LA VIE D’UNE EMISSION TV SUR LES RESEAUX SOCIAUX

Social Television : quand la télévision profite de l’essor des réseaux sociaux pour se refaire une jeunesse et augmenter son impact auprès du public.

L’internet au secours de la télé

Selon des études de l’OFS menées en 2014 et 2016, l’utilisation moyenne de la télévision est pratiquement stagnante depuis près de 30 ans. L’internet, lui, s’est démocratisé, et en prêt de 20 ans est devenu un incontournable. Qui de vous regarde encore la télé sans avoir son smartphone ou sa tablette à portée de main ? C’est sur cette vague que surf depuis quelques années les émissions de télé interactives.

Selon le guide de la SNPTV, étude menée en France
Selon le guide de la SNPTV, étude menée en France

Selon le site digitalcorner-wavestone.com : la social TV est centrée sur l’échange entre téléspectateurs sur les émissions de télé, en utilisant des canaux « sociaux ».

De plus en plus d’émission de télévision vous propose de réagir au contenu diffusé, en direct sur les réseaux sociaux, à l’aide par exemple d’un hashtag. Pour certaine cela s’arrête là, mais pour d’autres, comme l’émission de télé réalité Secret Story cela va bien plus loin et permet à l’aide d’une stratégie bien huilé de créer une vraie communauté autours d’une émission. En effet, cela permet au programme de fidéliser et de resté présent dans la vie des téléspectateurs au-delà de son créneau de diffusion.

Un exemple, l’émission secret story

Secret Story est une émission de télé réalité diffusée sur une chaine du groupe TF1, où une dizaine d’habitants sont enfermés dans une maison pendant plusieurs semaines. Le sujet n’est pas l’utilité ou le sens de ce type d’émission mais bien la stratégie de fidélisation des téléspectateurs grâce au réseau sociaux.

Avant la diffusion de son prime quotidien, Secret Story est principalement active sur Facebook. Elle y publie au cours de la journée des liens de son site internet, qui ne sont rien d’autres que des avants goûts du contenu de la quotidienne. Cela lui permet d’accrocher les personnes présentent sur le réseau et de les retrouvés en téléspectateurs durant l’émission.

Pendant la diffusion de la quotidienne, le présentateur encourage à plusieurs reprisent l’audience a publié leurs avis, commentaires et questions grâce à une hashtag dédié à l’émission. Ces encouragements sont présents avant chaque lancement de publicités, qui est, évidemment, un moment « risqué » : les téléspectateurs pourraient être tentés de zapper et accrocher sur une autre émission. Lors de chaque émission, une question est posée au public et les résultats du sondage sont donnés en direct. De plus, le présentateur lui-même se connecte sur twitter et interagit avec les utilisateurs. Ces échanges ont principalement lieu sur twitter qui se prête le mieux aux discussions en directs.

Une fois par semaine, après la diffusion du prime hebdomadaire, l’émission propose un interview exclusif d’un candidat sur le site mytf1. Celui-ci est annoncé en direct à la télévision, quelques minutes avant sa diffusion… uniquement online !

Symbiose entre réseau sociaux et télévision

La stratégie online, mais surtout sur les réseaux sociaux de l’émission lui permet de prolonger son audience. En effet, la symbiose entre réseau sociaux et télévision est tel que, les téléspectateurs ont l’impression de manquer une partie du programme s’ils ne sont pas présents sur la page Facebook ou le Twitter de Secret Story ! Tout au long de la journée ils sont nourris d’informations auquel le présentateur fera allusion durant les quotidienne.

La social Tv semble être l’un des possible moyen de croître et de gagner des parts de marché pour l’industrie de la télévision. De plus, ceux-ci lui permettent d’avoir à tout moment un baromètre et une analyse de satisfaction des téléspectateurs.

A lire ailleurs:

  • Les + de la TV – Le guide du SNPT 2016 https://fr.calameo.com/read/004745414fce08a11c597

Sources:

  • Blog du modérateur, Flavien Chantrel, Article « Décryptage : tout savoir sur la Social TV » publié le 30 juin 2015 http://www.blogdumoderateur.com/decryptages-social-tv/ consulté le 7 décembre 2016
  • Digitalcorner, Marion Couturier, Article « Le petit écran est mort, vive la social TV » publié le 6 janvier 2016, https://www.digitalcorner-wavestone.com/2014/01/le-petit-ecran-est-mort-vive-la-social-tv/ consulté le 8 décembre 2016
  • Office fédéral de la statistique, Offre et utilisation des médias – Television publié le 30 juin 2015 https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/culture-medias-societe-information-sport/medias/offre-utilisation/television.html#-2079199276 consulté le 7 décembre 2016
  • Office fédéral de la statistique, Société de l’information – utilisation de l’Internet publié le 10 novembre 2015 https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/culture-medias-societe-information-sport/medias/offre-utilisation/television.html#-2079199276 consulté le 7 décembre 2016

Source photo:

  • https://www.salesforce.com/blog/2016/02/user-generated-content.html

Auteur : Mélanie Rouiller

 

L’analyse des réseaux sociaux – connaître la communauté en ligne

L’analyse des réseaux sociaux (ARS) est un outil pour visualiser et mesurer les réseaux sociaux. Pas uniquement pour les médias sociaux, l’ARS permet aussi de comprendre les acteurs et liens dans un réseau en ligne.  

L’analyse des réseaux sociaux – c’est quoi ?

L’analyse des réseaux sociaux sert à la visualisation et modélisation des relations sociales. Elle a été développée sur la “théorie du petit monde” qui dit que tout le monde est connecté en moyenne de six degrés de séparation. Une représentation de ce phénomène est l’oracle de Bacon : le site a enregistré 800’000 acteurs et peut calculer la distance entre eux.

La visualisation du réseau Twitter pour les mots "wef" et "davos" pendant le WEF 2016
La visualisation du réseau Twitter pour les mots « wef » et « davos » pendant le WEF 2016

Dans l’analyse des réseaux sociaux, les acteurs différents sont représentés par des nœuds, les relations par des liens entre les nœuds. L’ARS n’est pas seulement applicable pour les médias sociaux, mais elle est capable de représenter des communautés en ligne, car les relations sont facilement reconnaissables. L’ARS est donc un outil pratique pour surveiller les communautés en ligne d’une organisation.

Les apports managériaux de l’analyse des réseaux sociaux sont nombreux. Ils vont de la gestion de la relation client à la photographie des territoires et de leurs échanges (Mercanti-Guérin, 2010).

Différentes mesures, entre autres la centralité et la densité, peuvent décrire le réseau et permettent d’identifier les acteurs principaux. Il est aussi possible de déterminer les sous-groupes dans le réseaux et – s’il y a un lien – le « broker », la personne qui fait la connexion entre différents sous-groupes. Dans le champ de communication, la connaissance de son réseau et l’identification des acteurs principaux est devenue cruciale. L’ARS est utile pour identifier des influenceurs possibles ou pour observer les conversations en ligne dans une situation de crise.

Et ben… comment ça se fait, cette analyse des réseaux sociaux ?

L’analyse des réseaux sociaux suppose – dans le cas le plus simple – des données pour les relations entre des acteurs. Pour les médias sociaux, l’analyse peut se baser sur les connexions de comptes (par exemple : amis sur Facebook, Follower/Following sur Twitter), sur des actions (like, retweet) ou sur des thèmes spécifiés (hashtags).

L’outil SocioViz (autres outils sont NodeXL, TwitteR, Netlytic) permet de faire des analyses simples sur Twitter : après avoir autorisé la connexion, une barre de recherche s’ouvre et on peut faire une recherche sur un mot, nom ou hashtag (pour analyser plus de 100 tweets de la semaine dernière, il faut devenir membre de l’association).
Voici, les résultats du mot « unifr » pendant la première semaine de décembre 2016.

Comptes Twitter mentionnés dans le réseau du mot "unifr"
Comptes Twitter mentionnés dans le réseau du mot « unifr »
Hashtags mentionnés dans le réseau du mot "unifr"
Hashtags mentionnés dans le réseau du mot « unifr »

Le réseau des comptes Twitter montre qu’il y a plusieurs acteurs qui s’adressent au compte « unifr », mais il existe aussi des sous-groupes qui n’y sont pas directement connectés. Le réseau des hashtags utilisés montre les différents thèmes présents dans le réseau Twitter de l’Université de Fribourg. Jusqu’à maintenant, l’analyse est plutôt visuelle. Pour faire des calcules exacts, SocioViz offre la possibilité de télécharger les données pour continuer l’analyse dans un programme choisi, par exemple le logiciel Open Source Gephi.

L’analyse des réseaux sociaux est un outil pour visualiser, mesurer et observer les acteurs et liens dans un réseau. Pour les community managers, l’ARS se présente comme option de faire une analyse profonde du réseau organisationnel en ligne. Pour apprendre plus sur l’ARS et ses outils, il y a beaucoup de tutoriels sur Youtube ou des blogs (voir plus bas).

 

Références :

À lire ailleurs :

Tutoriels/outils :

(Source des images : https://medium.com/@swainjo/wef16-davos-twitter-sna-analysis-4c38cf4bc46d#.o6iaho2jz / Screenshots prises de http://socioviz.net/SNA/eu/sna/search.jsp?q=unifr&since=&until=&lang=)

Auteure : Joëlle Simonet

La révolution du recrutement en ligne : Linkedin et co. bientôt dépassés?

Les réseaux sociaux ont bouleversé le recrutement en ligne. Certes le recrutement par Linkedin ou Facebook est en plein essor, pourtant il semble que ces instruments sont en train d’être dépassés.

Depuis quelques années, l’impression se renforce que des entreprises particulièrement créatives ont élargit le champs des réseaux sociaux professionnels par des voies de recrutement plus originales. Les géants du secteur de la technologie Continuer la lecture de La révolution du recrutement en ligne : Linkedin et co. bientôt dépassés?

Une entreprise révolutionnaire en matière de community management

Excellent community manager

Le rôle d’un community manager est de « susciter, à travers une interface interactive et conversationnelle, une attitude de « sympathie agissante » des internautes à l’égard de l’organisation incarnée », selon Jammet Thomas, 2015.

Ceci est réalisé avec excellence par le community manager de Michel & Augustin. Il s’agit avant toute chose d’être proactif et réactif vis-à-vis de sa communauté. Pour se faire, le community manager se doit d’être omniscient.

Les publications de Michel & Augustin ne sont pas faites pour meubler ou animer « gratuitement » sa communauté. « A 90%, celles-ci sont liées à un évènement qui impacte le quotidien de la tribu », nous confirme Valentin Hochet, ancien Community manager de l’entreprise.

Réelle proximité

En analysant la page Facebook, il n’y a ni message négatif, ni une quelconque question laissée sans réponse. les 2 fondateursMichel et Augustin, les deux fondateurs de la marque, ont compris qu’un réseau social n’est pas un espace publicitaire mais un lieu d’échange. Ils parviennent à créer une proximité immédiate en mettant en avant les prénoms des différentes personnes employées dans l’entreprise, ceci sur chacune de leur publication. Qui plus est, ils se prêtent eux-mêmes au jeu et se rendent accessibles à leur communauté.

Les réseaux de la marque respirent la bonne humeur et la simplicité.

Il existe une grande cohérence entre le marketing déployé par la marque et son ton de voix sur les réseaux sociaux, bien en adéquation avec l’image un peu déjantée que la marque souhaite renvoyer.

Un constat sur ses divers réseaux sociaux: la marque ne parle jamais de consommateurs ou de produits mais de gourmands et de recettes !

Communication « home made »

Alors que les messages de la part des entreprises sur Facebook sont quasi automatisés, impersonnels et ne transmettent aucune empathie, Michel & Augustin se décale en répondant par mini-vidéo, photos, ou GIF « home made ». Ceci dans le but de se rapprocher de sa communauté.

La transparence et le live font parties intégrantes de sa stratégie de communication. Du quotidien dans les Bananeraies jusqu’au recettes, tout est partagé.

Alors que certains pionniers de la communication sur les réseaux sociaux prônent qu’il faut publier aux « heures de pointe » sur les pages Facebook, Michel & Augustin suit une autre politique. En effet, l’entreprise privilégie la spontanéité et n’attend pas une heure précise afin de partager ses contenus. Le community manager va même jusqu’à partager sur Twitter un packaging en production, en demandant l’avis des followers.

La marque est à l’écoute de sa communauté, à tel point que celle-ci participe activement à l’élaboration de ses nouvelles recettes. C’est une aide non négligeable d’un point de vue marketing, car Michel & Augustin peut commencer à sonder son audience en avant-première, avant le lancement d’un nouveau produit.capture-decran-2016-12-08-a-16-42-29

Il s’agit d’une excellente technique afin de transmettre à ces derniers ce sentiment d’implication dans leur mission. Michel & Augustin n’est pas uniquement une marque que l’on achète, c’est une tribu à laquelle on adhère.

Offline, un point fort

Michel & Augustin poursuit une stratégie éditoriale déployée sur chaque réseau social, telle que des photos produits sur Instagram, des actualités de la marque sur Facebook et Twitter, ainsi que des recettes sur Youtube.

A l’heure où on parle de plus en plus de 100% digital, de son côté, Michel & Augustin a recours au street marketing. Cela donne une force supplémentaire à la communication digitale.

Pour créer des liens encore plus forts avec sa communauté, la marque ne se contente pas du support web : elle organise régulièrement des rencontres « in real life ». Des journées portes-ouvertes sont organisées dans les locaux tous les premiers jeudis du mois, de 19h à 20h30, avec en prime, des dégustations de leurs produits sur place.

Michel & Augustin a compris que le terrain était propice à l’engagement en offrant une complicité rarement atteinte sur le web,  et ceci, même si les médias sociaux touchent les masses.

Phénomène totalement inattendu, le 18 avril 2015, la marque a envoyé sa DRH, Anne-Claire, habillée de son fameux tablier trublions –élément identitaire et présent sur chaque publicationà la rencontre des parisiens dans le métroDRH Michel & Augustin

La démarche est à féliciter, car les parisiens sont sollicités chaque jour dans les transports en commun par des personnes qui sont au chômage. Comme pour contrer ce phénomène malheureux, Anne-Claire a donné de la voix dans les rames du métro pour expliquer qu’elle, au contraire, recrutait ! Voilà un brillant moyen d’aller à la rencontre des gens et de leur redonner le sourire.

Bad Buzz, Crise?

Cette marque comme tous ses concurrents n’est pas naturellement ni invincible, ni à l’abri des risques. Cependant, sa façon de vaincre un bad buzz est à féliciter. Les trublions appliquent la transparence et la personnalisation dans leurs réponses, le plus possible sous forme de photo ou vidéo. Ils n’oublient pas leur pointe d’autodérision.

Sources:

Jammet Thomas, « Au service du client, au nom de la communauté », Réseaux 2/2015 (n° 190-191) , p. 73-98

Site internet  de Michel & Augustin. Consulté sur http://www.micheletaugustin.com

Page Facebook de Michel & Augustin. Consulté sur https://www.facebook.com/MichelEtAugustin/?fref=ts

Compte Instagram de Michel & Augustin. Consulté sur https://www.instagram.com/micheletaugustin/

Décryptage: le community management de Michel et Augustin. Consulté sur http://www.journalducm.com/2015/05/21/decryptage-le-community-management-de-michel-et-augustin-7127/

(Sources images: http://www.micheletaugustin.com/laventure/http://www.micheletaugustin.com/lestrublionnades/  ; https://www.instagram.com/p/BBSIlOlrqsQ/?taken-by=micheletaugustin )

Auteure: Elodie Sogan

Le Cyber-harcèlement – lorsque le rire devient la face cachée du mal.

Des enfants qui se chamaillent dans le préau sont des situations anodines. Mais quand les chamailleries deviennent du harcèlement et lorsque les disputes de « cours de récré’ » se transforment en règlements de compte via les réseaux sociaux, comment gérer les débordements?

C’est sans doute ce que se demande la mère de Marion Fraisse, écolière française de 13 ans. Marion a mis fin à ses jours le 13 février 2013 après avoir subi de nombreux harcèlements. Elle était la risée de ses camarades, à l’école pour commencer, puis les insultes l’ont suivies jusque dans les murs de sa maison. Elle recevait de nombreux textos, e-mails ou encore messages via Facebook après les cours. Malgré la multitude et la sévérité des menaces, ses parents n’étaient pas conscients de l’ampleur des répercutions tragiques que ce harcèlement aurait sur leur fille.

Effectivement, les enfantillages et les mesquineries dans la cour d’école sont monnaie courante et ont toujours existé[1]. Les autorités scolaires ont d’ailleurs tendance à passer l’éponge sur ces événements. « Allez Madame, ça va se tasser » répétait le principal à la maman de la petite Marion, quand celle-ci demandait à ce que sa fille soit changée d’établissement. Comment connaître la limite de tolérance de chacun de ces adolescents ?

Le cyber-harcèlement est défini comme « un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule ».

Bien que dramatiques, les cas comme celui de Marion Fraisse restent heureusement isolés. Le harcèlement à l’école ne semble pas avoir augmenté. Selon une étude faite en Belgique[2], il touche un élève sur trois. Ce chiffre, bien qu’alarmant, stagne. Ce qui a réellement changé ces dernières années, ce sont les méthodes de persécution. Grâce des outils comme Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat, Whatsapp et d’autres encore, le harcèlement se poursuit encore en dehors de la cours de récréation.

Avec l’utilisation des médias numériques, la diffusion de textes, d’images et de films malveillants ou diffamatoires via téléphone mobile ou Internet a augmenté. Le cyber-harcèlement se différencie du harcèlement dit « classique » par trois points principaux :

  1. La diffusion massive et instantanée
  2. Prolongement du harcèlement jusqu’au domicile
  3. Le harceleur peut rester anonyme en utilisant un pseudo

Ces trois différenciations rendent le cyber-harcèlement encore plus angoissant que le harcèlement physique. Il peut être lourd de conséquences par le fait que la victime peut être ridiculisée en un temps très court aux yeux d’une sphère publique très large. De plus, la victime n’a aucun lieu où être en sécurité. Lors de harcèlement « classique », une fois chez lui, l’enfant peut se sentir en sécurité au sein de sa sphère familiale. A l’ère du numérique, l’enfant est traqué jusque dans sa propre maison et ne peut jamais « échapper » à ses agresseurs. Avec les médias sociaux, l’agresseur se cacher derrière un pseudo. Ceci rend son identification compliquée et ajoute une part d’angoisse pour la victime.

Illustration de cyber-harcèlement
Illustration de cyber-harcèlement

Le cyber-harcèlement a des conséquences graves sur le bien-être et la santé mentale des victimes mais aussi des agresseurs. Il existe un consensus général selon lequel ces conséquences seraient plus importantes que celles du harcèlement traditionnel en raison des caractéristiques particulières de ce type de violence (anonymat, pouvoir de dissémination et public élargi etc.). Contrairement à la violence ordinaire, face à l’écran, les victimes sont très souvent seules et ne peuvent pas être aidées par leurs camarades.[3]

Afin d’éviter de telles conséquences ou de terribles drames comme le cas de la jeune Marion, il est impératif pour les jeunes d’être sensibilisés à ce genre de pratiques. Ils doivent dès leurs premières utilisations de smartphone ou d’ordinateur être conscients que le cyber-harcèlement existe et qu’il faut s’en protéger. Il faut également, pour les parents et le personnel scolaire, mettre en place une zone de confiance avec les enfants et être à leur écoute afin qu’ils osent discuter si un cas de harcèlement se présentait à eux. Un parent doit laisser son enfant avoir sa sphère intime intacte mais ils doivent être informés sur les dangers et les conséquences du cyber-harcèlement. Sur la Toile tout est public et tout est éternel.

 

 

[1] Desor D, Math F. (2015). Comprendre la violence des enfants, L’apport des neurosciences. Dunod. Paris. 243 p.

[2] GALAND B., HOSPEL V., BAUDOIN N., « Prévalence du harcèlement en Fédération WallonieBruxelles : Rapport d’enquête », GIRSEF, 2014.

[3] http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/que-faire/faire-face-au-cyberharcelement/

Sources :

Desor, D, Math, F. (2015). Comprendre la violence des enfants, L’apport des neurosciences. Dunod. Paris. 243 p.

http://www.jeunesetmedias.ch/fr/opportunites-et-risques/reseaux-sociaux.html. Consulté le 7 décembre 2016

http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/que-faire/faire-face-au-cyberharcelement/. Consulté le 7 décembre 2016

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20131114.OBS5469/traitee-de-pute-de-boloss-marion-13-ans-s-est-suicidee.html. Consulté le 7 décembre 2016

Citation : Smith, P.K., Mahdavi, J., Carvalho, M., Fisher, S., Russel, S., & Tippett, N. (2008). Cyberbullying: Its nature and impact in secondary school pupils. Journal of Child, Psychology and Psychiatry, 49,p 376

Rédaction : Clélia Panchaud

Relecture : Eloïse Oberson, Corinne Pittet-Del Tufo, Evelyne Panchaud

Comment les protéines ont changé le « Community Management »

Emmi ENERGY MILK était l’une des premières boissons lactées lancées par le plus grand fabricant de produits laitiers en Suisse – Emmi. Pendant des décennies Emmi ENERGY MILK était connu comme « encas lacté riche en énergie et en apports nutritionnels » de Tétra Pack. Le lancement d’une bouteille riche en protéine sous la même marque en mars 2016 n’a pas seulement changé la perception des consommateurs, mais elle a aussi eu un impact extrême sur toute la campagne des réseaux sociaux et du « community management ».

Développer une nouvelle campagne

Développer une campagne pour ce nouveau produit et la diffuser sur le compte Facebook d’Emmi ENERGY MILK n’a pas été un devoir facile. En effet, la marque existant depuis de nombreuses années, la communauté s’est formée autour d’un produit standard n’ayant pas forcément d’intérêt avec les protéines.

Comme stagiaire du « team drinks» dans le marketing chez Emmi j’ai eu la chance de faire partie de ce projet unique et de voir comment s’est développé la campagne sur Facebook au cours du premier semestre 2016. Ensemble avec Ogilvy, une agence de publicité internationale établie à Zurich[1], nous avons mis sur pied une campagne divertissante qui – avec un clin d’œil – voulait introduire le nouveau produit à la communauté actuelle.

Le « community management » sur Facebook

Le jour où le nouvel Emmi ENERGY MILK High Protein (court : EEM HP) apparaît dans les magasins, nous avons posté une vidéo avec le « key visual » de la campagne : un homme qui fait des appuis avec un éléphant sur son dos. La vidéo avec le slogan « Un max de protéines pour réveiller le Superman qui est en toi ! », montre, que la campagne s’adressait à un public jeune – la groupe ciblée de la EEM HP sont des adolescents masculins entre 18 et 24 ans.[2]

Cette vidéo a été regardée plus de 7 mille fois. Depuis le poste Facebook le 9 mars 2016, il a été partagé 23 fois, 95 personnes ont mis un « like »  et presque 30 personnes ont commenté la vidéo ou ont marqué une autre personne (publication 9.3.16). C’est un bon taux de réponse si on le compare avec des autres vidéos et images que nous avions posté avant.

La campagne a continué avec des images de stock et des GIF animé, qui se référaient toujours au thème des protéines et de la force. A de nombreuses reprises, nous les avons liés au site web officiel www.emmi-energy-milk.ch, où on avait publié des informations détaillées sur le produit et les protéines en général. De plus, le hashtag #GotThePower sous lequel la campagne avait été lancée a été ajouté. En outre on posait des questions, comme par  exemple «Grosse Sprüche zum 1. April… Wie lautet dein Powerspruch?». De cette manière, nous avons encouragé les gens à parler d’eux et à les inciter à interagir avec nous.

L’intégration du « user generated content » dans un concours

Au début du mois de mai nous avons lancé un concours pendant deux mois, dans lequel les participants devaient poster une photo de soi sous la devise « Montre-nous le Superman qui est en toi ! » sur le site internet www.GotThePower.ch ainsi que sur les pages Facebook et Instagram. Chaque semaine une personne pouvait gagner un bon-cadeau de CHF 500.- pour un centre fitness  à choix. Afin de susciter l’intérêt de notre communauté sept petites vidéos dans lesquelles la force des muscles après avoir bu un EEM HP était illustré de façon ludique.

Pour ce faire les possibilités techniques suivantes ont été utilisées : Dans cette vidéo les garçons étaient par exemple étendus à terre et une chaise, un tapis ainsi que des images avaient  été intégrés par ordinateur, pour que le rendu ait l’air vrai. Bien que ces vidéos aient suscité l’intérêt du public, celui-ci ressentait un blocage quant au fait de publier une image de lui même. Le blocage de publier une image de soi était élevé, au début de la campagne seulement peu de personnes avaient participé.

Publication du « user generated content » sur la page Facebook

En collaboration avec l’agence nous avons par conséquent décidé d’utiliser le « user generated content » dans le but de pousser les gens à participer. De plus, chaque semaine des images publiées par les participants ont été repostée avec l’appel de se joindre. À côté de cela, nous avons toujours posté la photo du vainqueur de la semaine pour remercier et motiver les autres internautes. La stratégie d’utiliser le «user generated content» pour animer la communauté a très bien fonctionné et dans les dernières semaines du concours nous avions entre trente et cinquante participants.

Les apprentissages clés de la campagne

L’utilisation de ce concours nous a permis de réaliser que le blocage de publier une photo de soi est élevé et qu’il n’est pas facile de générer beaucoup de participations. Dans le future, il faut peut-être appliquer un mécanisme plus facile après le lancement d’un nouveau produit. Cependant il était gratifiant de voir comme les internautes se sont laissés inspirer par nos petites vidéos. Finalement, nous avons gagné des nouveaux fans sur la page Facebook et les affaires de vente de Emmi ENERGY MILK ont beaucoup augmenté.[3]

[1] Ogilvy (2016): Ogilvy Gruppe Schweiz. URL: http://www.ogilvy.ch/#/Ogilvy-Schweiz/Ogilvy-Gruppe/Company/Ogilvy-Gruppe-Schweiz (consulté le 15.11.2016).

[2] Ogilvy (2016): Kraftakt für die neue Emmi Energy Milk. URL: http://www.ogilvy.ch/Ogilvy-Schweiz/Ogilvy-Mather/Work/EMMI/EMMI_Energy_Drink/Kraftakt-fuer-die-neue-Emmi-Energy-Milk#/Ogilvy-Schweiz/Ogilvy-Mather/Work/EMMI/EMMI_Energy_Drink/Kraftakt-fuer-die-neue-Emmi-Energy-Milk (consulté le 15.11.2016).

[3] Nielsen Answers, YTD (novembre 2016)

(Sources vidéos: https://www.youtube.com/watch?v=WjwEtMymCRY / https://www.facebook.com/emmienergymilk/?fref=ts)

(Source image: https://www.facebook.com/emmienergymilk (Publication du 8.6.2016))

Auteure: Lydia Dubach

Relecture: Mirjam Muri (Brand Manager Emmi ENERGY MILK), Aurélie Beney 

 

Le crowdsourcing pour booster la représentation des femmes dans nos sociétés

La Suède est souvent citée en exemple en matière d’égalité entre les sexes. En 2016, elle apparait dans le quatuor de tête du classement « Global Gender Index », qui calcule les progrès relatifs aux disparités économiques dues au genre.  Pourtant, les femmes sont encore largement sous-représentées dans les médias et la culture des pays scandinaves, si bons élèves soient-ils. Forts de ce constat, Lina Thomsgård a décidé de s’en remettre au formidable levier de ressources qu’est le crowdsourcing, pour assurer une représentation plus égalitaire des femmes dans la société suédoise.

 

Le crowdquoi ?

employee-crowdsourcing

L’expression crowdsourcing est surtout utilisée pour parler d’une pratique managériale, qui consiste à externaliser des activités à une foule (the crowd), soit à un grand nombre d’acteurs anonymes la plupart du temps (Howe, 2006). Grâce aux avancées technologiques, il est désormais plus facile de regrouper une « foule » pour lui permettre d’exprimer son opinion ou de proposer de nouvelles idées. De grandes multinationales comme Procter&Gambel ou Starbucks ont très vite saisi le potentiel de cette pratique et masteurisé l’art de recourir à la « sagesse des foules » (Surowiecki, 2004)

Dans le cas qui nous intéresse, l’utilisation du crowdsourcing à travers les réseaux sociaux permet d’avoir accès à un réservoir de compétences, d’idées et de ressources extrêmement dense et varié. Plus qu’un « phénomène eutrepreunerial » (Turner&Killian, 1972) cette activité peut servir dans biens des contextes différents, pour solutionner des défis scientifiques, technologiques, environnementaux et même de société.

Il était une fois Equalisters, la liste « égalitaire » des internautes

And there I realized that there were only men on the list of DJs for the month. So I told them, ‘‘I’ll find you 100 DJs who aren’t men!”

Lina Thomsgard
Lina Thomsgard

Lina Thomsgård est une jeune femme suédoise, féministe engagée et passionnée par les réseaux sociaux. Elle a toujours été choquée par l’absence de voix féminines dans les médias et la culture de son pays. Cette sous-représentation aurait en effet un impact fondamental sur le grand public, et sur sa perception des rôles dans la société. Un soir de mars 2010, alors qu’elle était dans une boîte de nuit de la capitale, Lina s’est étonnée de ne voir que des hommes sur la liste de DJs du mois. En questionnant le gérant sur l’absence de femmes sur la liste, il lui a répondu qu’il n’y en avait tout simplement pas à sa connaissance « There just weren’t any ». La jeune suédoise lui promet de trouver 100 femmes Djs d’ici le lendemain.

Prenant conscience du challenge conséquent qui l’attend, Lina décide de créer une page Facebook « Equalisters », la liste égalitaire (Rattviseformedlingen en suédois), incitant les internautes à lui donner des noms de femmes Djs compétentes. Deux heures plus tard, quelques 200 personnes avaient rejoint la page et la liste recensait déjà plus de 130 femmes. Le pouvoir du crowdsourcing était en marche !

Un écho retentissant

Crowdsourcing Equalister pour trouver des programmatrices.
Crowdsourcing Equalisters pour trouver des programmatrices.

La portée de l’initiative se veut rapidement plus large. Grâce à un réseau grandissant d’internautes, les listes Equalisters permettent de rétablir une représentation plus égalitaire dans de nombreux contextes, de la culture à la politique, de l’économie aux médias.  Vous cherchez une chroniqueuse, physicienne, programmatrice, conférencière, bassiste ? Nous vous en trouverons une centaine !

Aujourd’hui, la page facebook suédoise compte plus de 82’000 abonnés et 600 listes ont été créées grâce au crowdsourcing sur Facebook et Twitter. Equalisters est devenu un service social largement reconnu à travers le monde et plusieurs fois récompensé en Suède. L’initiative à but non-lucratif est en mesure de proposer des alternatives à divers médias, organisations et entreprises pour bousculer les normes dominantes en matière de représentation et de participation des femmes dans la société. Il semblerait que grâce au pouvoir des réseaux sociaux et de ses internautes, le fameux « there just weren’t any » ne soit plus jamais une excuse en Suède!

Plus d’informations sur Equalisters:

https://rattviseformedlingen.se/equalisters/

Références:

Images:

  • https://ideascale.com/innovation/employee-crowdsourcing/
  • http://www.harpersbazaar.com/culture/features/g4201/famous-feminists-throughout-history/
  • https://www.facebook.com/rattviseformedlingen/?fref=ts

Auteure: Olivia Gachoud