail bien que la quête d’informations personnelles ne soit pas l’objectif premier des recruteurs. Cependant, on peut le retrouver dans le top 5 des raisons qui poussent les recruteurs à utiliser les réseaux sociaux (Enquête du Blog du Modérateur) :

  • Chasser des candidats correspondants aux postes ouverts
  • Communiquer sur les recrutements de l’entreprise
  • Travailler la marque employeur de l’entreprise
  • Poster des offres d’emploi d’entreprise
  • Se renseigner sur les candidats qui postulent

ereputation.JPG

E-reputation en entretien d’embauche

Dès lors, la gestion de notre e-reputation est primordiale. En témoigne les nombreux sites et articles regorgeant de bons conseils à travers le web pour une bonne gestion de ses données personnelles et de l’image que l’on veut donner de soi sur la toile.

Respecter l’éthique professionnelle qui consiste à prendre en compte, lors du processus de recrutement, les compétences des candidats, et rien que les compétences

Pourtant, des initiatives sont mises en place pour établir des règles de l’art dans la manière de faire des recherches sur les candidats. Par exemple , un groupe de professionnels de la branche et faisant partie de l’association « A Compétences Egales » a décidé en 2010 de promouvoir une charte sur les « Réseaux sociaux, internet, vie privée et recrutement ». En signant ce texte, les entreprises s’engagent à :

  • ne diffuser que des offres d’emplois sur les réseaux sociaux ;
  • ne pas utiliser les réseaux sociaux pour rechercher des informations sur les candidats ;
  • encourager les acteurs du domaine du recrutement à respecter les conseils offerts par la charte.

Quelques entreprises ont déjà rejoint le mouvement et il est possible d’adhérer à cette charte via le site internet de l’association « A Compétences Egales ».

Prendre soin de sa e-reputation

Alors que faire pour se protéger contre une mauvaise e-reputation? Dans la pléthore de conseils que l’on trouve sur internet, il existe entre autres un livre « Cultiver son identité numérique » (consultable ici) qui prodigue de façon complète de nombreux conseils pour réussir la gestion de son identité numérique. Ceux-ci sont résumés dans cette image :

https://i0.wp.com/www.cndp.fr/crdp-besancon/uploads/RTEmagicC_7-points-pour-cultiver-son-ident-num.jpg.jpg?resize=452%2C223

Finalement, l’e-reputation est un élément primordial de l’identité numérique qu’il faut gérer dans un monde du travail où les réseaux sociaux sont devenus un nouveau canal de recrutement riche en informations. De plus, l’aspect conversationnel, que l’on retrouve dans un entretien par exemple, est souvent absent de ce type de recherche, c’est pourquoi notre présence en ligne doit être gérée comme une vitrine qui se doit d’encourager le recruteur à entrer.

A lire ailleurs :

(Sources des images : http://idata.over-blog.com/3/01/94/36/ereputation.JPG
http://www.cndp.fr/crdp-besancon/uploads/RTEmagicC_7-points-pour-cultiver-son-ident-num.jpg.jpg)

Auteurs : Aline Ecuyer

E-RÉPUTATION ET RECHERCHE D’EMPLOI : SOIGNER SON IDENTITÉ NUMÉRIQUE

A l’ère où les recruteurs sont adeptes de la « googlisation », les postulants se doivent de soigner leur e-réputation et d’en faire un atout. Tour d’horizon et conseils en 4 points.

Identité numérique et e-réputation : de quoi parle-t-on ?

L’identité numérique apparaît comme la somme des traces, conscientes ou non, qu’un individu laisse derrière lui lors de ses diverses navigations sur internet. Les moteurs de recherche tels que Google en donnent un reflet, parfois escamoté. La e-réputation, elle, correspond à ce qui est dit d’une personne (physique ou morale). Dès lors, les recruteurs ont appris à chercher les informations en dehors des sentiers battus, pour employer un personnel irréprochable, et on le sait. Alors comment bien s’y préparer ?

Une caricature qui résume malheureusement bien les pratiques des recruteurs
Une caricature qui résume malheureusement bien les pratiques des recruteurs

Comment soigner son identité numérique ?

A l’heure actuelle, l’usage des médias sociaux conduit à diffuser des informations personnelles pouvant échapper aux individus. En effet, ces dernières sont susceptibles d’être jugées par d’autres personnes : des décisions peuvent être prises à propos de l’employabilité d’un individu sans qu’il en soit informé. Il est de ce fait impératif pour les demandeurs d’emploi d’être averti de cette pratique des recruteurs : la presque totalité des entreprises profilent l’identité des candidats sur internet. Pourquoi s’en priver ? Il s’agit d’informations supplémentaires gratuites ! Dès lors, il faut pouvoir tirer avantage de la situation.

Il est donc essentiel de pouvoir contrôler, mais surtout soigner son apparence virtuelle. Voici quatre conseils pour maintenir une « bonne » identité numérique:

  • « name googling »: cela peut paraître narcissique, mais « l’auto-googlisation » est un geste qui permet de connaître les informations reliées à son identité numérique, il s’agit donc d’en prendre connaissance pour pouvoir les modérer ;
  • nettoyage : il est devenu aujourd’hui indispensable de paramétrer la confidentialité des comptes en séparant le privé du professionnel. Il est aussi préférable de supprimer tout contenu susceptible de nuire à la e-réputation ;
  • stratégie de visibilité : attention toutefois à ne pas tout faire disparaître ! Certains employeurs sont suspicieux à l’égard de l’absence de présence sur internet. De plus, certains domaines comme la communication et le marketing requièrent de s’être emparé au préalable des outils du web et d’en avoir une bonne expérience;
  • sélection des médias sociaux : il s’agit de développer son identité numérique sur les médias sociaux les plus pertinents. Cependant créer un compte dans la seule optique d’en posséder un peut se révéler infructueux : il faut y être actif et mettre à jour régulièrement ses informations sans toutefois trop en révéler.

Internet est un outil permettant à tout un chacun de se mettre en avant de manière pertinente dans le cadre de la recherche d’emploi, le tout étant de paraître sous son meilleur jour sans trop en dire. En effet, une gestion mesurée de son e-réputation permet de donner une bonne image de soi et d’acquérir un atout supplémentaire auprès des recruteurs. La présence d’informations sur le web à propos d’un individu n’en fait donc pas systématiquement une faiblesse.

Pour aller plus loin :

A lire ailleurs :

(Source des images :https://www.artionet.ch/fr/Blog/Services-Web-20/Comment-gerer-l-identite-numerique-d-un-defunt.html / http://technotendency.over-blog.com/article-reseaux-sociaux-gros-plan-sur-l-e-reputation-76189199.html)

 

Auteur : Sarah Pellaton