Trump et Twitter: les dessous d’une relation compliquée

Quand les gazouillis cèdent leur place aux croassements…

Les relations entre Trump et Twitter sont désormais en demi-teintes. En cause : les nouvelles règles d’utilisation instaurées par le réseau social. Alors qu’en 2017, lors d’une interview sur Fox News Donald Trump déclarait « Je pense que je ne serais peut-être pas là sans Twitter« , il accuse désormais le réseau social de censure et de partialité.

Des relations « compliquées » dès l’investiture de Trump

Si le réseau social à l’oiseau bleu a joué un rôle déterminant dans l’accession de Trump à la Maison-Blanche, ce dernier a sans aucun doute offert à Twitter une visibilité sans précédent. En 2016,  le réseau social était en proie à de graves difficultés financières et peinait à attirer et fidéliser de nouveaux utilisateurs. L’élection de Trump a été une véritable aubaine pour l’entreprise. Dès son investiture, le dirigeant américain a fait de la plateforme de micro-blogging son principal vecteur de communication, contribuant ainsi indirectement à la promotion du site. Pourtant, l’activité effrénée de Trump sur Twitter dès son investiture a mis le réseau social dans une position délicate.

Le président n’a jamais respecté les codes qui prévalaient jusque-là dans la communication politique. Il use impunément  de son compte personnel @realDonaldTrump pour y poster des propos vulgaires,  outranciers, agressifs, voire menaçants  à l’encontre des médias,  d’autres dirigeants ou de toute personne qui le dérange. Plusieurs voix se sont élevées à maintes reprises sur le continent américain et dans les pays outre- Atlantique pour demander à Twitter de suspendre le compte personnel du président arguant que ses violences verbales enfreignent les règles d’utilisation du réseau.  Le réseau social ne peut prendre une telle décision sous peine d’être accusé de censure. Il faut attendre jusqu’en 2019 pour que les cofondateurs prennent des mesures visant les messages des hommes politiques qui enfreignent les règles de plateforme.

Twitter durcit sa politique d’utilisation … Trump s’insurge …

Le 27 juin de cette année, les responsables du réseau social à l’oiseau bleu décident de masquer momentanément les tweets émanant de responsables politiques incitant à la violence et à la haine. Les messages concernés sont précédés d’un avertissement qui expliquent que leur contenu viole les règles de plateforme mais qu’ils sont quand même diffusés dans « l’intérêt public ».

Le 30 octobre dernier, Twitter annonce le bannissement de toute politique sur son réseau. Jack Dorsey, cofondateur du site explique cette décision en ces termes «Nous pensons que la portée d’un message politique doit se mériter pas s’acheter». Pour le PDG de l’entreprise, l’enjeu d’une telle mesure est la crédibilité du  réseau social  très critiqués pour ne pas avoir bloqué des campagnes de manipulation russes lors de l’élection américaine de 2016.

« Bien que la publicité sur Internet soit incroyablement puissante et très efficace pour les annonceurs commerciaux, ce pouvoir comporte des risques importants pour la politique, où il peut être utilisé pour influencer les votes et affecter la vie de millions de personnes. »

Jack Dorsey, co-fondateur et PDG de Twitter

Face à ces décisions, Donald Trump lance de nombreuses attaques contre son réseau social favori, l’accusant de censure et de partialité en faveur de ses adversaires démocrates. Visé par une procédure de destitution en pleine campagne pour un second mandat présidentiel, Donald Trump use et abuse pourtant plus que jamais de son compte Twitter pour se défendre.

Dès lors, on peut se demander si, malgré ses accusations à l’encontre de la plateforme à l’oiseau bleu, Trump va à nouveau faire de celle-ci son arme essentielle pour sa réélection ?
Si tel était le cas, on ne peut s’empêcher de repenser aux propos d’Evan Williams, cofondateur de Twitter, tenus quatre mois après l’investiture du dirigeant américain « S’il s’avère qu’il n’aurait pas été président sans Twitter, alors oui, je suis désolé ». Apparemment, le réseau social a décider de miser sur l’impartialité.

Auteure: Alexanne Sénéchaud

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