Neuralink et Brainternet, ou la naissance de « l’humain artificiel ».

L’année 2017 aura été riche en rebondissements pour les domaines des neurosciences et des TIC. En mars, Elon Musk annonçait officiellement  la création de la Start-Up  Neuralink, concurrencée en septembre par le projet Brainternet pour une course au « cerveau connecté ». 

L’intelligence artificielle (IA) étant amenée à prendre de plus en plus d’importance dans les années à venir, Elon Musk, PDG de Tesla, a annoncé le lancement de Neuralink. Sa nouvelle société a pour objectif de réussir, dans les prochaines années, à faire du cerveau, un objet connecté. Cela  facilitera la communication de l’Humain et élargira ses capacités cognitives. S’il y parvient, cette technologie permettrait à l’Homme d’interagir avec la machine et de concurrencer la quasi omnipotence de l’IA. Neuralink n’est d’ailleurs pas le seul projet à poursuivre cette ambition.

Utopie ou réelle révolution?

C’est une question que l’on peut se poser. Néanmoins, en septembre, l’idée du cerveau connecté  a pris une dimension plus concrète avec le succès du projet Brainternet. Lancé en Afrique du Sud par une équipe de chercheurs de l’Université de WITS, il a abouti à la toute première connexion d’un cerveau à l’Internet. L’expérience a cependant davantage la prétention d’innover le milieu des neurosciences  que celui des technologies de l’information et de la communication.

Elon Musk, PDG de Tesla et créateur de Neuralink

Adam Pantanowitz, le responsable du projet Brainternet, parle d’un pas en avant pour l’étude du cerveau ainsi que pour la médecine neuronale, sans pour autant représenter un  grand bouleversement pour la société. Rappelons qu’il existe déjà des technologies similaires, la connexion à internet en moins. Elon Musk, quant à lui, continue d’investir dans des recherches afin de créer une technologie capable de faire adhérer le cerveau humain à l’internet des objets.

Un pas vers le futur

Les deux responsables des projets s’accordent à dire que l’on devra  s’attendre à voir le cerveau humain devenir un objet connecté d’ici quelques années. En effet, à partir du moment où l’on sera capable de coder le cerveau, il sera alors possible de transmettre des informations dans les deux sens. Il est envisageable que l’on puisse alors également stocker les données de la mémoire. Les possibilités liées à cette innovation créeraient par ailleurs de tous nouveaux enjeux sociétaux.

« Be right back », épisode de la série Black Mirror.

Pas besoin d’être l’un des scénaristes de Black mirror pour s’imaginer les usages qui pourraient découler d’une telle technologie. Pour le meilleur, comme pour le pire. Par exemple, le décodage du cerveau , stocké sur la « mémoire éternelle » du Web, rendrait en quelque sorte notre pensée « immortelle ». L’Homme pourrait également uploader des informations et apprendre une langue, tel on télécharge une application. Et qu’en serait-il du hacking, pourrait-on pirater le cerveau d’autrui?

Tout ceci n’appartient pour le moment qu’à la science fiction. Il semble cependant que l’on se doit de garder un oeil attentif sur ces projets de recherche qui sont en passe de révolutionner les sciences de l’information et de la communication ainsi que les usages de demain.

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