Motivations à participer: Une vieille histoire…. de Carambar

En 1969, Carambar (entreprise française) regroupait une communauté d’enfants pour créer les blagues écrites sur les emballages. C’était le début du Crowdsourcing. De nos jours, ce phénomène est de plus en plus répandu et, grâce au net, son utilisation est simplifiée et plus rapide.

Le Crowdsourcing (Howe 2006) exprime le fait d’externaliser un travail hors de l’entreprise et de se servir du savoir-faire et des idées des usagers. Les entreprises décident de s’adresser à la communauté qui la suit afin de trouver des solutions innovantes.

Dans un monde toujours plus mobile et où les innovations doivent être rapides, le Crowdsourcing justifie bien sa place. Cependant, il n’est pas toujours évident de demander à des personnes/experts de partager leurs connaissances et idées sur une plate-forme internet : il faut trouver les bons arguments. Kaufmann (2011) propose ici cinq catégories de motivations.

Le temps, c’est de l’argent !

Il est important de motiver les personnes à participer et de leur faire prendre conscience de leur impact. Kaufmann (2011) différencie les motivations intrinsèques des motivations extrinsèques.

Slides de cours : Kaufmann (2011), Worker’s motivation in Crowdsourcing
Kaufmann (2011), Worker’s motivation in Crowdsourcing

Pour les motivations intrinsèques, on retrouve deux catégories : Enjoyement et Community.  La première provient du fait qu’on ait plaisir à participer car l’individu possède les compétences de le faire, il a envie de le faire, il peut voir de quelle manière ses idées peuvent être mises en place et il peut aussi recevoir un feedback et passer le temps. La deuxième catégorie de motivation intrinsèque est celle de l’appartenance à une communauté. Faisant partie du processus, les usagers se sentent plus impliqués et écoutés, ce qui peut avoir une influence sur les résultats de l’entreprise. Grâce aux informations échangées, il est possible de s’identifier à une communauté et/ou de rencontrer d’autres gens. Un contact social est créé.

Les motivations extrinsèques sont quant à elle plus facilement influençables. La catégorie la plus importante est le paiement ou la récompense qu’on pourrait recevoir en échange de la collaboration. Il faut que le montant soit assez élevé pour que les personnes décident de prendre du temps pour donner leur avis.

Non seulement l’aspect monétaire immédiat est important, mais aussi les récompenses qui peuvent arriver indirectement. Le simple fait de participer peut donner un signal positif aux supérieurs hiérarchiques sur l’implication dans  l’entreprise. La dernière catégorie s’appelle les motivations sociales, celles-ci peuvent varier selon les valeurs de la personne, les normes de l’entreprise qui impose une participation ou le fait de recevoir un feedback de ses pairs ou de la hiérarchie.

Atizo : Un exemple suisse

Ces dernières années, les plate-formes de Crowdsourcing se sont beaucoup développées et ont commencé à se répandre sur le net. En Suisse, Atizo est la plus grande plate-forme de Crowdsourcing. Elle gère les communautés d’entreprises suisses comme la SRF, Postfinance, Mammut et la Migros. Les clients sont ici les principaux acteurs. Ils sont environ 13′000 inscrits sur le site.

Migros: Campagne Blévita
Migros: Campagne Blévita

Un exemple pour la plate-forme Migipédia de la Migros est le cas Blévita. La Migros a demandé à ses consommateurs quel devait être le goût des nouveaux « crackers ». Comme motivation à participer, la plate-forme propose des concours avec des récompenses monétaires mais aussi la possibilité d’être des testeurs de produits et de donner leur avis. Une telle plate-forme offre de la transparence ainsi que la reconnaissance sociale et une mise en réseau, qui font partie des motivations importantes selon Kaufmann (2011). Par ce biais, le Blévita « Gruyère » est né.

Flux : Pourquoi chercher loin….. ?

Les clients ne sont pas les seuls à avoir des idées. Les grandes entreprises utilisent de plus en plus le Crowdsourcing interne pour répondre à un besoin. Ils utilisent le savoir et l’intelligence collective de leurs collaborateurs.

Swisscom propose son outil de feedback interne : Flux. Il permet aux collaborateurs de télécharger leurs prototypes sur la plate-forme et de le soumettre à l’avis de l’ensemble de la communauté Flux (1500 membres venant de secteurs différents). On retrouve ici les motivations intrinsèques. Il permet aux collaborateurs d’avoir rapidement un feedback des pairs et un échange de communication, ce qui va permettre d’améliorer le prototype en cas de besoin. On a aussi le sentiment d’apporter une contribution à l’entreprise et d’appartenir à une nouvelle communauté, avec des personnes venant d’autres secteurs de travail. De plus, cet outil permet de rester informé sur les innovations de l’entreprise.

Dans la vidéo, la musique de fond un brin émotionnelle donne envie de faire part de cette communauté.  Il n’y a cependant pas d’indication de récompense monétaire: elle mise plus sur le fait d’apporter son aide à ses pairs et à son entreprise. Les collaborateurs peuvent aussi trouver une reconnaissance en proposant des idées, que ce soit celle des autres membres ou même des responsables hiérarchiques.

Pour en revenir à Carambar, on peut facilement imaginer l’attrait de participer à cet événement : recevoir des bonbons et voir sa blague publiée sur un emballage. Dans le monde professionnel actuel, cela n’est plus suffisant : les motivations sont diverses et dépendent des individus. Les 5 catégories de motivations selon Kaufmann (2011) décrivent de manière concrète les éléments qui jouent un rôle dans la décision de participation. Pour motiver les personnes internes ou externes à l’entreprise, les incitations sont les mêmes.

Webographie :

Admin : http://www.kmu.admin.ch/aktuell/00513/02439/02646/?lang=fr, consulté le 01.12.2015

Atizo : https://www.atizo.com/, consulté le 01.12.2015

Bitkom : https://www.bitkom.org/Publikationen/2014/Leitfaden/Crowdsourcing/140917_Crowdsourcing.pdf, consulté le 01.12.2015

Dialogue : https://www.swisscom.ch/fr/emag/editions/dialogue0315/fokus/titelthema.html, consulté le 01.12.2015

Flux: https://flux.swisscom.com/#/about, https://flux.swisscom.com/#/about

Nouvo : http://www.nouvo.ch/2012/05/le-crowdsourcing-les-bonnes-id%C3%A9es-sont-dans-la-foule, consulté le 01.12.2015

Swisscom : https://www.swisscom.ch/fr/emag/editions/dialogue0315/fokus/titelthema.html ,consulté le 01.12.2015

Kaufmann (2011), More than fun and money. Worker Motivation in Crowdsourcing – A study on Mechanical Turk, http://161.45.251.150/s-drive/DMORRELL/Mgmt%204990/Crowdsourcing/Kaufmann_et%20al_2011.pdf, consulté le 01.12.2015

Slides de cours « Communication multimédia (I) : médias sociaux et community management [SA 15] »: S10 – Motivations à participer

Images:

Blévita: https://www.google.ch/searchq=blevita&biw=1280&bih=602&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjTloKXgb7JAhVD8Q4KHVyhC2kQ_AUIBigB#tbm=isch&q=blevita+crowdsourcing&imgrc=ujMzKD1bNA6BTM%3A

Carambar: http://lentrepreneuriat.net/content/le-succ-s-du-buzz-de-carambar

Worker’s motivation in Crowdsourcing: Slides de cours : Kaufmann (2011)

Vidéo:

Flux: https://vimeo.com/121651795

Auteur: Céline Beutler