Instagram: le nid des fausses identités!

Pour les chercheurs Wiszniewski et Coyne tout individu porte un « masque » lors de ses interactions sociales et cache une partie de sa véritable identité. De nos jours, ce phénomène fait pleinement ses preuves sur Instagram.

C’est fini avec l’identité unique qu’on retrouve sur nos cartes d’identités, avec le web 2.0 une nouvelle identité s’est créée, l’identité virtuelle. Cette identité construite autour des « j’aime »,  des commentaires, représente plutôt la perception que les autres ont de nous. Sans autre, c’est un phénomène qui touche surtout la jeune génération qui attribuent une importance particulière à leur image.

La « mise en scène de soi » sur Instagram

La « mise en scène de la vie quotidienne » a été analysée bien avant les réseaux sociaux par le sociologue américain Erving Goffman (1922 – 1982). D’après lui, « l’acteur  est la personne en représentation. Elle doit donner une expression d’elle même qui produit une impression pour le public ». Par conséquent, « la façade c’est l’attitude de l’acteur, adaptée à  la situation dans laquelle il interagit (comme un masque). »

Cette théâtralisation du quotidien s’accentue sur les réseaux sociaux, où la jeune génération essaye de mettre en scène que les meilleurs moments, afin de créer l’illusion d’une vie parfaite.  Des jolies photos de filles « mannequins », « healthy », des voyages aux quatre coins du monde, du luxe, des smoothies bourrés des vitamines, des jambes bronzées sur une plage ensoleillée…..mais ne soyez pas jaloux, car derrière cette vie parfaite se cache une fausse réalité.

« La beauté numérique pourrait se définir par le fait de tricher tout le temps » Fabienne Kraemer

 

 

 

 

 

« La perfection n’est qu’une question d’angle de prise de vue. Aucune femme ne devrait se fixer des normes pour elle-même en fonction de ce qu’elle voit sur les réseaux sociaux », Chessie King

Un mouvement récent pousse les stars d’Instagram de dévoiler la vraie façade de cette vie parfaite. C’est le cas de Chessie King. Cette jeune instagrameuse, âgée de 24 ans, essaye de montrer aux internautes l’illusion optique qui se cache derrière les plus belles photos. Dans ces photos « Instagram&Reality », la star d’Instagram met en évidence les fausses réalités dans lesquelles on croit chaque jour.

Et si on parlait du fameux #nofilter?

Le plus populaire hashtag sur Instagram « #nofilter » permet à  ces utilisateurs de dire que leur photo n’est pas retouchée et qu’elle reflète la vérité. Cependant, on se pose de nouveau la question si c’est vraiment le cas. Un jeune sud-africain, sur le pseudonyme « Matthew Rycroft » , a publié le 29 octobre 2015, un vidéo sur Youtube qui nous fait réfléchir à ce sujet:

Est-ce qu’on est prêt à devenir « moches »?

Comme il le dit le directeur artistique de la maison « Diesel », Nicola Formichetti, en 2017 « , être unique est beaucoup plus beau qu’être parfait. Il faut changer sa manière de voir les choses, transformer le négatif en positif, surmonter les obstacles et les craintes ».  C’est pourquoi de plus en plus des agences de mode, par exemple, préfèrent se débarrasser de ces clichés universels de beauté et misent plutôt sur l’originalité en recrutant des personnes handicapées, transgenres ou aux physiques diversifiés. C’est le réveil de la conscience qui sonne ou c’est juste un bruit?

Sources:

Qu’est ce que l’identité numérique?

http://www.oai13.com/webphoto/filter-fakers-la-police-du-filtre-sur-instagram/

https://media-animation.be/La-presentation-de-soi-dans-les.html

https://www.airofmelty.fr/les-millennials-generation-nofilter-quel-impact-pour-les-marques-a625203.html

http://classroom.synonym.com/filter-mean-instagram-16623.html

Sources d’images: Instagram

 

Auteur: Daud Tatiana

 

 

Changement de fonctionnalité Twitter et Newsjacking : le duo gagnant ?

Le 26 septembre 2017, Twitter annonce un test qui permettra à quelques privilégiés de poster non plus en 140 caractères, mais 280. De nombreuses entreprises se sont emparées de la nouvelle pour créer le buzz, exemples et explication !

Mais pourquoi Twitter avait limité le nombre de caractères à 140 ?

La réponse est simple. Ce média était à la base dédié aux journalistes, pour des utilisations professionnelles. Le nombre limite de caractères était là pour les inciter à être concis dans leurs informations.

Twitter explique cependant que cette modification n’aura lieu que dans quelques pays, à savoir ceux dans lesquels il est relativement peu aisé de s’exprimer en moins de 140 caractères. Par exemple, les signes japonais permettent de s’exprimer en moyenne en 15 caractères et seuls 0.4% des tweets atteignent le plafond de 140 caractères, alors que la moyenne en anglais est de 34 caractères et 9% des commentaires sont de 140 caractères. D’autres langues, telles que le français, l’espagnol ou le portugais, sont encore plus difficiles à maîtriser en si peu de signes.

Comparaison des tweets en anglais et en japonais

 

Le newsjacking, ou comment s’approprier l’actualité

A la suite de cette annonce par Twitter, bon nombre d’organisations en ont profité pour se faire de la publicité gratuite. Mais comment?

Newsjacking de la marque Oasis pour la sortie de Star Wars

Le newsjacking est une pratique qui consiste à mettre en place rapidement, en suivant un fait d’actualité marquant ou permettant de faire le lien avec sa marque, une campagne publicitaire ou sociale. Il est donc important que la mise en place puisse se faire rapidement. L’usage des médias sociaux est donc aisé et un bon outil pour ce faire. Certains disent même que Twitter est l’outil le plus adapté à ce type de publication.

 « Le newsjacking : Il s’agit de s’appuyer sur l’actualité ou de rebondir sur un fait d’actualité » – Sébastien Magro, chargé de projets nouveaux médias au Musée du Quai Branly.

Cette pratique a l’avantage d’avoir un impact plus grand que la moyenne sur le public grâce à l’effet de résonance lié au fait d’actualité. Le newsjacking a le pouvoir, pour qui est observateur, rapide à réagir et bon communicant, d’engendrer un effet de buzz et avoir des retombées plus grandes, notamment dans la presse. Le métier de community manager devient en particulier grâce à cela l’un des piliers de la communication dans l’entreprise car le newsjacking peut valoir des millions.

Créer le buzz avec le Newjacking, efficace ?

Après l’annonce de Twitter, nombreux ont été les utilisateurs à tester si eux aussi faisaient partie des soi-disant privilégiés à tester les 280 caractères. Des entreprises aussi ont testé.

Notamment la marque « Cuisinella » qui a tenté de reprendre la bande-son de sa publicité télévisée, que, si vous êtes férus de télévision, vous n’aurez pas de peine à reconnaître. La marque a placé plus de 200 « a » dans sa publication afin de voir si elle faisait partie des privilégiés à tester la fonctionnalité. Avec cette simple répétition, la marque a récolté 34’330 retweet et 24’508 « j’aime ». Cela étant les retombées ne sont pas très grandes pour la marque.

Mc Donald’s a également voulu surfer sur ce phénomène en proposant le tweet suivant, en relation avec leur recette 280 l’original :

« Très cher @twitterfrance, merci infiniment pour ce bel hommage. Et oui c’est vrai qu’il en manquait, des caractères, pour être à la hauteur du grand, du délicieux, du savoureux, de l’incroyable, du seul, du vrai, de l’iconique, bref de l’unique 280™. #280characters #280loriginal pic.twitter.com/LzvpZYJbvT

— McDonald’s France (@280loriginal) September 27, 2017 »

La recette 280 l’original de Mc Donald’s a été également reprise par bon nombre d’utilisateurs après l’annonce de Twitter, ce qui a fait un énorme coup de pub inattendu pour Mc Donald’s.

 

C’est désormais officiel, tout un chacun peut publier en 280 caractères. Les community managers devront s’adapter. En effet, la manière de communiquer sur les différents médias sociaux dépend du public que l’on cible, mais également des fonctionnalités offertes par ces médias. Une augmentation du nombre de caractères permis sur Twitter remet donc en cause la manière dont les professionnels s’adressent à leurs publics sur Twitter. Dans ce métier où les choses changent très rapidement, c’est encore un nouveau défi qui les attend !

Sources:

https://www.blogdumoderateur.com/twitter-280-caracteres/ , consulté le 27 octobre 2017

http://twog.fr/twitter-passe-en-280-caracteres/ , consulté le 27 octobre 2017

Poussou, V., Magro S., Beaujean, G. Eidelman J, Fesneau, C. (2016), « Nouvelles formes de relations avec les publics », consulté à : http://actesbranly.revues.org/785

https://www.definitions-marketing.com/definition/newsjacking/ consulté le 27 octobre 2017

http://www.up-to-you.ch/fr/blog/pourquoi-twitter-decide-de-passer-280-caracteres consulté le 17 novembre 2017

Scott, D., 2012, « Newsjacking:  How to  inject your  ideas into  a breaking  neius story and  generate  tons of media », John Wiley & Sons, Inc.

Sources des images:

https://www.blogdumoderateur.com/twitter-280-caracteres/

https://www.1ere-position.fr/blog/newsjacking-entre-seo-et-content-marketing/attachment/newsjacking-oasis-star-wars

Les autres images utilisées sont libres de droit

 

Auteure : Aurélie Yuste

Relecture : Jocelyn Abbet

Médias sociaux ou quand la vie privée n’existe plus

Près de 2.91 milliards d’individus, soit 39% de la population mondiale, sont actifs sur les différents médias sociaux. Ce qui signifie que près de 3 milliards d’individus ont décidé de partager une partie de leurs vies, de leurs informations personnelles, de leurs activités quotidiennes ou de leurs souvenirs. Cela signifie également que ces contenus peuvent être vus et utilisés par près de 3 milliards de personnes.

Big Brother is watching you

En 2013, l’ex-informaticien de la CIA et de la NSA, Edward Snowden, rend public avec l’aide des médias des documents secrets mettant en cause les pratiques de certaines agences de renseignement gouvernementales anglo-saxonnes. Selon ces documents, l’utilisation de données personnelles provenant des bases de données appartenant, entre autres, aux GAFAM et aux NATU, serait fréquente et permettrait de surveiller une bonne part de la population.

Dans une moindre mesure et avec notre consentement (rappelez-vous, nous avez accepté les conditions d’utilisation), les entreprises achètent à prix d’or nos informations. Celles-ci leur serviront à mieux nous comprendre, à satisfaire nos attentes au mieux ou à orienter leur département R&D dans la bonne direction. Tout cela dans le but de mettre sur pieds des stratégies plus efficaces pour nous compter parmi leurs clients.

Cette abondance de données permet également une surveillance interpersonnelle. Bien que les contenus que vous diffusiez soient généralement destinés à vos proches, ils sont souvent accessibles par d’autres.

Ainsi le responsable des ressources humaines de votre entreprise, votre agent d’assurance ou des cybercriminels pourront aisément connaître de nombreuses informations à votre sujet.

La révélation concernant certaines pratiques gouvernementales de surveillance ainsi que l’utilisation de nos données par des tiers semblent projeter l’œuvre dystopique de George Orwell de la science-fiction à la prophétie. « 1984 » dépeint, en partie et avec un peu de retard, une société sous surveillance constante à laquelle notre civilisation ressemble de plus en plus.

C’est la vie… privée

Le problème de la préservation de la vie privée n’est pas nouveau. Au cours du 19ème siècle, l’essor de la presse et celui du reportage photographique conduisirent la société à s’interroger sur le droit à la vie privée. Ainsi, la règle du right to be left alone, proposant que l’individu ait la possibilité de garder ses propos et ses comportements privé aussi longtemps que ceux-ci ne portent préjudice à personne, fut l’un des fondements de la législation encadrant la vie privée en occident.

Le véritable problème aujourd’hui, malgré des tentatives de restrictions par des groupes d’utilisateurs ou des états faisant parfois appel aux autorités judiciaires, est la démocratisation de certains comportements. Ainsi, la diffusion de certaines informations qui étaient considérées jusqu’alors personnelles, est devenue habituelle. Ces nouvelles normes sont le fruit d’un refus catégorique de la pars des grande entreprises d’élargir les possibilités de confidentialité et une acception progressive des utilisateurs de mettre à disposition ce type d’information. Ces mêmes utilisateurs qui s’alignent petit à petit sur les autres membres des réseaux pour évaluer ce qui est diffusable ou non.

La confidentialité et l’intimité,
non plus dépendantes uniquement des idiosyncrasies individuelles, deviennent donc
contextuelles, sujettes à concertation collective.

CASILLI, A. (2013)

Cependant, la plupart des membres de ces réseaux ont un avis similaire concernant leur identité numérique. Selon eux, elle n’est pas équivalente à leur identité réelle. Ainsi, pour les utilisateurs de médias sociaux, leur alter ego numérique n’est en fait qu’un rôle qu’ils jouent en s’inspirant plus ou moins de leur véritable vie. Ils ne diffusent donc pas tout et ne partage pas leur vie dans son ensemble mais plutôt des échantillons qui leur permettent de créer leur identité numérique.

Auteur: Mathias Vallat

Pour en savoir plus sur :

Sources

  • CASILLI, A. (2013). Contre l’hypothèse de la « fin de la vie privée ». Revue française des sciences de l’information et de la communication. Vol 3. Repéré le 30.11.17 sur : http://rfsic.revues.org/630
  • CHOMBEAU, A. (2016, 19 septembre). Comment se protéger de l’atteinte à la vie privée sur Internet?. Huffington Post. Repéré le 02.12.17 sur : http://www.huffingtonpost.fr/alexandre-chombeau/protection-vie-privee-internet_b_12070438.html
  • DELCROIX, E. (2010). Médias sociaux et évolutions de la vie privée. Les Cahiers Dynamiques. Vol 47 (2). pp 94-101.
  • UNTERSINGER, M., SZADKOWSKI, M. (2013, 13 août). Sur le web, le « paradoxe de la vie privée ». Le Monde. Repéré le 02.12.17 sur : http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/08/01/sur-le-web-le-paradoxe-de-la-vie-privee_3456070_3224.html
  • VALLET, C. (2012). Le dévoilement de la vie privée sur les sites de réseau social. Des changements significatifs. Droit et société. Vol 80 (1). pp 163-188.

Crédits images

 

YouTube, vitrine publicitaire par excellence ?

YouTube vit le jour en 2005 et fut racheté par Google un an plus tard. En 2013, les dépenses publicitaires sur YouTube étaient estimées à 5,6 milliards de dollars, représentant une hausse de 51,4% par rapport à l’année précédente. YouTube possédait alors plus de 20% du marché publicitaire vidéo, changeant considérablement plusieurs paysages.

La publicité s’est imposée sur YouTube progressivement et sous des formes différentes.

Une révolution sur la toile, dans le paysage publicitaire, mais aussi dans la vie de quelques vidéastes

Plusieurs vidéastes ont en effet pu devenir des « youtubers », des personnes vivant totalement ou en partie de leurs vidéos (le nombre de vues que leurs vidéos totalisent étant tarifé mais aussi grâce à des vidéos sponsorisées). PewDiePie est le plus célèbre d’entre eux, totalisant près de 60 millions d’abonnés.

Gagner sa vie est possible via des publicités en début et/ou pendant la vidéo, des placements de produits ou encore des bannières. La vidéo ci-dessus, de style humoristique, totalise actuellement 19 millions de vues, représentant 19’000 euros engrangés (approximatif car plusieurs facteurs sont à prendre en compte) grâce à la publicité affiliée à la vidéo.

On constate que les youtubers détiennent un rôle très important chez les jeunes de 13 à 24 ans

Ces « youtubers » possèdent une influence prépondérante, pouvant mettre en avant des produits et étant considérés comme les nouveaux influenceurs, surtout chez les jeunes. Ce pouvoir peut provenir de l’effet dit « best-friend », sorte de sentiment d’amitié ressenti et développé par les abonnés des « youtubers ». On dénote aussi une proximité de par le fait que ces nouvelles stars se dévoilent plus, montrent plus leur quotidien, interagissent plus sur les médias sociaux, conduisant à une identification des « viewers ».

La télévision dépassée ?

YouTube est devenu un outil publicitaire inévitable aujourd’hui et il serait même plus efficace de réaliser des campagnes sur la plateforme que sur la télévision. Ainsi, une étude sur 2 campagnes publicitaires de la marque Clarins (une campagne avec YouTube et une autre sans YouTube) à budget égal et à l’échelle nationale a montré que la publicité sur YouTube augmente le volume des ventes de 5%. Selon une étude menée sur Danone, le retour sur investissement serait deux à trois fois supérieur avec des campagnes sur la plateforme de Google plutôt que sur la télévision.

La publicité sur YouTube n’a pas que des côtés positifs.

Certains problèmes découlent du paysage publicitaire, notamment avec les adolescents qui peuvent être exposés à l’alcool, voir même encouragés à la consommation via les vidéos comme le montre certaines études. Une exemple est le clip de Robin Thicke «blurred lines» dans lequel le cognac Rémy Martin est mis en avant au moment où les paroles « You know you want it » retentissent, sorte de message subliminal. Notons au passage les tenues pour le moins sommaire des femmes présentes dans ces vidéos qui rabaissent ces dernières, renforçant l’idée de femmes-objets.

De plus, la publicité peut être mal venue selon la vidéo à laquelle elle est accolée. Ainsi en mars 2017, un scandale pouvant coûter très cher au géant américain est survenu lorsque l’algorithme de YouTube a affilié des publicités à des vidéos ayant des contenus haineux voir extrémistes. La publicité programmée fut reconnue défaillante et un travail sur l’algorithme a dû être entrepris pour éviter de nouvelles situations litigieuses.

Plusieurs régies publicitaires et entreprises (McDonald’s, Verizon, l’Oréal,…) ont alors suspendu leurs dépenses publicitaires sur le plus grand site de partage de vidéos. Il était alors estimé que Google, détenteur de YouTube, avait perdu 4% en bourse, soit 23 milliards de capitalisation boursière. Bien que YouTube et la publicité sur cette même plateforme soient en plein essor, de nombreuses facettes restent à étudier et à perfectionner pour maximiser le profit, tant du côté de l’annonceur, du youtuber que du spectateur.

Pour aller plus loin :

Source :

  • Parra, P. N. (2013). YouTube: The Business Model.
  • Cranwell, J., Britton, J., & Bains, M. (2017). “F* ck It! Let’s Get to Drinking—Poison our Livers!”: a Thematic Analysis of Alcohol Content in Contemporary YouTube MusicVideos. International journal of behavioral medicine, 24(1), 66-76.
  • Zouaoui, S. A. (2017). Impact du format, du positionnement et du contenu des publicités en ligne sur l’attention de l’internaute durant la navigation: une étude oculométrique exploratoire.

Sites web :

(Sources des images : https://blog.dolead.com/youtube-ads-decouvrez-la-publicite-sur-youtube/ / https://i.ytimg.com/vi/shplArnPVUQ/maxresdefault.jpg / http://www.tubefilter.com/2015/03/03/defy-media-acumen-report-study/)

Auteur : Vivien Furrer

Relecture : Calliope Immer & Ludovic Cuany

 

 

 

Neuralink et Brainternet, ou la naissance de « l’humain artificiel ».

L’année 2017 aura été riche en rebondissements pour les domaines des neurosciences et des TIC. En mars, Elon Musk annonçait officiellement  la création de la Start-Up  Neuralink, concurrencée en septembre par le projet Brainternet pour une course au « cerveau connecté ». 

L’intelligence artificielle (IA) étant amenée à prendre de plus en plus d’importance dans les années à venir, Elon Musk, PDG de Tesla, a annoncé le lancement de Neuralink. Sa nouvelle société a pour objectif de réussir, dans les prochaines années, à faire du cerveau, un objet connecté. Cela  facilitera la communication de l’Humain et élargira ses capacités cognitives. S’il y parvient, cette technologie permettrait à l’Homme d’interagir avec la machine et de concurrencer la quasi omnipotence de l’IA. Neuralink n’est d’ailleurs pas le seul projet à poursuivre cette ambition.

Utopie ou réelle révolution?

C’est une question que l’on peut se poser. Néanmoins, en septembre, l’idée du cerveau connecté  a pris une dimension plus concrète avec le succès du projet Brainternet. Lancé en Afrique du Sud par une équipe de chercheurs de l’Université de WITS, il a abouti à la toute première connexion d’un cerveau à l’Internet. L’expérience a cependant davantage la prétention d’innover le milieu des neurosciences  que celui des technologies de l’information et de la communication.

Elon Musk, PDG de Tesla et créateur de Neuralink

Adam Pantanowitz, le responsable du projet Brainternet, parle d’un pas en avant pour l’étude du cerveau ainsi que pour la médecine neuronale, sans pour autant représenter un  grand bouleversement pour la société. Rappelons qu’il existe déjà des technologies similaires, la connexion à internet en moins. Elon Musk, quant à lui, continue d’investir dans des recherches afin de créer une technologie capable de faire adhérer le cerveau humain à l’internet des objets.

Un pas vers le futur

Les deux responsables des projets s’accordent à dire que l’on devra  s’attendre à voir le cerveau humain devenir un objet connecté d’ici quelques années. En effet, à partir du moment où l’on sera capable de coder le cerveau, il sera alors possible de transmettre des informations dans les deux sens. Il est envisageable que l’on puisse alors également stocker les données de la mémoire. Les possibilités liées à cette innovation créeraient par ailleurs de tous nouveaux enjeux sociétaux.

« Be right back », épisode de la série Black Mirror.

Pas besoin d’être l’un des scénaristes de Black mirror pour s’imaginer les usages qui pourraient découler d’une telle technologie. Pour le meilleur, comme pour le pire. Par exemple, le décodage du cerveau , stocké sur la « mémoire éternelle » du Web, rendrait en quelque sorte notre pensée « immortelle ». L’Homme pourrait également uploader des informations et apprendre une langue, tel on télécharge une application. Et qu’en serait-il du hacking, pourrait-on pirater le cerveau d’autrui?

Tout ceci n’appartient pour le moment qu’à la science fiction. Il semble cependant que l’on se doit de garder un oeil attentif sur ces projets de recherche qui sont en passe de révolutionner les sciences de l’information et de la communication ainsi que les usages de demain.

Pour aller plus loin:

Sources:

Images:

 

Quand les médias sociaux volent notre temps

Obsolescence programmée, Growth hacking, auto déclencheurs… tels sont les thèmes liés à la technologie persuasive, face sombre des médias sociaux.

« Next episode playing in 3… 2… 1… »

Nous la connaissons bien cette proposition automatique de Netflix, ce compte à rebours que nous ne voulons absolument pas désamorcer et qui laisse présager un nouveau moment de netflix and chill.

La fin d’une ère

On s’en souvient comme si c’était hier de cet engouement pour ces technologies bienveillantes qui nous permettent d’interagir avec un proche à l’autre bout du monde, de visionner ce film dont nous avons raté la sortie au cinéma ou encore de rencontrer l’amour.

Cet enthousiasme semble être bien retombé depuis que les médias sociaux utilisent des technologies persuasives, que J. B. Fogg définit comme suit:

« A persuasive computing technology is a computing system, device, or application intentionally designed to change a person’s attitudes or behavior in a predetermined way. » (Fogg, 1999, pp. 27)

Depuis la déjà bien connue obsolescence programmée qui pousse les gens vers une consommation croissante d’appareils technologiques, les professionnels des médias sont accusés d’une autre sorte de manipulation envers la grande communauté du web. En effet, ceux que l’on appelle les Growth Hakers ont pour but de faire rester plus longtemps les gens sur leurs plateformes et ce, par n’importe quel moyen.

Le « Growth haking »

Nés dans la Silicon Valley, les Growth Hakers sont obnubilés par la croissance de leur entreprise web. Pour qu’elle ait lieu, ces derniers suivent le modèle de Dave McClure:

Modèle AARRR de McClure

Le processus est simple. Tout d’abord on attire des utilisateurs (acquisition), qui vont agir sur notre site (action). L’étape suivante consiste à les faire revenir régulièrement sur notre plateforme (retention), afin que ces derniers paient pour un service (revenue) puis, en parlent avec d’autres usagers du web (referral).

Dans l’optique des Growth Hackers, tous les métiers du web doivent collaborer et toutes les actions de l’entreprise sont pensées et optimisées pour que le site permette un tel cycle de vie aux visiteurs.

Les techniques persuasives des Growth Hakers peuvent être de différentes natures. On connait, par exemple, tous le fameux bouton like. Un simple clic sur ce symbole performatif produit une récompense telle, que cela va inciter les individus à fréquemment revenir consulter leur publication afin d’en connaitre ses effets. C’est ce que l’on peut appeler un autodéclencheur.

Les défenseurs de la cause

Heureusement, il existe des personnes qui défendent les internautes comme Tristan Harris, ingénieur en informatique chez Google. Au sein du groupe « Time well spent » qu’il a créé, il lutte pour les droits des internautes, donne des astuces pour apprendre à contrôler son temps connecté et encourage les entreprises technologiques à produire des logiciels plus conformes à une certaine éthique.

Finalement que retenir ?

Dans cette économie de l’attention, de nombreuses techniques chronophages comme la publicité profitent de la vulnérabilité des internautes. Cela dit, ne vous en faites pas trop, car nous avons en nous des ressources qui nous permettent d’éviter les pièges de ces experts de la manipulation. Notre meilleur atout contre ces tentations ? Notre force de caractère et notre bonne volonté !

Sources :

Grante, F. (2013). Qu’est-ce que le Growth Hacking ? Repéré à https://toiledefond.net/quest-ce-growth-hacking/

Fogg, B. J. (1999). Persuasive technologies. Communications of the ACM42(5), 27-29.

Turrettini, E. (2016). La « technologie persuasive » nous rend accros aux écrans. Repéré à https://www.letemps.ch/opinions/2016/11/20/technologie-persuasive-rend-accros-aux-ecrans

Turretini, E. (2017). Tabac, sucre et réseaux sociaux, même combat ? Repéré à https://www.letemps.ch/opinions/2017/11/19/tabac-sucre-reseaux-sociaux-meme-combat

A lire ailleurs:

(Source des images : https://www.geeky-gadgets.com/wp-content/uploads/2014/01/Netflix-Next-Episode.jpg  / http://d3kqkuy1hpjocx.cloudfront.net/s3fs-public/matriceaaar.png / https://4cawmi2va33i3w6dek1d7y1m-wpengine.netdna-ssl.com/wp-content/uploads/2016/11/psychology_The-psychology-of-persuasion-01-1024×384.png )

Auteur: Leslie Favre

CHINE : BIG DATA IS WATCHING YOU

Le gouvernement chinois prévoit de lancer un « Système de crédit social » en 2020. Le but de ce dispositif ? Juger du niveau de fiabilité de tous ses citoyens en leur attribuant une note globale.

Acheter en ligne, visionner du contenu ou encore interagir sur les réseaux sociaux font partie de notre quotidien. Au fil de nos navigations, nous laissons derrière nous des traces qui sont collectées par différents services. Jusqu’ici, rien de nouveau. Imaginons maintenant que ces comportements soient évalués comme positifs ou négatifs puis traduits en un seul score. Un nouveau scénario tout droit sorti de l’imagination d’Orwell ? Non, celui du gouvernement chinois, prévu pour ses citoyens en 2020.

Une note à partir des données personnelles

En juin 2014, le Conseil d’Etat de Chine publiait officiellement sa volonté de développer un système permettant d’attribuer une note de crédit social à chaque citoyen sur la base de données financières, sociales, politiques et juridiques. Le document officiel a ensuite été traduit et posté par Rogier Creemers, chercheur à l’Université d’Oxford.

Selon le gouvernement chinois, l’objectif de ce système est de renforcer la confiance à l’échelle nationale et de construire une culture de la sincérité.

Comment ça marche ? Une phase d’essai

Huit entreprises privées se sont vues octroyer une licence pour développer un projet pilote. L’un des plus connu, Sesame Credit, a été mis au point par Ant Financial Credit Group, une filiale du géant Alibaba e-commerce. Celui-ci exploite la plus grande plateforme de vente en ligne au monde.

Sesam credit prend en compte cinq facteurs pour calculer le score de ses utilisateurs :

  1. L’historique de crédit : Avez-vous payé vos factures dans les délais ?
  2. Les obligations contractuelles : Avez-vous respecté vos contrats ?
  3. Les caractéristiques personnes : Quelle est votre adresse, quel âge avez-vous ?
  4. Le comportement et les préférences : Combien de temps visionnez-vous des vidéos par jour? Quelles sont vos habitudes d’achat ?
  5. Les relations interpersonnelles : Qui sont vos amis? Quels échanges entretenez-vous à propos de la politique du pays ?

Quelles implications pour les citoyens?

Pour l’instant, la version d’essai du système de crédit social Sesame Credit n’est pas obligatoire pour les citoyens. Comment expliquer les millions de participants volontaires ? Un bon score va de paire avec certains privilèges, comme par exemple celui de se présenter en check-in VIP à l’aéroport de Beijing. Le statut social joue également un rôle : un mois après le lancement de Sesame Credit, 100’000 citoyens avaient déjà affiché leurs scores sur l’équivalent chinois de Twitter.

Le revers de la médaille ? Le gouvernement chinois a déjà publié une liste dessanctions possibles lorsque le système s’appliquera à tous les citoyens en 2020. De la connexion internet plus lente, à l’accès restreint à certains loisirs ou certaines écoles privées, un faible score affecte tous les domaines de la vie en société.

Le Système de crédit social représente le scénario catastrophe par excellence: celui d’une disparition de la vie privée par une totale mise à nu de la vie numérique.

A lire ailleurs : 

(Source des images : media.breitbart.com/media/2015/09/chinag-cyber-hackers-Reuters-640×480.jpg / https://img.washingtonpost.com/rf/image_1484w/2010-2019/WashingtonPost/2016/10/21/Foreign/Images/China_SocialCreditSS.jpg?uuid=ttmVlpeWEea7Kb8nAdvgow)

Auteur : Floriane Siegenthaler

Relecture : Julia Siegenthaler