Impression 3D, protagoniste de l’open innovation

Au cours de la dernière décennie, le concept d’open innovation a suscité l’intérêt d’un nombre croissant de personnes, notamment des acteurs de la gestion de l’innovation et des politiques publiques. Nous sommes désormais dans une ère où les entreprises peuvent trouver de nombreux avantages à ouvrir leurs processus d’innovation au monde extérieur. L’utilisation des nouvelles technologies favorise le passage des modèles traditionnels d’innovation fermée aux modèles récents d’innovation ouverte. L’impression 3D est l’un des outils d’innovation les plus prometteurs, capable de transformer rapidement l’économie et la société.

Source: 3D Printing And The Future, https://creativespaceserbia.com/3d-printing-and-the-future/

Le terme « open innovation » est d’usage assez récent et est principalement employé par les entreprises pour désigner un nouveau concept de processus d’innovation qui implique l’afflux et l’utilisation d’idées et de ressources extérieures qui, en synergie avec les ressources internes, peuvent générer de la valeur pour les entreprises et les citoyens. Le modèle d’innovation ouverte s’impose progressivement comme un substitut au modèle traditionnel d’innovation fermée, dans lequel les processus d’innovation se déroulent uniquement en interne, sans recours à une aide extérieure.

L’un des éléments qui a favorisé l’émergence de cette révolution des processus innovants a été l’apparition de l’impression 3D, qui relève des technologies de fabrication additive, c’est-à-dire du processus qui permet de fabriquer tout type d’objet physique à partir d’un modèle numérique 3D. Des facteurs favorables tels que la baisse des coûts des imprimantes 3D, la disponibilité de divers types de matériaux pouvant être utilisés et la plus grande précision des appareils ont accéléré cette transformation des processus d’innovation.

L’impression 3D a ainsi révolutionné les systèmes de production et de gestion de la chaîne d’approvisionnement. Il s’agit d’un système de production utilisé non seulement dans l’industrie mais qui commence également à s’imposer dans le contexte domestique pour l’utilisation personnelle des produits fabriqués.

La technologie 3D au service de la pandémie

La pandémie de Covid-19 a donné une forte impulsion à l’utilisation de la technologie 3D, qui s’est révélée d’une extrême importance pour la fabrication urgente d’objets tels que des masques et du matériel chirurgical, indispensables pour faire face aux moments les plus critiques de la crise sanitaire mondiale. En fait, la fabrication d’objets 3D peut être réalisée à la demande à partir de n’importe quel dispositif d’impression dans le monde, de manière décentralisée, en utilisant des conceptions partagées en ligne.

Malgré l’enthousiasme croissant pour les nouvelles technologies, les consommateurs sont également de plus en plus préoccupés par les normes de sécurité des produits fabriqués en 3D. Afin de garantir un niveau élevé de sécurité et d’inspirer confiance aux consommateurs, il est nécessaire de respecter les exigences de conformité et l’adéquation technologique des conceptions. À cet égard, les agences et autorités gouvernementales ont élaboré des lignes directrices et des règlements pour définir la conformité des produits, en particulier ceux destinés à un usage médical et sanitaire.

Source: The Rise of 3D Printing in the COVID-19 Pandemic, https://www.news-medical.net/health/The-Rise-of-3D-Printing-in-the-COVID-19-Pandemic.aspx

Un œil sur la durabilité sociale

L’impression 3D peut être utilisée comme un outil de durabilité sociale. Le coût des imprimantes est de plus en plus abordable, ce qui donne aux pays en développement la possibilité d’en acquérir. Grâce au haut niveau de personnalisation des produits imprimés en 3D, les objets peuvent être réparés plus facilement, ce qui réduit les déchets et augmente la durée de vie des produits. En outre, la possibilité de partager des fichiers en ligne réduit les coûts financiers, les frais de transport et les émissions de CO2.

Certains chercheurs ont même découvert des systèmes qui permettraient de transformer le dioxyde de carbone en béton grâce à l’impression 3D. De nouveaux systèmes sont également en phase de recherche pour réduire l’énergie nécessaire au processus d’impression, comme l’utilisation de filaments à base d’algues.

L’objectif est de trouver des méthodes de production compatibles avec l’action climatique actuelle et capables de soutenir la durabilité sociale. Il faut surtout veiller à ne pas tomber dans l’extrême inverse. Étant donné que les imprimantes 3D utilisent principalement du plastique pour fabriquer des produits, il est possible que la consommation de plastique augmente considérablement. De plus, les consommateurs pourraient être attirés par l’utilisation des imprimantes 3D et ils pourraient en profiter pour imprimer des produits en nombre disproportionné selon les tendances du moment.

Source: Is 3D printing a sustainable manufacturing method?, https://www.3dnatives.com/en/3d-printing-sustainable-manufacturing-method-211120185/

Quel avenir pour l’impression 3D ?

Au cours des dernières années, les gouvernements européens ont apporté un soutien croissant aux technologies de fabrication additive en développant des programmes spécifiques pour réglementer leur utilisation. Les Nations Unies se battent également pour faciliter l’accès à ces technologies dans les pays en développement et éviter que leur utilisation ne soit confinée aux universités et aux laboratoires spécialisés.

Le modèle d’open innovation supplante peu à peu les anciens modèles d’innovation et de coopération. Avec la mondialisation, le monde est de plus en plus connecté et prédisposé à l’échange d’idées et de solutions. La création de nouveaux réseaux et communautés fondés sur l’innovation ouverte ainsi que l’utilisation d’outils liés au big data, à l’analyse des données et aux médias sociaux révolutionnent le domaine de l’innovation.

Il s’ensuit que la réalité des entreprises et du monde du travail en sera également profondément influencée dans un avenir très proche. Et comme l’avait prédit le futurologue américain Alvin Toffler en 1980, la différence entre producteurs et consommateurs devient de plus en plus subtile, les « prosommateurs », ou producteurs-consommateurs, consommant ce qu’ils produisent et partageant leurs créations avec d’autres individus.

Sources

3D Printing: Adding a Sustainable Dimension to Modern Life, https://en.reset.org/knowledge/3d-printing-adding-sustainable-dimension-modern-life-02262018.

Beltagui, Kunz et Gold (2020). The role of 3D printing and open design on adoption of socially sustainable supply chain innovation.

How 3D Printing Could Revolutionize the Future of Development (2018), https://plussocialgood.medium.com/how-3d-printing-could-revolutionize-the-future-of-development-54a270d6186d#:~:text=3D%20printing%2C%20or%20additive%20manufacturing,sites%2C%20and%20even%20outer%20space.

Van der Zee, Rehfeld et Hamza (2015). Open Innovation in Industry, including 3D Printing.

Auteur: Lorena Lo Porto