La cybermanipulation psychologique – un effet secondaire des médias sociaux

Les jeunes en Suisse sont très actifs sur les médias sociaux. Cela comporte aussi des dangers. De plus en plus de jeunes sont victimes de harcèlement sexuel en ligne. Afin de minimiser le risque de ce qu’on appelle la cybermanipulation psychologique, il faut inclure les parents.

96 pour cent des jeunes entre 12 et 19 ans sont en ligne tous les jours. Telle est la conclusion de la cinquième édition de l’étude JAMES. Depuis 2010, la ZHAW (Université des sciences appliquées de Zurich) interroge tous les deux ans plus de 1000 jeunes dans toute la Suisse sur leur utilisation des médias. Pour la plupart des participants, les réseaux sociaux font partie de leur vie quotidienne. Entre les plus populaires comptent Instagram et Snapchat : 87 % et 86 % des répondants, respectivement, ont un compte et la plupart l’utilise au moins plusieurs fois par semaine.

Une victime de la cybermanipulation psychologique. (Source : www.daserste.de)

De plus en plus de victimes de la cybermanipulation psychologique

Être constamment en ligne, poster des photos, chatter : cela augmente aussi le risque d’être harcelé sur le net. Dans le but d’initier des contacts sexuels, les mineurs sont approchés via Internet et invités à des rencontres ou à envoyer des photos à poil.

« Ce qui est inquiétant est le fait que les cas de cybermanipulation psychologique ont considérablement augmenté au cours des dernières quatre années. »
(Étude JAMES 2018)

Selon l’édition actuelle de l’étude JAMES, environ un tiers des personnes interrogées ont déjà été victimes de la cybermanipulation psychologique. Chez les 18-19 ans, la proportion est même de 43 %. En comparaison, en 2014, 19 % des répondants ont déclaré avoir été contactés en ligne par des inconnus ayant des intentions sexuelles indésirables. Donc, les cas de cybermanipulation psychologique sont beaucoup plus nombreux aujourd’hui qu’auparavant.

Cybermanipulation psychologique selon les tranches d’âge. (Source : graphique élaboré par l’auteur, données de l’étude JAMES 2018)

La responsabilité des parents

Si les jeunes approchés refusent de partager certaines informations intimes à un moment donné, ils sont souvent victimes de chantage. Il est difficile pour les victimes de mettre fin à cette spirale par elles-mêmes. Un enjeu central à cet égard est l’ignorance de nombreux parents qui banalisent le danger.

Les parents sont mis au défi d’accompagner leur enfant et de le soutenir dans ses rapports avec les réseaux sociaux. Ils devraient éduquer leur enfant sur les risques de contact et la publication de données privées. Ils devraient aussi l’informer sur des mesures de protection, parmi d’autres notamment les suivants :

  • activer les paramètres de confidentialité
  • désactiver la webcam et les services du site
  • rester méfiant à l’égard des partenaires des chats
  • ne pas publier des images et vidéos provocantes et intimes

La cybermanipulation psychologique ne doit pas être banalisée

Comme le montre l’étude JAMES, la cybermanipulation psychologique a fortement augmenté ces dernières années et doit être prise au sérieux. Afin de protéger les jeunes internautes contre de telles attaques, il est important que les parents ne négligent pas leurs responsabilités. En outre, la société et la politique sont également appelées à investir dans le travail éducatif et à aider les jeunes à éviter ces contacts indésirables.

A lire ailleurs :

(Source de l’image : https://www.daserste.de/unterhaltung/film/themenabend-cyber-grooming/wie-koennen-sich-kinder-vor-cyber-grooming-schuetzen100.html)

Bibliographie :

Suter, L., Waller, G., Bernath, J., Külling, C., Willemse, I. & Süss, D. (2018). JAMES – Jeunes, activités, médias – enquête Suisse. Zurich: Université des sciences appliquées de Zurich.

Willemse, I., Waller, G., Genner, S., Suter, L., Oppliger S., Huber A.-L. & Süss, D. (2014). JAMES – Jeunes, activités, médias – enquête Suisse. Zurich: Université des sciences appliquées de Zurich.

Auteur : Tina Laubscher