Norman, Cyprien, Remi, ces professionnels de YouTube

Gagner sa vie en publiant une vidéo humoristique par mois, une réalité rendue possible par des sites de vidéos en ligne comme YouTube. Retour sur le succès du site et de ses contributeurs.  

YouTube, considéré comme le troisième site mondial, est fondé en 2005 par des employés du site de commerce en ligne Paypal. Leur idée ? Faire disparaître les barrières techniques à la diffusion et au partage de vidéos en ligne. Ils donnent ainsi la possibilité aux utilisateurs du site de publier, visionner et partager des vidéos sans grandes connaissances techniques. C’est le principe du « user generated content », contenu créé par les utilisateurs, en vidéo ! Tout le monde peut dès lors s’improviser vidéaste et proposer son contenu sur la plateforme.

Parmi ces vidéastes amateurs, certains rencontrent un énorme succès avec des vidéos visionnées plus d’un million de fois. C’est le cas des désormais célèbres français Cyprien, Norman ou Remi Gaillard. Avec YouTube, ils sont passés de l’anonymat à la reconnaissance internationale et de vidéaste amateur à professionnel, pouvant gagner plus de 100’000 euros par an. Avec 1000 vues, la vidéo peut rapporter environs 1.50 euro à son créateur.

Et YouTube a tout intérêt à garder ses contributeurs à succès et à les chouchouter. En effet, ils partagent les revenus publicitaires des vidéos, qui augmentent en fonction du nombre de visionnage. Conscient du potentiel de leur site, YouTube encourage aussi les nouveaux venus.

Des espaces dédiés aux youtubeurs

YouTube Space London
YouTube Space London

YouTube space « Bringing together the most creative people in the world to learn, connect and create ».

YouTube a ouvert plusieurs « YouTube spaces » dans des villes comme Londres, Los Angeles, New York, Berlin, Tokyo et Paris, des espaces qui mettent à disposition du matériel professionnel et visent à aider les créateurs avec des salles de projection, montage, studio de tournage et des conseils de professionnels de la branche. Pour y avoir accès, les youtubeurs comptabilisant au moins 1000 abonnés peuvent s’inscrire en ligne. Le but ultime côté YouTube? Favoriser la création de vidéos qui seront visionnées au maximum pour obtenir un revenu publicitaire le plus élevé possible.

Les motivations des youtubeurs
Gagner un revenu confortable en publiant une vidéo humoristique par mois, ça fait rêver ! Mais pourquoi ne nous y mettons-nous pas tous ? et qu’est-ce qui a poussé Cyprien, Norman ou Remi, à se mettre en scène ?

Les chercheurs Huberman, Romero et Wu se sont penchés sur la question et ont analysé ce qui pousse les gens à créer des vidéos sur YouTube. Résultat ? Ce sont les motivations intrinsèques qui jouent un rôle, l’argent n’y serait pour rien. L’attention, mesurée par le nombre de fois où une vidéo est visionnée, est la motivation principale. Et plus il y aura d’attention donnée à une vidéo, plus la production sera encouragée. L’attention contribue aussi à une meilleure estime de soi. Aussi, c’est une façon de se créer une identité numérique, c’est l’image de nous qu’on a envie de montrer. Donc si Norman a cette image de préadulte décontracté et rigolo, c’est bien parce que c’est ce qu’il a voulu nous montrer de lui à travers ses vidéos.

D’autres recherches réalisées par Stoeckl, Rohrmeier et Hess ont montré que la création de vidéos était surtout associée à un passe-temps fun, ce qui explique aussi la motivation de certains.

Et pourquoi, comme Norman, ne nous mettons-nous pas tous à faire des vidéos ? Le manque de temps et la protection de la vie privée sont d’après les chercheurs les deux raisons principales qui expliquent que tout le monde ne fasse pas des vidéos.

Et si nous aussi, on a envie de s’y mettre, mais qu’on ne sait pas par où commencer ? Il existe aujourd’hui des formations spéciales destinées à la création de vidéos pour le web. On les trouve dans différents centres de formation, mais aussi dans des écoles renommées, comme L’Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle à Paris.

 

A lire ailleurs :

http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/cinq-conseils-pour-faire-des-videos-youtube-a-succes_1609483.html

http://www.france4.fr/emissions/on-n-est-plus-des-pigeons/a-la-une/youtubeur-un-metier-de-reve_228179

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/10/01/32001-20151001ARTFIG00008-google-inaugure-son-youtube-space-a-paris.php

http://www.huffingtonpost.fr/2014/04/11/youtube-norman-hugo-mister-v-academie-sacd_n_5128646.html

http://www.purebreak.com/news/enjoyphoenix-cyprien-norman-squeezie-les-salaires-des-youtubeurs-devoiles/89346

http://www.economiematin.fr/news-revenus-publicitaires-youtube-chaine-video

http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/youtube-norman-superstar-15-10-2015-5187823.php

http://www.slate.fr/life/84475/qui-sont-youtubeurs-les-plus-riches

Sources :

http://www.alexa.com/topsites
http://www.cyprien.fr
http://www.e-marketing.fr/Definitions-Glossaire/User-Generated-Content-240219.htm#.Vl7G2usdtGg
https://fr.wikipedia.org/wiki/YouTube
http://www.normanfaitdesvideos.com
http://www.toolito.com/geek/combien-gagnent-youtubeurs/
http://www.webrankinfo.com/dossiers/youtube/chiffres-statistiques
http://www.youtube.com/yt/space/london.html

Burgess, Jean ; Green, Joshua . 2009 : YouTube, Online Video and Participatory Culture. Cambridge.

Huberman, Bernardo A. ; Romero, Daniel M. ; Wu, Fang (2008) : Crowdsourcing, Attention and Productivity. Social Computing Lab, Palo Alto. URL : http://arxiv.org/pdf/0809.3030v1.pdf (29.11.2015)

Stoeckl, Ralph; Rohrmeier, Patrick; and Hess, Thomas (2007) : « Motivations To Produce User Generated Content: Differences Between Webloggers And Videobloggers ». BLED 2007 Proceedings. Paper 30. URL : http://aisel.aisnet.org/bled2007/30 (29.11.2015)

Wu, Fang ; Wilkinson, Dennis M., Huberman, Bernardo A. (2009) : Feedback loops of attention in peer production. Dans : Computational Science and Engineering, 2009. CSE ’09. International Conference on, p. 409-415. URL : http://arxiv.org/pdf/0905.1740.pdf (29.11.2015).

 

Auteur: Jeanne Pillet

 

LE BUSINESS DU SELFIE

De phénomène de mode chez les adolescents à élément clé d’une stratégie marketing : retour sur la success story des selfies.

Que celui qui pensait que les autoportraits réalisés avec son smartphone, les selfies, étaient réservées aux narcissiques en quête de reconnaissance se ravise : les selfies sont en passe de devenir un marché juteux qui mobilise les investisseurs.

Bien qu’il fasse aujourd’hui partie du vocabulaire de tout utilisateur de médias sociaux qui se respecte, le mot « selfie » était encore peu connu en 2004 lors de sa première apparition dans un hashtag. C’est lorsqu’Apple introduit l’appareil photo frontal en 2010 que le phénomène prend de l’ampleur jusqu’à être considéré en 2013 comme le mot de l’année par le Oxford English Dictionary. Aujourd’hui à la mode, les entreprises en profitent pour surfer sur la vague: les applications pour selfies ont fleuri à la pelle que ce soit pour sublimer la photo, ajouter des effets, ou mieux la partager sur les médias sociaux. L’application « Scoopshot » propose même ses services en tant qu’agent et s’occupe de vendre les selfies aux médias. La célèbre application de partage de photos « Snapchat » a ajouté des fonctions de replay payants pour permettre de visionner une seconde fois une image. Des accessoires sont également apparus pour rendre la pratique plus simple : perche à selfie ou télécommande. Le prestigieux musée Tate Modern de Londres a même proposé une formation dans le but de prendre le selfie parfait. Le constat est frappant: les selfies ne sont plus seulement qu’un phénomène de mode mais un marché lucratif et diversifié en plein essor.

Les selfies au service des entreprises

Les entreprises peuvent aussi en profiter. D’un côté, partager des photos des employés au travail est un moyen de rapprocher les clients de l’identité de la marque à travers les selfies. Le côté authentique et spontané des selfies a beaucoup de potentiel: c’est la preuve qu’il y a des personnes réelles derrière un nom ou une marque et c’est l’occasion de montrer à quel point il est agréable de travailler pour l’entreprise.
Même constat si les clients se prennent en photo avec un produit d’une marque. L’entreprise va profiter de cette publicité naturelle et gratuite, pourvu que le selfie ne soit pas en désaccord avec les valeurs de l’entreprise!

Les marques ne s’arrêtent pas là. Le selfie peut même servir à la stratégie marketing de l’entreprise en incitant les consommateurs à prendre des clichés d’eux avec les produits de l’entreprise, à travers des concours par exemple. Des stratégies de street marketing se révèlent devenir du « selfie marketing », comme cet exemple de promotion de l’étanchéité du nouveau Samsung S5 où on propose aux gens de gagner un appareil s’ils prennent une photo d’eux… sous l’eau! :

 

Les autoportraits modernes permettent ainsi l’implication des consommateurs, du fun, de la gratuité et de la créativité. L’avenir des selfies s’annonce radieux et lucratif. A vos Smartphones!

 

Sources:

– https://www.meltwater.com/fr/blog/les-raisons-du-succes-du-selfie-marketing/
– http://www.culturecrossmedia.com/selfie-marketing/
– https://www.americanexpress.com/us/small-business/openforum/articles/why-selfies-need-to-be-part-of-your-marketing-strategy/
– http://www.bilan.ch/emily-turrettini/chronique-internet/selfies-un-nouveau-marche-lucratif
– http://www.bustle.com/articles/20571-londons-tate-britain-museum-offers-a-selfie-school-because-famous-art-museums-apparently-do-that-now
– http://www.telegraph.co.uk/finance/festival-of-business/11048821/Cashing-in-on-the-selfie.html
– http://www.blogdumoderateur.com/snapchat-freemium-selfies-effets/