TikTok: un nouvel outil digital pour les entreprises ?

Source image: Pixabay

En quatre ans seulement, TikTok est venu se hisser au sommet du classement des réseaux sociaux. 3ème application la plus téléchargée au monde, elle compte déjà plus d’un milliard d’utilisateurs. Un nouvel outil digital de choix pour les « community managers ».

Depuis son lancement en septembre 2016, TikTok poursuit son ascension. Très populaire chez les jeunes utilisateurs, l’application est devenue aujourd’hui un incontournable dans la communauté digitale et les entreprises commencent à s’y intéresser de près. Pourtant, avec près de 50% d’utilisateurs âgés de 16 à 24ans, TikTok est surtout un réseau social utilisé par les jeunes. Basée sur des contenus courts (de 3 à 60 secondes) et divertissants, TikTok se positionne comme un réseau dédié à l’amusement et à la créativité. C’est d’ailleurs grâce à cela que cette nouvelle forme de réseau social a su se différencier des plus traditionnels Instagram et Facebook. Alors quel intérêt pour la communication digitale d’entreprise ?

TikTok for business

Dans une époque où les réseaux sociaux sont un point central du marketing de la plupart des entreprises, TikTok a su voir l’opportunité et n’a pas manqué d’adapter son interface avec une fonction dédiée aux pages professionnelles pour que les entreprises en tire le meilleur parti. Sur leur plateforme professionnelle TikTok for business, leur volonté est clair : « Don’t make ads. Make TikTok. » Afin de convaincre les plus réticents de faire de la publicité sur leur application, quatre arguments de poids sont mis en avant :

  • La créativité : l’application permet de d’être particulièrement inventif et de créer de nouvel tendance facilement grâce à ces animations et ces multiples outils de personnalisation. Il faut juste avoir un peu d’imagination et aimer la musique.
  • L’universalité : TikTok est présent dans 150 pays et en 75 langues, ce qui permet de toucher beaucoup de monde rapidement.
  • Priorité au contenu: grâce à ses algorithmes, l’application vous assure de toucher des personnes intéressées par votre publicité et donc plus à même de devenir des clients potentiels.
  • Réutilisation : les vidéos au format TikTok sont devenues si populaires, qu’elles sont reprises sur tous les autres réseaux sociaux. Un moyen donc de faire d’une pierre plusieurs coups.

TikTok et les entreprises suisses

Les enseignes suisses ne sont pas en reste et surfent elles aussi sur la tendance TikTok. C’est par exemple le cas de la Coop et de Groupe e qui ont désormais lancé des campagnes publicitaires par ce biais. En utilisant TikTok, Groupe e cherche principalement à se faire remarquer par les adolescents ou jeunes adultes à la recherche d’apprentissages. En se donnant une image plus tendance et en s’adressant directement à son public cible, l’entreprise fribourgeoise espère recruter plus facilement en devenant plus attrayante.

TikTok pour tous ?

Avec un tel succès, l’application n’est pas passée inaperçue et provoque la controverse au sein du « community management ». Par son format et son audience, la plateforme chinoise est souvent perçue comme une application pour adolescents peu sérieuse et certaines marques ou entreprises ne semblent pas prêtes à vouloir y associer leur image. En effet, TikTok ne convient pas à tout le monde. Mal utilisé, ce réseau social pourrait décrédibiliser l’entreprise ou la marque qui s’y risque. Il est donc important de s’assurer que cette application correspond à sa stratégie de communication. Pour cela, il faut se poser deux questions: quel est le type de public ciblé par l’entreprise ? Et quelle est l’image de marque qu’elle veut transmettre ?
Si vous souhaitez cibler les jeunes en ayant une image amusante et tendance alors TikTok est fait pour vous !

Sources
Coop
Groupe e
Macomm
TikTok for business
TikTok stastistiques
Wikipédia

L’art d’insulter ses clients, ou la stratégie des community managers de Wendy’s

Alors que toutes les entreprises s’efforcent aujourd’hui de répondre aux plaintes de leurs clients avec la plus grande sympathie possible, la chaîne de fastfood Wendy’s a décidé de prendre le contre-pied de cette tendance. Entre insultes, cynisme et humour noir, la chaîne de restauration rapide américaine n’hésite pas tourner en ridicule ses clients sur son compte Twitter. Une stratégie qui porte étonnement ses fruits. Zoom sur la « roast strategy » brutalement efficace de community management de Wendy’s.

Le concept de community manager

On appelle ”community manager” la personne chargée, au sein d’une entreprise, de gérer, d’animer et d’interagir avec les communautés d’internautes via les réseaux sociaux. En effet, le boom des réseaux sociaux et le passage du Web 1.0 au Web 2.0 ont changé la manière dont les entreprises communiquent avec leurs clients. Désormais, grâce aux médias sociaux, les consommateurs et les entreprises peuvent dialoguer de manière directe. Les consommateurs peuvent par exemple adresser leurs plaintes et leurs questions sur le compte Twitter d’une entreprise, et celle-ci peuvent y répondre directement sur la même plateforme.

Dans ce contexte, les community managers sont donc chargés de satisfaire et de stimuler les internautes qui s’adressent à l’entreprise.  Au delà de satisfaire les demandes des clients, les community managers ont pour objectif de susciter la sympathie des internautes à l’égard de leur entreprise afin qu’ils s’engagent pour celle-ci sur le long terme. Pour cela, les community managers doivent instaurer un dialogue de confiance avec leurs clients en faisant preuve de sympathie, de patience, de compréhension et de dévouement.

La « roast stragety » de Wendy’s

Seulement voilà, toutes les entreprises ne respectent pas cette formule gagnante. Fondée en 1969, le fastfood américain Wendy’s a choisi d’aller à l’encontre de toutes le règles de bienséance que prônent les théories de community management. N’hésitant pas à qualifier l’opinion d’un internaute de « minable » et d’ordonner à un autre internaute de « s’excuser d’avoir tort » de ne pas aimer la nourriture de Wendy’s, le fastfood américain truffe son compte Twitter de come-back cyniques.

Or, cette stratégie de communication est appelée, chez Wendy’s, la « roast strategy » ou « stratégie de descente en flammes » en français. Cette stratégie particulièrement cynique et brutale vise à tourner en dérision les plaintes et les questions des internautes. Ainsi, si certains community managers n’hésitent pas à passer des heures à trouver la meilleure solution pour leur client, les community managers de Wendy’s se contentent de les envoyer balader.

Une stratégie payante

Or, loin de faire fuir les clients, la « roast strategy » de Wendy’s lui a surtout créé une image de marque originale et attayante. Depuis 2017, les buzz à répétition provoqués par ses tweets enflammés lui engendrent une visibilité énorme. En effet, en 2017 le compte Twitter de l’entreprise américaine est passée de 1 millions de followers à plus de 2.24 millions, avec des pics allant jusqu’à 15’000 nouveaux abonnés par jour. Fin 2020, le compte Twitter de Wendy’s frôle désormais les 4 millions d’abonnés. Les « roasts » de Wendy’s sont devenus la marque de fabrique de l’entreprise et contribuent activement à son succès.


L’entreprise Wendy’s est particulièrement connue pour ses tweets incendiaires.

L’émergence de memes

Cependant, le succès de Wendy’s ne s’arrête pas à ses tweets. En effet, le fastfood américain a pu compter sur le soutien des internautes qui, à l’aide de memes, de fanart et de parodies humoristiques, ont accentué la visibilité et la popularité de l’entreprise. Ainsi, il n’est pas rare de rencontrer sur Youtube, Twitter ou 9GAG, des œuvres artistiques détournant la mascotte de Wendy’s de manière cynique. En agissant comme un earned media, c’est-à-dire un média gagné par l’entreprise sans avoir été payé par celle-ci, les internautes font de la publicité à l’entreprise et renforcent son image de marque, la rendant plus forte et plus marquante.

Exemple de meme détournant la mascotte de Wendy’s

Une portée qui s’arrête aux frontières de l’Europe

Si la chaîne de restauration rapide américaine a su renforcer sa popularité en se forgeant une image de marque décalée grâce à ses community managers, son succès reste limité. En effet, l’implantation des fastfood Wendy’s à l’international bat de l’aile. Si le restaurateur américain a su s’implanter en Asie, il a cependant des difficultés à conquérir le public européen pour des raisons légales. En effet, la marque « Wendy’s » a été déposée en 1988 par un néerlandais nommé Warrens. Cela a pour conséquence d’empêcher le fastfood américain de s’installer en Europe sous le nom « Wendy’s », celui-ci étant déjà pris. Le cas de Wendy’s nous rappelle donc que le succès d’une marque à l’international ne dépend pas seulement de facteurs de visibilités et de stratégies de communication, mais également de facteurs légaux provenant de l’environnement que l’entreprise cherche à conquérir.

Auteur : Héloïse Hess

Sources :

  • Dr. Asdourian, B. (2020) Communication, organisation et transformation digital I. SA20. Université de Fribourg.
  • https://twitter.com/wendys
  • https://www.trackalytics.com/twitter/profile/wendys/
  • https://www.rd.com/article/why-no-wendys-in-europe/
  • https://www.ebaumsworld.com/pictures/classic-wendys-tweets-that-are-always-fresh-and-never-frozen/86054992/
  • https://www.boredpanda.com/funny-wendy-jokes/?utm_source=google&utm_medium=organic&utm_campaign=organic

« Nutella, parlons-en! »

« Nutella, parlons-en! » Ferrero aborde de front le sujet et répond aux accusations menées contre Nutella et l’utilisation de l’huile de palme dans sa recette. Une communication de crise qui s’appuie sur un lien de confiance établi entre les consommateurs et la marque, diva incontestée des goûters et des péchés mignons de millions de personnes dans le monde. Entre invitations au boycott et un front de défense qui s’érige « Touche pas à mon Nutella », focus sur un cas discuté qui a créé de fervents opposants. Sans doute ça reste une bonne leçon à tirer sur l’art de bien tartiner ses arguments

La question s’imposait pour Nutella déjà en 2012.

Notamment en France, où un amendement vise à augmenter de 300 % la taxe sur l’huile de palme. L’huile en question est mise à l’index pour son impact sur la santé et son incidence sur la déforestation de la planète. Utilisée dans de nombreux produits alimentaires, elle figure parmi un des composants principaux du Nutella.

Rapidement l’amendement est rebaptisé « amendement Nutella », du nom de la célèbre pâte à tartiner. Ferrero se retrouve ainsi débordée par un débat enflammé qui attaque le produit, le diabolise. Sur Youtube et Facebook le badbuzz s’enchaîne, les haters se soutiennent entre eux. La crise s’aggrave et prend sérieusement de l’ampleur. C‘est ainsi qui Ferrero décide de prendre position et de créer un site internet dédié « Nutella, parlons-en » ainsi qu’un fil sur Twitter.

Source:Youtube, Nutella France

Une communication bien ciblée puisque le Nutella est un produit très consommé par les jeunes générations, présentes massivement sur le Web et les réseaux sociaux.

« Le but du fabriquant est, plutôt que de modifier la recette du Nutella, de l’expliquer au consommateur« . L’idée de transparence et fiabilité est mise en avant.

Ferrero prend fait et cause pour expliquer et argumenter le choix de l’huile de palme dans sa recette, ce qui donne à Nutella son goût unique apprécié de génération en génération. Ferrero répond point par point aux critiques sur Facebook et aux commentaires des vidéos publiées sur son canal officiel Youtube. A preuve de l’efficacité de la riposte, certains internautes s’engagent même comme militants pour leur lovebrand, créant des pages « Touche pas à mon Nutella ! » ou « Défence Nutella » sur Twitter et Facebook. La stratégie employée par Ferrero représente ici un exemple assez bien réussi de gestion de communication de crise et des communautés en ligne. L’exposition médiatique a fait ressortir ses ennemis, mais aussi de nombreux alliés qui se sont battus de son côté.

Scandale!Nutella a changé sa recette

7 Novembre 2017. Le feu qui semble éteint dort souvent sous la cendre. Nutella fait encore parler de lui mais cette fois ce n’est pas l’huile de palme qui est cité en cause. Les consommateurs, dévenus vigilants depuis, s’aperçoivent d’une petite modification de la recette. La portion de lait écrémé passe de 7,5% à 8,7%. La quantité de sucre est légèrement augmentée mais les matières graisses ont baissé. Donc un produit plus sucré mais moins gras. L’entreprise semble avoir appris de ses erreurs et fait un effort pour rendre son Nutella relativement plus sain. De quoi réjouir les plus gourmands.

Ferrero a volontairement voulu faire passer un message d’engagement et prise en compte de la santé de ses consommateurs? Quoique l’on pense, il faut admettre que Nutella a su très bien se tirer d’affaire. Son avenir s’annonce pas fait que de belles noisettes et de bon lait frais mais la génération « no Nutella » ne semble pas encore pour demain!

Source:Wikipedia

Autrice: Naima Desiderio


Références et liens utiles:

TWITTER ET FOOTBALL : LES CLUBS SUISSES ONT SUIVI LE MOUVEMENT

Le sport professionnel n’échappe pas à la révolution numérique. Conscients de l’importance d’une communication directe et moderne, les clubs ont investi les médias sociaux. Exemple avec le foot suisse.

Impossible désormais de faire sans. Les médias sociaux sont devenus indispensables pour les clubs sportifs professionnels. Le constat est évidemment aussi valable pour le football suisse. Les pensionnaires de Super League, la première division du pays, ont ainsi tous leur compte sur Facebook, Instagram et Twitter.

Des clubs plus pressés que d’autres

Si les médias sociaux ont fait leur apparition au milieu des années 2000, les clubs suisses les ont adoptés plus tard. Et concernant Twitter, certains ont été plus pressés que d’autres. Le FC Bâle fait office de pionnier en Super League. Son compte a été mis en ligne en mars 2009, suivi par celui du FC Zurich (avril 2009). Le FC Saint-Gall est apparu sur ce média social en octobre 2013, tandis que le Lausanne-Sport ne l’a fait qu’en juin 2014.

Les usages principaux sont les mêmes pour les dix comptes de Super League. Les clubs donnent notamment des informations. Elles concernent les compositions d’équipes, la billetterie, l’horaire des matches ou le lieu du prochain camp d’entraînement. A l’exemple du FC Sion:

Les clubs questionnent également leurs fans, par l’intermédiaire de sondages ou en organisant, par exemple, l’élection du joueur du mois. Enfin, ils commentent en direct des parties ou des conférences de presse, grâce au live-tweet ou à des vidéos. Le FC Saint-Gall accompagne lui ses goals d’une très courte vidéo, différente selon le buteur:

Twitter parfois préféré à Facebook

Parmi les médias sociaux, Twitter se démarque notamment par sa spontanéité et son format court. Parfois, le nombre de « followers » d’un club dépasse celui des « j’aime » sur Facebook. En Suisse, aucun club de l’élite n’est concerné. Ce phénomène peut, par contre, être observé en France (Ligue 1) avec les comptes du Toulouse FC ou de l’En Avant de Guingamp.

Le compte Twitter le plus suivi du football suisse, celui de Bâle, comptait plus de 113’000 abonnés au début du mois de décembre 2017. Le club rhénan demande volontiers l’avis de ses fans:

Grâce aux médias sociaux, les clubs peuvent donc identifier la communauté de leurs fans et échanger avec eux. Ils ont aussi les moyens de saisir leurs besoins et envies. En contrepartie, ils proposent des concours ainsi que la possibilité d’entrer brièvement dans l’intimité du groupe professionnel. La proximité entre l’équipe et ses supporters s’en trouve grandie. Les clubs suisses l’ont désormais tous compris.

A lire ailleurs :

(Source de l’image: https://www.fcb.ch/de-CH/Fans/Social-Media)

(Source des tweets : https://twitter.com/FCSion /
https://twitter.com/FCSG_1879 / https://twitter.com/FC_Basel)

Auteur : Maxime Meyer

Relecture: Célia Rütsche

LE BUSINESS DES INSTAGRAMEURS

Créé pour partager des photos, Instagram connaît aujourd’hui une croissance plus rapide que Facebook. Les marques se sont emparées de ce support à des fins publicitaires. Tour d’horizon d’un phénomène qui séduit de plus en plus.

Instagram, le média social qui a la cote

Lancée en 2010, l’application Instagram ne cesse de prendre de l’ampleur. Son audience a doublé en seulement deux ans et elle compte aujourd’hui plus de 500 millions d’utilisateurs actifs quotidiennement! Le rachat d’Instagram par Facebook en 2012 n’est sans doute pas étranger à cette forte croissante.

En offrant la possibilité à ses membres de diffuser des photos et de les modifier avec des filtres, Instagram a permis aux gens de s’exprimer à travers des images. Lors de sa création, ce média social avait comme buts la créativité et le partage de photographies. Mais avec le temps, les usages d’Instagram ont changé! Aujourd’hui, 25 millions de marques sont présentes sur Instagram.

« Instagram has become the home for visual storytelling for everyone from celebrities, newsrooms and brands, to teens, musicians and anyone with a creative passion. »

Autre chiffre qui interpelle : 80% des utilisateurs d’Instagram suivent des marques!

infographie pofil type d'instagrameur
Profil type d’un instagrameur, selon l’agence Kindai

Influenceur, un nouveau business model?

L’omniprésence des médias sociaux dans nos vies a considérablement modifié les comportements de communication et d’achat. Nous sommes passés du rôle de consommateur au rôle de « consom’acteur » et les marques en profitent!

De nombreuses marques passent par des influenceurs pour faire parler de leurs produits, car ces pratiques sont peu coûteuses et permettent un ciblage bien précis. Les instagrameurs acceptent volontiers ces partenariats, car poster une simple photo d’un produit leur fera gagner de l’argent ou des produits de la marque en question. Selon le nombre d’abonnés que les influenceurs ont, cela peut leur rapporter gros!

Des plateformes, comme Octoly, proposent même de faire le lien entre les influenceurs et les marques au travers d’un catalogue en ligne avec des produits qu’il suffit de sélectionner pour les recevoir à la maison. Les influenceurs n’ont plus qu’à donner leur avis concernant ces produits sur Instagram et ils peuvent ensuite les garder.

Au départ conçu pour exprimer sa créativité et partager des photos avec ses proches, Instagram est devenu aujourd’hui un business à part entière, que les marques ne se sont pas privées d’envahir. Instagram aura-t-il encore longtemps la cote ou les internautes se lasseront-ils des contenus sponsorisés et publicités qui volent la vedette aux photos de vacances et de moments entre proches?

A lire ailleurs :

(Source des images : https://instagram-press.com/brand-assets/ / https://www.blogdumoderateur.com/utilisateurs-influenceurs-instagram/)

Auteur: Célia Rütsche

Relecture: Maxime Meyer

Trolls: Quand les utilisateurs prennent la parole


« PC VS MAC », « Théorie du complot », « Religion VS Politique », etc. vous connaissez ces thèmes qui provoquent des discussions interminables et qui n’ont rien à voir avec le sujet de base? C’est souvent l’action bruyante des polémiqueurs du net, aussi appelés trolls. Ils parcourent les espaces de discussions en semant des appâts – nommés trollings – dans l’espoir que quelqu’un tombe dans le piège.

Dans la famille troll je demande le Père

Un troll, pour vous donner une définition simple, c’est celui qui crée des controverses. Non pas pour nourrir le débat public ou pour que vous vous endormiez moins bête à la fin de la journée, mais juste pour … Mais au fait pourquoi le troll fait-il ce qu’il fait? Pour comprendre, il faut tout d’abord observer l’arbre généalogique des trolls. On a d’un côté les trolls inconscients. Ce sont en fait d’innocents internautes, comme vous et moi, qui ont le malheur de poser une question considérée comme bête, au mauvais endroit et au mauvais moment. Conséquence immédiate c’est une explication ou une remise à l’ordre faite par la communauté.

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L’anatomie d’un troll des forums

De l’autre côté on a le troll conscient. Il représente la bête noire crainte par tous les community managers. En effet l’ère des réseaux sociaux sonne l’heure de la participation active en ligne, où les utilisateurs ont enfin la parole, mais crée également un terrain de jeu propice – de la taille de Disneyland Paris –
à ces adeptes de la provocation. Ils ont pour habitude d’attaquer, critiquer, nuire aussi bien aux marques, qu’aux personnes publiques. Leur stratégie est simple; encourager la polémique par des provocations. Ce qui a le don d’énerver les internautes, qui entrent pieds joints dans une discussion stérile qui n’aboutit en général à rien.  Le résultat le sujet initial de la conversation est relayé au second plan.

Lorsque la controverse enfle, il existe quelques techniques pour les community managers pour limiter la catastrophe:

  • Don’t feed the troll: l’adage parle de lui-même, ne RÉ-PON-DEZ pas! Mangez votre clavier plutôt que d’entrer dans le jeu du troll et de finir par vous en mordre les doigts ;
  • Argumentez et raisonnez-les: si vous avez du temps et la foi, tentez votre chance ;
  • Effacez les commentaires et blacklistez-les: personne ne vous en voudra de claquer la porte au droit à la liberté d’expression et tutti quanti. Mais attention au possible effet Streisand.

La voix du peuple

Certes, les trolls ont une mauvaise image, mais ils font tout de même parti du faible pourcentage d’internautes qui commentent et donnent leur avis. Leur manière de participer répond peut être à un simple désir de socialisation ou encore de créativité. Ou alors c’est peut-être le désir de vengeance qui s’exprime, ce qui expliquerait la volonté de perturber. Car c’est bien connu l’agressivité des membres des communautés en ligne est bien plus grande que celle des communautés traditionnelles.

Egalement, il devient difficile de débattre à l’aide d’argument – non moins valable – tel que l’argument féministe – sans que l’on crie au troll. En effet, il est d’ordinaire de piéger les trolls en leur démontrant l’absurdité de leur argumentation. Pour cela on dit qu’ils ont atteint le « point Godwin ». La loi Godwin dit que « plus une discussion en ligne dure longtemps plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1″¹.

Enfin, il faut l’admettre que les débats provoqués par les trolls permettent aux internautes de – si on peut se permettre – développer leur rhétorique.

Le troll corporate

Si les internautes s’en sortent avec une bonne migraine ou une crampe aux zygomatiques les organisations, elles, peuvent voir leur image de marque en prendre un coup ou au contraire gagner en visibilité.  Motiver les utilisateurs à interagir et à s’impliquer dans les médias sociaux d’une organisation dépend de différents désirs, valeurs, objectifs et autres de l’internaute. Les trolls sont donc des publicitaires des organisations avec une incertitude quant aux résultats et effets sur les parties prenantes. Alors pourquoi ne pas se stroller soi-même et donc de s’assurer  des performances positives?

Rappelez-vous l’adage qui disait de ne surtout pas nourrir le troll, il en existe un autre qui dit  » You have to feed the beef »². Ceci signifie qu’en plus de faire attention à ne pas alimenter le troll, il faut aussi donner à manger aux médias et autres leaders d’opinion. Quoi de mieux alors pour l’organisation que de :

« Become the troll » – Nicolas Vandesbiest

C’est ici que l’on va pouvoir voir tous les talentueux communicants. Il n’y a rien de nouveau, rien à dire, mais ils vont tout de même trouver le moyen de faire la une.

A lire ailleurs:

  • Blog L’Express http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2008/12/24/cest_une_question_que_nous/

Sources:

  • SUPLY, Laurent. Définition: Troll [en ligne]. URL: http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2008/12/24/cest_une_question_que_nous/
  • ²VANDERBIEST, Nicolas. La théorie de l’artefact de communication [en ligne]. URL:  http://www.reputatiolab.com/2014/07/theorie-lartefact-communication/
  • VANDERBIEST, Nicolas. La typologie de profils auxquels le community manager peut faire face [en ligne]. URL:  http://www.reputatiolab.com/2013/08/la-typologie-des-profils-auxquels-le-community-manager-peut-faire-face/
  • Wikipédia. Troll (Internet) [en ligne]. URL: https://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_(Internet)
  • ¹Wikipédia. Loi de Godwin [en ligne]. URL: https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin

(Sources des images: https://media.licdn.com/mpr/mpr/p/2/005/078/212/3c36c7f.jpg / https://spreaditout.files.wordpress.com/2015/02/internet-troll-by-woody-hearn.jpg)

Vidéo:

  • https://www.youtube.com/watch?v=_KHEkR5yb9A

Auteur: Amandine Bayizila

LE CROWDSOURCING, UN NOUVEAU BUSINESS « COMMUNAUTAIRE »?

Le crowdsourcing est une plateforme par laquelle on sollicite la participation des foules au développement d’un produit ou d’une idée, par exemple. Mais il peut aussi être un moyen détourné de faire de grosses économies en profitant de la foule créative.

La vache de Galton

 Selon James Surowiecki dans son livre de 2004 «La sagesse des foules», les savoirs et les intuitions des individus mis en commun créent une sorte d’intelligence universelle. Il cite notamment les observations de Galton qui comprend, lors d’un concours bovin, que les estimations de chacun mises en commun se rapprochent au fur et à mesure du poids réel de la bête. Il faut comprendre par là que l’étendue des apports individuels sur un sujet amène progressivement à une construction objective de la réalité. C’est ce phénomène que l’on peut observer sur une plateforme du type de Wikipédia, car les définitions proposées sont une mise en commun du savoir individuel.

Le business du crowdsourcing

Mais le crowdsourcing n’est pas uniquement un moyen de développer une intelligence universelle, il est également devenu une source de revenus pour des entreprises issues du Web 2.0. Ainsi, des organisations comme Eyeka en France utilisent le crowdsourcing pour développer la communication des différentes sociétés qui la mandatent.

francoispetavy
François Pétavy, CEO de Eyeka

Notre métier, c’est d’animer une communauté de gens qui ont du plaisir à creer, imaginer, se faire plaisir(…) jouer créativement avec les marques…

Son organisation est simple : une marque passe une commande relative à un produit. Ensuite, le site met en ligne un concours auquel tout le monde peut participer. Des primes variables sont ensuite décernées aux meilleurs projets. Par ce système, la marque dépense jusqu’à 4 fois moins que lorsqu’elle mandate une agence de publicité conventionnelle.

http://https://www.youtube.com/watch?v=b1Ecx_UinYw

Comme le dit le fondateur de Eyeka, François Petavy : « Les créatifs ne sont pas chez nous, ils sont tout autour de la planète, dans 150 pays, notre métier c’est d’animer une communauté de gens qui ont du plaisir à creer, imaginer, se faire plaisir(…) jouer créativement avec les marques…. ». On ne fornit pas réellement un travail au sens traitionnel, les gens choisissent ce qu’ils font et il n’y a pas de direction donnée ni d’obligations. Les créatifs participent donc de bon coeur et l’argent est une récompense annexe.

Il faut comprendre qu’il y a plusieurs types de sollicitations qui poussent les internautes à être créatifs sur internet. D’après les travaux de Kaufmann (2011), on a effectivement constaté qu’il existe deux types de motivations à la création de contenu dans ces structures :

  • La motivation intrinsèque : L’acte dépend d’un désir interne ( accroître ses compétences, faire partie d’une communauté, etc…).
  • La motivation extrinsèque : L’individu participe en visant un but extérieur, comme recevoir de l’argent, par exemple.

Ce système permet de faire économiser de grosses sommes à des multinationales comme Coca-Cola, qui figurent déjà parmi les clients d’Eyeka. Il pourrait à terme supplanter les agences de publicité traditionnelles et donc l’ensemble des créatifs pourrait se retrouver à travailler de longues heures en risquant de n’être jamais rémunéré. Ces derniers vont donc avoir du pain sur la planche, à moins que la motivation intrinsèque ne suffise à faire vivre…

A lire ailleurs :

Sources :

(Source des images : http://crowdcommunity.de/wp-content/uploads/2014/07/Crowdsourcing_1-520×245.png http://www.cityam.com/sites/default/files/styles/medium/public/profiles/photos/francoispetavy.jpg)

Auteur : Valentin Favre

 

DU BAD BUZZ AU MARKETING VIRAL: LE CAS MIKADO

Découvrez de quelle manière une marque est capable de créer du buzz autour d’elle en alliant humour et légèreté. #MikadoStick

[slideshare id=55513915&doc=prsentation5538124-151125162541-lva1-app6892]

 

Références:

A lire ailleurs:

Celine (30 octobre 2015). Provoquer un bad buzz pour promouvoir ses produits : le cas Mikado, in Markentive, en ligne : http://www.markentive.fr/blog/provoquer-un-bad-buzz-pour-promouvoir-ses-produits-le-cas-mikado/, consulté le 20.11.15

Communication agroalimentaire (16 janvier 2015). Mikado crée le buzz avec un stick sans chocolat, in Communication agroalimentaire.com, en ligne : http://www.communication-agroalimentaire.com/2015/01/mikado-cree-le-buzz-avec-un-stick-sans-chocolat-promotion-mikado-king.html, consulté le 20.11.15

Laura D. et Xuoan D. (janvier 2015). Comment Mikado est devenu le 3ème sujet le plus discuté au monde sur Twitter, in la Réclame, en ligne : http://lareclame.fr/120398-parole-annonceur-mikado-caroline-baume , consulté le 20.11.15

Lea (9 avril 2014). Mikado remet le couvert avec une campagne décryptant nos traits de personnalité, in Le blog de CREADS, en ligne : http://www.creads.fr/blog/analyses-marketing-communication/mikado-campagne, consulté le 20.11.15

Turinay R. (20 janvier 2015). Le Bad Buzz calculé de Mikado #MikadoStick, in Webmarketing&Com, en ligne : http://www.webmarketing-com.com/2015/01/20/35145-le-badbuzz-calcule-de-mikado-mikadostick, consulté le 20.11.15

 

Source des images:

  1. http://www.influencia.net/fr/actualites/media-com,buzze,mikado-joue-hackers-avec-mikado-stick,5030.html
  2. http://www.markentive.fr/blog/provoquer-un-bad-buzz-pour-promouvoir-ses-produits-le-cas-mikado/
  3. http://www.webmarketing-com.com/2015/01/20/35145-le-badbuzz-calcule-de-mikado-mikadostick
  4. http://lareclame.fr/120398-parole-annonceur-mikado-caroline-baume
  5. http://www.communication-agroalimentaire.com/2015/01/mikado-cree-le-buzz-avec-un-stick-sans-chocolat-promotion-mikado-king.html
  6. http://lareclame.fr/120398-parole-annonceur-mikado-caroline-baume
  7. http://www.webmarketing-com.com/2015/01/20/35145-le-badbuzz-calcule-de-mikado-mikadostick
  8. http://lareclame.fr/120398-parole-annonceur-mikado-caroline-baume

 

Auteur: Sarah Pellaton