Le marketing derrière Google Maps et ses méthodes

Lorsque tu utilises Google, tu passes un pacte. Tu peux utiliser gratuitement des services tels que Gmail, Google Drive, YouTube et Google Maps. En échange, tu acceptes de partager des informations sur toi, des informations que Google peut partager avec les annonceurs afin que leurs publicités soient plus ciblées et efficaces.

Google utilise différentes méthodes pour se renseigner sur toi et pour collecter des données, mais peu savent que Google Maps est également un outil marketing très puissant pour Google.

Un exemple : l’historique des trajets. Lorsqu’il est activé, il permet à Google de savoir où tu as été et durant combien de temps. Il recueille des données sur ton trajet pour aller au travail, sur le magasin dans lequel tu fais tes courses et à quelle fréquence tu pars en vacances.
Il suit chaque étape, connaît ta routine quotidienne 
et peut la reconstruire à tout moment. Pour voir si tu as été suivi et comment arrêter l’enregistrement de l’historique des trajets, clique sur ce lien

chaque mouvement est suivi

Google peut utiliser ces données pour te donner des suggestions de produits et de services de manière directe, mais aussi de manière indirecte en «manipulant» ton planificateur d’itinéraire, suggère Matthias Gally, fondateur de Gally Websolutions GmbH.

 «La prochaine fois que vous utiliserez l’option Google Planificateur d’itinéraire, vérifiez si votre ami obtiendra la même suggestion d’itinéraire.» – Matthias Gally, fondateur de Gally Websolutions GmbH.

«Cela pourrait ne pas fonctionner sur de longues distances, mais cela pourrait affecter la façon dont il vous guide à travers le centre d’une ville. Il a été prouvé par des tests que l’itinéraire varie. Le planificateur d’itinéraire vous envoie à travers les rues qui ont des magasins, ce qui couvre mieux vos intérêts. Cela nous aide, mais en même temps, cela montre que nos données sont constamment utilisées pour le marketing», explique-t-il. 

…directement aux choses que nous aimons !

Avec cette option, Google Maps offre d’excellentes opportunités pour le marketing local, mais encourage également les utilisateurs à participer à travers la communauté Local Guides, via un système de récompense basé sur des points. Plus tu écris de commentaires et plus tu publies des photos d’un lieu, plus tu gagnes de points. Les points débloqueront différents avantages tels que plus d’espace de stockage sur Google Drive et 75% de réduction sur les locations dans la boutique de films Google Play. La mise à jour la plus récente comprend un in-store tour de photos et de vidéos en magasin.

Google promeut cet outil comme un moyen de partager les origines de ta communauté avec les autres et pour les aider à vivre une expérience locale. C’est également un outil de marketing très précieux pour Google car il peut découvrir ce que les gens recherchent, ce que les gens veulent et prendre des décisions basées sur ces découvertes. Ceci est bien sûr extrêmement utile à une grande entreprise comme Google.

Comme la phrase célèbre de Milton Friedman, prix Nobel d’économie le dit :“il n’y a pas de repas gratuit”.

Auteure : Yanina Iskhakova
Relecture : Joëlle Simonet et Loïc Zen-Ruffinen

Plus sur le programme de guide local :

Google Maps is testing video reviews with Local Guides: https://www.theverge.com/tech/2017/9/14/16307696/google-maps-video-reviews-local-guides

Google Maps updates its Local Guides program with a new points system and more levels: https://techcrunch.com/2017/06/13/google-maps-updates-it-local-guides-program-with-a-new-points-system-and-more-levels/

Local Guides Program Terms and Conditions: https://maps.google.com/localguides/rules

Sources :

How Google collects data about you and the Internet: http://royal.pingdom.com/2010/01/08/how-google-collects-data-about-you-and-the-internet/

Gally Websolutions GmbH: https://www.facebook.com/GallyWebsolutionsGmbH/videos/1493057207397841/

The Ultimate Guide to Google Maps Marketing http://www.wordstream.com/blog/ws/2015/12/03/google-maps-marketing

15 useful Google Maps tips and tricks you need to know about: https://www.digitaltrends.com/mobile/google-maps-tips-tricks/3/

Is Google tracking you? Find out here: https://www.cnet.com/how-to/how-to-delete-and-disable-your-google-location-history/ 

Quantified-self: gérer sa santé via applications

Fini les coaches sportifs, les médecins ou les diététiciens. Tous peuvent être remplacés par des applications pour smartphone. Quelques faits sur cette tendance où tout se quantifie, se compare et se partage.

Des centaines d’applications de Yoga gratuites peuvent être téléchargées sur son téléphone.

Des données à profusion

En 2017, à l’aide d’un simple smartphone et d’un objet connecté (pour les plus adeptes), tout se mesure : de la qualité du sommeil, au nombre de pas, en passant par le taux de glucose, la tension artérielle, les activités physiques ou encore le nombre de calories.

Réservée à l’époque aux sportifs d’élite, cette pratique de l’automesure s’est rapidement démocratisée à tel point qu’un utilisateur de smartphone sur deux utilise une application de santé.

« le nombre d’applications mobiles de santé est passé de 17.000 en 2010 à 97.000 en 2012 et ce marché de la “m-santé” (santé mobile) pourrait atteindre 26 milliards de dollars en 2017, avec 3,4 milliards d’utilisateurs. » Le soir.be

L’OMS recommande de marcher au minimum 10’000 pas par jour pour rester en bonne santé.

Des avantages pour tous…

Tout le monde en profite. L’idée derrière le self-tracking serait d’améliorer la qualité de vie et la santé des utilisateurs en proposant un outil de contrôle sur différents paramètres de sa vie.

Il en va ici donc de la santé publique de manière globale. Le mouvement du quantified-self, apparu il y a quelques années, a bien le mérite d’avoir pour ambition d’améliorer la santé et la qualité de vie de ses utilisateurs.

Certaines assurances ont directement saisi l’occasion pour proposer des primes personnalisées en fonction de l’activité physique des assurés. Leur devise: « qui se bouge, paie moins ». Les avis sur cette pratique sont mitigés.

Les créateurs d’applications, eux, se frottent les mains: le self-tracking représente une opportunité en or pour tout connaître sur les utilisateurs : de l’heure du déjeuner à leur humeur du moment ou encore la période d’ovulation de mesdames. C’est le Jackpot! Ces données s’échangent et s’achètent à prix fort.

Et les médecins dans tout ça?

On pourrait en effet s’imaginer que cette tendance représente un potentiel important pour le monde médical.

Or, il s’avère qu’actuellement, l’utilisation de ces applications ne profite guère aux professionnels de la santé. En voici deux raisons:

Premièrement, le rôle du sacro-saint médecin est fortement remis en cause. En effet, une étude américaine relève que 79% de la population se dit prêt à utiliser un wearable pour gérer leur santé contre 43% préférant l’aide personnalisée d’un professionnel.

Deuxièmement, selon un journal belge, seul 15% des applications du marché des applications de santé n’est dédié aux médecins et autres professionnels.

Reste à savoir comment le corps médical va adopter ces applications et profiter (ou non) de la digitalisation de son métier.

Sources: 

Sources images: 

  • http://ehealth.eletsonline.com/wp-content/uploads/2015/11/Smartphone-yoga.jpg
  • http://cdn.cultofmac.com/wp-content/uploads/2017/06/runtastic-woods.jpg
  • https://giphy.com/gifs/challenger-psychedelic-drugs-doctor-Sg5y7oNvwYKEo

Auteure: Clara Migliarini

CHINE : BIG DATA IS WATCHING YOU

Le gouvernement chinois prévoit de lancer un « Système de crédit social » en 2020. Le but de ce dispositif ? Juger du niveau de fiabilité de tous ses citoyens en leur attribuant une note globale.

Acheter en ligne, visionner du contenu ou encore interagir sur les réseaux sociaux font partie de notre quotidien. Au fil de nos navigations, nous laissons derrière nous des traces qui sont collectées par différents services. Jusqu’ici, rien de nouveau. Imaginons maintenant que ces comportements soient évalués comme positifs ou négatifs puis traduits en un seul score. Un nouveau scénario tout droit sorti de l’imagination d’Orwell ? Non, celui du gouvernement chinois, prévu pour ses citoyens en 2020.

Une note à partir des données personnelles

En juin 2014, le Conseil d’Etat de Chine publiait officiellement sa volonté de développer un système permettant d’attribuer une note de crédit social à chaque citoyen sur la base de données financières, sociales, politiques et juridiques. Le document officiel a ensuite été traduit et posté par Rogier Creemers, chercheur à l’Université d’Oxford.

Selon le gouvernement chinois, l’objectif de ce système est de renforcer la confiance à l’échelle nationale et de construire une culture de la sincérité.

Comment ça marche ? Une phase d’essai

Huit entreprises privées se sont vues octroyer une licence pour développer un projet pilote. L’un des plus connu, Sesame Credit, a été mis au point par Ant Financial Credit Group, une filiale du géant Alibaba e-commerce. Celui-ci exploite la plus grande plateforme de vente en ligne au monde.

Sesam credit prend en compte cinq facteurs pour calculer le score de ses utilisateurs :

  1. L’historique de crédit : Avez-vous payé vos factures dans les délais ?
  2. Les obligations contractuelles : Avez-vous respecté vos contrats ?
  3. Les caractéristiques personnes : Quelle est votre adresse, quel âge avez-vous ?
  4. Le comportement et les préférences : Combien de temps visionnez-vous des vidéos par jour? Quelles sont vos habitudes d’achat ?
  5. Les relations interpersonnelles : Qui sont vos amis? Quels échanges entretenez-vous à propos de la politique du pays ?

Quelles implications pour les citoyens?

Pour l’instant, la version d’essai du système de crédit social Sesame Credit n’est pas obligatoire pour les citoyens. Comment expliquer les millions de participants volontaires ? Un bon score va de paire avec certains privilèges, comme par exemple celui de se présenter en check-in VIP à l’aéroport de Beijing. Le statut social joue également un rôle : un mois après le lancement de Sesame Credit, 100’000 citoyens avaient déjà affiché leurs scores sur l’équivalent chinois de Twitter.

Le revers de la médaille ? Le gouvernement chinois a déjà publié une liste dessanctions possibles lorsque le système s’appliquera à tous les citoyens en 2020. De la connexion internet plus lente, à l’accès restreint à certains loisirs ou certaines écoles privées, un faible score affecte tous les domaines de la vie en société.

Le Système de crédit social représente le scénario catastrophe par excellence: celui d’une disparition de la vie privée par une totale mise à nu de la vie numérique.

A lire ailleurs : 

(Source des images : media.breitbart.com/media/2015/09/chinag-cyber-hackers-Reuters-640×480.jpg / https://img.washingtonpost.com/rf/image_1484w/2010-2019/WashingtonPost/2016/10/21/Foreign/Images/China_SocialCreditSS.jpg?uuid=ttmVlpeWEea7Kb8nAdvgow)

Auteur : Floriane Siegenthaler

Relecture : Julia Siegenthaler

CRYSTAL, MON PETIT PSYCHOLOGUE DE POCHE

À la convergence entre la psychologie, la technologie et la communication, l’application Crystal puise dans le big data des informations sur les utilisateurs du web afin d’en dévoiler le profil psychologique et de proposer un mode d’interaction adapté.

Quatre interlocuteurs, quatre personnalités, quatre manières de proposer un rendez-vous :

 

Dans cet exemple, les contacts sont de véritables personnes – y compris l’auteure de cet article – mais les e-mails sont rédigés par un logiciel.

Comment ça fonctionne ?

La superposition de toutes les traces laissées sur le web – consciemment ou non – constituent l’identité numérique.

L’application Crystal en extrait les informations accessibles dans les bases publiques de données pour les passer au crible d’un modèle psychologique éprouvé, le Myers Briggs Type Indicator. Le résultat de son analyse révèle pour chaque utilisateur du web :

  • un profil psychologique (parmi 16) ;
  • un mode d’interaction et un style de communication à adopter ;
  • une description du type de relation attendue entre la personne et soi-même.

Comment accéder aux résultats de Crystal ?

Moyennant un paiement pour les fonctionnalités les plus élaborées, les résultats de base de Crystal sont gratuits et accessibles de trois manières :

  • indiquer un nom ou une adresse e-mail dans la base de données de Crystal ;
  • importer ses contacts Google dans Crystal ;
  • télécharger l’extension Crystal du navigateur Chrome de Google qui fonctionne avec Gmail et LinkedIn.

Quelle fiabilité ?

La présence sur le web n’est pas la même pour tous. Crystal propose un indice de confiance se basant sur le volume d’informations collectées et la diversité des sources. Chacun peut affiner son propre profil en remplissant un test de personnalité sur le site de Crystal.

La peur du big data 

Les algorithmes qui exploitent le big data vont sans doute s’affuter à l’avenir, quant aux identités numériques, elles vont s’étoffer. Recrutement, marketing, management ; il est probable que des applications comme Crystal deviennent dans le futur d’indispensables béquilles.

Or, l’utilisation du big data par Crystal atteint un degré d’intrusion élevé, provoquant à la fois fascination et peur.

« People are extremely intrigued and creeped out at the same time. » Drew D’Agostino, fondateur de Crystal

Louise Merzeau, spécialiste de l’identité numérique, propose alors à l’utilisateur de se ré-approprier ses traces sur le web plutôt que de craindre leur utilisation.

« […] plutôt qu’exhorter l’utilisateur à protéger ses données apprenons-lui à leur affecter des finalités en fonction de ses attentes et des intérêts de sa communauté. » Louise Merzeau (2013)

Crystal, ou comment apprivoiser son identité numérique.


Références :

  • ERTZSCHEID, Olivier. « Qu’est-ce que l’identité numérique ? Enjeux, outils, méthodologies. » Nouvelle édition [en ligne]. Marseille : OpenEdition Press, 2013. http://books.openedition.org/oep/332 consulté le 3 décembre 2017
  • MERZEAU Louise. L’intelligence des traces. Intellectica – La revue de l’Association pour la Recherche sur les sciences de la Cognition (ARCo), Association pour la Recherche sur la Cognition, 2013, 1 (59), p.115-135. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01071211 consulté le 3 décembre 2017
  • https://www.crystalknows.com/ consulté le 3 décembre 2017

A lire ailleurs :

Source des images :

Auteure : Fabienne Bagnoud

Dans cet article, l’emploi du masculin pour désigner des personnes n’a d’autres fins que celle d’alléger le texte.