Trolls: Quand les utilisateurs prennent la parole


« PC VS MAC », « Théorie du complot », « Religion VS Politique », etc. vous connaissez ces thèmes qui provoquent des discussions interminables et qui n’ont rien à voir avec le sujet de base? C’est souvent l’action bruyante des polémiqueurs du net, aussi appelés trolls. Ils parcourent les espaces de discussions en semant des appâts – nommés trollings – dans l’espoir que quelqu’un tombe dans le piège.

Dans la famille troll je demande le Père

Un troll, pour vous donner une définition simple, c’est celui qui crée des controverses. Non pas pour nourrir le débat public ou pour que vous vous endormiez moins bête à la fin de la journée, mais juste pour … Mais au fait pourquoi le troll fait-il ce qu’il fait? Pour comprendre, il faut tout d’abord observer l’arbre généalogique des trolls. On a d’un côté les trolls inconscients. Ce sont en fait d’innocents internautes, comme vous et moi, qui ont le malheur de poser une question considérée comme bête, au mauvais endroit et au mauvais moment. Conséquence immédiate c’est une explication ou une remise à l’ordre faite par la communauté.

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L’anatomie d’un troll des forums

De l’autre côté on a le troll conscient. Il représente la bête noire crainte par tous les community managers. En effet l’ère des réseaux sociaux sonne l’heure de la participation active en ligne, où les utilisateurs ont enfin la parole, mais crée également un terrain de jeu propice – de la taille de Disneyland Paris –
à ces adeptes de la provocation. Ils ont pour habitude d’attaquer, critiquer, nuire aussi bien aux marques, qu’aux personnes publiques. Leur stratégie est simple; encourager la polémique par des provocations. Ce qui a le don d’énerver les internautes, qui entrent pieds joints dans une discussion stérile qui n’aboutit en général à rien.  Le résultat le sujet initial de la conversation est relayé au second plan.

Lorsque la controverse enfle, il existe quelques techniques pour les community managers pour limiter la catastrophe:

  • Don’t feed the troll: l’adage parle de lui-même, ne RÉ-PON-DEZ pas! Mangez votre clavier plutôt que d’entrer dans le jeu du troll et de finir par vous en mordre les doigts ;
  • Argumentez et raisonnez-les: si vous avez du temps et la foi, tentez votre chance ;
  • Effacez les commentaires et blacklistez-les: personne ne vous en voudra de claquer la porte au droit à la liberté d’expression et tutti quanti. Mais attention au possible effet Streisand.

La voix du peuple

Certes, les trolls ont une mauvaise image, mais ils font tout de même parti du faible pourcentage d’internautes qui commentent et donnent leur avis. Leur manière de participer répond peut être à un simple désir de socialisation ou encore de créativité. Ou alors c’est peut-être le désir de vengeance qui s’exprime, ce qui expliquerait la volonté de perturber. Car c’est bien connu l’agressivité des membres des communautés en ligne est bien plus grande que celle des communautés traditionnelles.

Egalement, il devient difficile de débattre à l’aide d’argument – non moins valable – tel que l’argument féministe – sans que l’on crie au troll. En effet, il est d’ordinaire de piéger les trolls en leur démontrant l’absurdité de leur argumentation. Pour cela on dit qu’ils ont atteint le « point Godwin ». La loi Godwin dit que « plus une discussion en ligne dure longtemps plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1″¹.

Enfin, il faut l’admettre que les débats provoqués par les trolls permettent aux internautes de – si on peut se permettre – développer leur rhétorique.

Le troll corporate

Si les internautes s’en sortent avec une bonne migraine ou une crampe aux zygomatiques les organisations, elles, peuvent voir leur image de marque en prendre un coup ou au contraire gagner en visibilité.  Motiver les utilisateurs à interagir et à s’impliquer dans les médias sociaux d’une organisation dépend de différents désirs, valeurs, objectifs et autres de l’internaute. Les trolls sont donc des publicitaires des organisations avec une incertitude quant aux résultats et effets sur les parties prenantes. Alors pourquoi ne pas se stroller soi-même et donc de s’assurer  des performances positives?

Rappelez-vous l’adage qui disait de ne surtout pas nourrir le troll, il en existe un autre qui dit  » You have to feed the beef »². Ceci signifie qu’en plus de faire attention à ne pas alimenter le troll, il faut aussi donner à manger aux médias et autres leaders d’opinion. Quoi de mieux alors pour l’organisation que de :

« Become the troll » – Nicolas Vandesbiest

C’est ici que l’on va pouvoir voir tous les talentueux communicants. Il n’y a rien de nouveau, rien à dire, mais ils vont tout de même trouver le moyen de faire la une.

A lire ailleurs:

  • Blog L’Express http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2008/12/24/cest_une_question_que_nous/

Sources:

  • SUPLY, Laurent. Définition: Troll [en ligne]. URL: http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2008/12/24/cest_une_question_que_nous/
  • ²VANDERBIEST, Nicolas. La théorie de l’artefact de communication [en ligne]. URL:  http://www.reputatiolab.com/2014/07/theorie-lartefact-communication/
  • VANDERBIEST, Nicolas. La typologie de profils auxquels le community manager peut faire face [en ligne]. URL:  http://www.reputatiolab.com/2013/08/la-typologie-des-profils-auxquels-le-community-manager-peut-faire-face/
  • Wikipédia. Troll (Internet) [en ligne]. URL: https://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_(Internet)
  • ¹Wikipédia. Loi de Godwin [en ligne]. URL: https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin

(Sources des images: https://media.licdn.com/mpr/mpr/p/2/005/078/212/3c36c7f.jpg / https://spreaditout.files.wordpress.com/2015/02/internet-troll-by-woody-hearn.jpg)

Vidéo:

  • https://www.youtube.com/watch?v=_KHEkR5yb9A

Auteur: Amandine Bayizila

Le crowdsourcing compétitif : l’exemple d’eYeka.

Depuis quelques années déjà, le crowdsourcing se fraye un chemin dans la jungle du Web 2.0. Innovante, fun et créative, la plateforme eYeka est un exemple concret de crowdsourcing compétitif.

Qu’est-ce que le crowdsourcing compétitif?

Le terme de crowdsourcing est la contraction de crowd qui signifie la foule et sourcing qui signifie l’approvisionnement. Apparu pour la première fois en 2006 avec l’auteur James Howe, le crowdsourcing peut être défini comme le recours à une communauté externe à l’entreprise afin de bénéficier d’un savoir-faire nouveau pour réaliser des projets sous forme de compétition.

 Qu’est-ce qu’eYeka ?

eYeka est une plateforme de co-création qui regroupe 320’000 créateurs prêts à offrir leurs services à une marque. Les marques proposent des projets rémunérés sous forme de concours à l’ensemble de la communauté.

eYeka propose un crowdsourcing principalement axé autour du marketing. On se trouve à mi-chemin entre le marketing participatif et le crowdsourcing. Les marques peuvent demander des projets purement marketing comme la création de publicités ou de packaging. Mais certaines vont plus loin et intègrent complètement la notion de crowdsourcing en demandant aux créateurs des projets sur la conception totale d’un nouveau produit.

La page d'accueil de la plateforme eYeka.
La page d’accueil de la plateforme eYeka.

Le fonctionnement est simple : le créateur choisit un projet sur lequel il veut travailler et soumet son projet à eYeka. La plateforme s’occupe ensuite de transmettre les idées réalisables à la marque.

Quelles motivations pour les internautes ?

Pour qu’une plateforme de crowdsourcing fonctionne, il faut inciter la participation et donner des motivations aux créateurs. Avec eYeka, on peut citer 5 motivations principales :

  • Rémunération
  • Reconnaissance individuelle
  • Appartenance à une communauté
  • Perspectives professionnelles
  • Développer des compétences

A noter que les récompenses futures, comme les perspectives professionnelles ou les motivations sociales en général comptent beaucoup pour les créateurs.

« Thanks to eYeka I worked with Shazam and opened my own agency ! » Créateur ayant gagné un concours sur eYeka, ce qui lui a permis de développer ses compétences professionnelles.

 Quels bénéfices pour les marques ?

L’avantage de ces plateformes de crowdsourcing réside dans son fonctionnement à double sens. Le créateur obtient des récompenses matérielles ou non matérielles selon les motivations, mais la marque profite aussi d’avantages. Cette grande communauté de créateurs permet aux marques d’obtenir des idées nouvelles et originales. Les marques profitent d’une créativité quasi sans limites. Le temps d’exécution est également écourté grâce au nombre important de participants. Et finalement, les coûts peuvent être réduits grâce à cette méthode.

Malgré les critiques, les plateformes de crowdsourcing continuent d’attirer les internautes intéressés par leur communauté. Il y a également un travail de fidélisation avec les créateurs déjà participants. Les plateformes comme eYeka doivent donner l’envie de participer et d’entrer en compétition avec d’autres créateurs. Il faut alors montrer aux participants les bénéfices de leur travail et leur rappeler que c’est fun, mais aussi que c’est utile pour développer leurs compétences et mettre en avant leur esprit créatif.

A lire ailleurs:

Sources :

(Sources des images: http://stantonallen.co.uk/wp-content/uploads/2014/05/Crowdsource-image.jpg, www.fr.eyeka.com)

Auteur : Camille Bielmann