Crowdsourcing : l’intelligence collective en tant qu’avenir de l’innovation

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Actuellement, de plus en plus d’entreprises et d’organisations du secteur public délaissent les processus d’innovation traditionnels et se tournent vers le Crowdsourcing pour générer des idées et des réponses à leurs problèmes. Ainsi, les entreprissent peuvent exécuter des tâches plus rapidement et plus efficacement. 

Comprendre le crowdsourcing

Le terme « crowdsourcing » a été introduit pour la première fois par Jeff Howe en 2006. Il s’agit d’un concept où les entreprises utilisent Internet comme une plateforme pour externaliser une partie de leur travail au grand public. Ainsi, les personnes peuvent partager leurs connaissances et leur sagesse pour élaborer de meilleurs produits. Le crowdsourcing peut également être élargi pour inclure le public à s’engager activement dans un processus d’innovation à grande échelle.

Avec l’évolution du crowdsourcing, le concept a été appliqué à un large éventail de domaines, allant de tâches très simples, comme nommer un nouveau-né, à des tâches plus compliquées, telles que la détection de cratères lunaires par des amateurs. Les acteurs les plus célèbres dans le domaine sont Wikipédia et Google Translate qui permettent la collaboration en ligne. Dès lors, tout un chacun est libre de modifier le contenu ce qui rend l’information plus puissante.

https://github.com/bounswe/bounswe2015group5/wiki/Crowdsourcing
Le processus collectif d’innovation ouverte, l’innovation dirigée par l’utilisateur, la co-création, la co-conception à travers des plateformes sont la manifestation de la reconnaissance de l’innovation productive communautaire.

Comme l’utilisation du Web 2.0 a considérablement augmenté au cours des dix dernières années, le crowdsourcing a pu se développer. L’externalisation des activités est maintenant une pratique établie qui est traditionnellement effectuée par de petits groupes de professionnels qui se tournent vers une communauté inconnue.

L’intelligence collective

Ainsi, au lieu d’embaucher des experts, les entreprises et les organisations utilisent l’intelligence collective générée par les communautés en ligne pour accomplir certaines tâches. Dès lors, les processus deviennent plus rapides et plus rentables.

L’intelligence de masse permet une créativité illimitée quant à l’exploration de nouveaux modes d’utilisation de produits.

“We are confident that crowdsourcing is the only sustainable approach to innovation.” Epirot Ludvik Nekaj, PDG et fondateur de Ludvik + Partners, une agence de publicité en ligne célèbre qui utilise le crowdsourcing en tant qu’une forme de marketing.

Presque toutes les grandes marques (p. ex. Lego, Starbucks, Kraft, Facebook, BMW) de notre vie quotidienne sont à la recherche d’innovations de produits ou services qui pourront répondre aux besoins des utilisateurs.

Il est intéressant de constater que le développement du crowdsourcing se fait même dans les domaines de la politique et des sciences. Ainsi, le crowdsourcing permet de trouver des remèdes pour des maladies mystérieuses, résoudre des problèmes liés aux stations spatiales ou encore aider à la recherche génétique.

Les entreprises qui veulent utiliser le crowdsourcing peuvent facilement s’inscrire sur l’une des nombreuses plateformes existantes. Elles n’auront plus qu’à attendre que les freelances répondent à leurs questions tout en supervisant le processus de dévouement.

Précautions : « Trop de cuisiniers gâtent la sauce »

Une grande foule peut facilement générer une grande quantité d’idées. Toutefois, il faut encore que les idées générées soient de qualité suffisante et exploitable.

Avant de se lancer dans l’aventure du crowdsourcing, il est aussi important de se poser les questions suivantes : qui a le temps de gérer et de contrôler toutes ces idées ? Est-il juste qu’un expert gagne de l’argent pour ses idées alors que la foule n’est pas payée ?

Prudence, avant de se jeter dans la foule.

https://boxmusic.club/508/stage-diving-accidents/

A lire ailleurs:

Sources:

Deloitte U.K. (2016): The three billion Enterprise crowdsourcing and the growing fragmentation of work. https://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/us/Documents/strategy/us-cons-enterprise-crowdsourcing-and-growing-fragmentation-of-work.pdf

Dogson, J. (2016). How to get involved with NASA: Crowdsourcing ideas for Mars houses, robots, and space poop. In: [en ligne], URL: http://www.businessinsider.com/how-to-get-involved-with-nasa-2016-11

Olenski, S. (2012): Crowdsourcing Breaks The Enterprise Glass Ceiling. In [en ligne], URL: http://www.forbes.com/sites/marketshare/2012/03/07/crowdsourcing-breaks-the-enterprise-glass-ceiling/2/#4a49c567245b

Stevens, D. Crowdsourcing: Pros, Cons, and More. In [en ligne], URL: http://www.hongkiat.com/blog/what-is-crowdsourcing/

Vidéohttps://www.youtube.com/watch?v=WE6qxesAjgA

Imageshttps://github.com/bounswe/bounswe2015group5/wiki/Crowdsourcing https://www.spigit.com/4-crowdsourcing-innovation-myths/ https://boxmusic.club/508/stage-diving-accidents/

Auteure : Sybille Holtkamp.

L’innovation, de fermée à ouverte !

« Tous les experts d’un domaine ne travaillent pas forcément dans votre société : vous en avez 500 chez vous, mais il en existe peut-être 50 000 dans le monde. Pourquoi vous priver des 49 500 autres ? » Procter&Gamble

Le terme d’innovation ouverte fut popularisé en 2003 par Henry Chesbrough à la suite de son ouvrage: « Open innovation : the new imperative for creating and profiting from technology« , qui décrit de nouvelles pratiques liées aux processus de recherche et de développement (R&D) utilisés par certaines entreprises.

De l’innovation fermée à l’innovation ouverte

Traditionnellement, le processus de R&D est visualisé comme un entonnoir clos. L’ensemble des idées provenant de l’entreprise est évalué à l’interne. Une fois sélectionnées, celles-ci sont développées avec la technologie propre à l’entreprise. Par la suite, celles qui se révèlent être un succès sont envoyées sur le marché traditionnel. La Figure 1 ci-dessous démontre la simplicité du modèle mais aussi son aspect endogène limitant les performances.

Innovation fermée

 

 

 

 

Le modèle ouvert permet, quant à lui, une plus grande flexibilité, visuellement démontrée par les « trous » parsemant l’entonnoir. En effet, ces ouvertures permettent d’interagir avec l’extérieur et de partager autant les idées que la technique. Une entreprise peut prendre part à ce processus de deux manières différentes :

  1. Outside-in: appel à des ressources (idées, technologies, etc.) externes;
  2. Inside-out: externalisation de certaines des ressources internes.

figure 2

 

 

 

 

Ces deux distinctions permettent aux innovations d’échapper au processus traditionnel et d’atteindre des buts différents :

  • Immiscion dans le marché d’autres entreprises, par la mise à disposition de licences ou la vente des brevets;
  • Atteinte d’un nouveau marché par la diversification grâce à des technologies, des idées externes ainsi que la création de nouvelles filiales (spin-out);
  • Consolidation du marché traditionnel en utilisant des ressources externes permettant d’augmenter l’efficacité.

Un système possédant une telle liberté permet des améliorations. D’une part, les innovations sont plus nombreuses et de meilleure qualité. D’autre part, les départements R&D gagnent en productivité, notamment en diminuant les coûts et les délais ainsi qu’en se réorganisant sur des recherches plus spécifiques d’une importance supérieure pour l’entreprise.Figure 3

 

 

 

 

Les plates-formes d’innovation ouverte

Un grand nombre de site internet se sont spécialisés dans l’innovation ouverte. Leur concept est simple : un « demandeur » pose une question et plusieurs personnes externes fournissent des solutions. Le but est d’obtenir des réponses pertinentes aux problèmes énoncés ou de faire un brainstorming sur certains sujets. Ainsi, cela permet au demandeur ,souvent représenté par une entreprise, d’obtenir des réponses externes. Dans la majorité des cas, les organisations motivent la communauté de « fournisseurs » en offrant à la personne ayant avancé l’idée la plus pertinente une certaine somme d’argent.

De manière générale, deux groupes de plates-formes d’innovation ouverte se distinguent. L’une fait appel à l’intelligence collective (crowdsourcing), alors que l’autre recherche un expert rare. La première permet de toucher un large public et d’obtenir des réponses ou des idées sur des sujets basiques. La seconde permet de répondre à un problème précis et complexe qui nécessite l’analyse d’un spécialiste qui spécifie son domaine d’expertise lors de son adhésion au site internet.

 Un site suisse : Atizo

Atizo est un site d’innovation ouverte de type crowdsourcing, créé en Suisse en 2008 par la société Open Innovation Sàrl. Il permet aux entreprises de poster des annonces présentées comme des projets. L’annonceur donne un titre et une brève description. Il indique également la durée d’activité de la publication, les langues de réponses acceptées, ainsi que le montant de la prime offerte au vainqueur. Dès lors, la communauté peut participer et proposer ses idées. De plus, il existe la possibilité de commenter et d’évaluer les propositions afin de mettre en valeur celles qui ont le plus de succès.

Le site reste sobre et se focalise sur les projets en cours. Cependant, il existe aussi un système communautaire qui permet de prendre contact avec d’autres membres ou de s’informer des classements à l’aide d’un système d’attribution de points. Des entreprises telles que Neslté, CFF, Coop et Ramseier publient régulièrement des annonces, ce qui permet au site de jouir d’une bonne réputation et d’accroître sa communauté. Cependant, la grande majorité des publications se font en allemand, ce qui a pour effet de décourager les internautes francophones et italophones, dont l’absence se fait ressentir.

Figure 4

 

 

 

Les sites d’innovation ouverte offrent de nombreux avantages. Ils permettent aux entreprises d’être plus performantes notamment en ayant accès à un ensemble de connaissances de plus grande ampleur. Les internautes quant à eux, se satisfont d’une récompense pécuniaire intéressante et de la fierté de participer à l’élaboration d’un produit d’entreprise. Tant qu’ils seront motivés, ils continueront à participer à ce genre d’innovation comme le démontre l’exemple de Nestlé qui a reçu plus 700 propositions de nom de pâtes. De plus, sachant que l’innovation ouverte en est seulement à ses débuts, ces sites ont encore de beaux jours devant eux et une belle marge de progression.

Auteur : Sven Peter

Webographie :

Indexlab (09.04.15), « Open Source VS Open Innovation« http://www.idexlab.com/blog/fr/tag/innovation-ouverte, Consulté le 30.11.15

Wikipédia, « Innovation ouverte« , https://fr.wikipedia.org/wiki/Innovation_ouverte, Consulté le 30.11.15

Ecdys consulting, « L’innovation ouverte : modèles d’organisation« , http://www.ecdys.com/innovation-competitive/linnovation-ouverte-et-ses-formes-dorganisation/, Consulté le 30.11.15

Atizo, https://www.atizo.com/projects/ideas/4309/gib-unserer-limited-edition-einen-namen/id/281/, Consulté le 30.11.15

Communiqué de presse, Atizo (12.09.08), https://www.atizo.com/docs/080917_Atizo_information_de_presse.pdf

Innovation partagée (29.12.09), « Innovation ouverte en France », http://www.innovationpartagee.com/Blog/archives/innovation-ouverte-en-france/, Consulté le 30.11.15

Mémoire online, « Définition du concept d’innovation ouverte par Chesbrough (2003)« , http://www.memoireonline.com/12/08/1719/m_Facteurs-de-stimulation-de-la-creativite-et-efficacite-dun-processus-de-creativite-croisee3.html, Consulté le 30.11.15

Sources images :

Image à la une : http://openinnovation.fr/wp-content/uploads/2015/05/open-innovation-2.jpg

Figure 1: http://www.ecdys.com/wp-content/uploads/2011/03/chesbrough.png

Figure 2: http://www.innovationpartagee.com/Pictures/Innovation%20ouverte.gif

Figure 3:http://www.ecdys.com/wp-content/uploads/2011/03/chesbrough.png

Figure 4: Capture d’écran de : https://www.atizo.com/projects/ideas/4309/gib-unserer-limited-edition-einen-namen/

Le crowdsourcing compétitif : l’exemple d’eYeka.

Depuis quelques années déjà, le crowdsourcing se fraye un chemin dans la jungle du Web 2.0. Innovante, fun et créative, la plateforme eYeka est un exemple concret de crowdsourcing compétitif.

Qu’est-ce que le crowdsourcing compétitif?

Le terme de crowdsourcing est la contraction de crowd qui signifie la foule et sourcing qui signifie l’approvisionnement. Apparu pour la première fois en 2006 avec l’auteur James Howe, le crowdsourcing peut être défini comme le recours à une communauté externe à l’entreprise afin de bénéficier d’un savoir-faire nouveau pour réaliser des projets sous forme de compétition.

 Qu’est-ce qu’eYeka ?

eYeka est une plateforme de co-création qui regroupe 320’000 créateurs prêts à offrir leurs services à une marque. Les marques proposent des projets rémunérés sous forme de concours à l’ensemble de la communauté.

eYeka propose un crowdsourcing principalement axé autour du marketing. On se trouve à mi-chemin entre le marketing participatif et le crowdsourcing. Les marques peuvent demander des projets purement marketing comme la création de publicités ou de packaging. Mais certaines vont plus loin et intègrent complètement la notion de crowdsourcing en demandant aux créateurs des projets sur la conception totale d’un nouveau produit.

La page d'accueil de la plateforme eYeka.
La page d’accueil de la plateforme eYeka.

Le fonctionnement est simple : le créateur choisit un projet sur lequel il veut travailler et soumet son projet à eYeka. La plateforme s’occupe ensuite de transmettre les idées réalisables à la marque.

Quelles motivations pour les internautes ?

Pour qu’une plateforme de crowdsourcing fonctionne, il faut inciter la participation et donner des motivations aux créateurs. Avec eYeka, on peut citer 5 motivations principales :

  • Rémunération
  • Reconnaissance individuelle
  • Appartenance à une communauté
  • Perspectives professionnelles
  • Développer des compétences

A noter que les récompenses futures, comme les perspectives professionnelles ou les motivations sociales en général comptent beaucoup pour les créateurs.

« Thanks to eYeka I worked with Shazam and opened my own agency ! » Créateur ayant gagné un concours sur eYeka, ce qui lui a permis de développer ses compétences professionnelles.

 Quels bénéfices pour les marques ?

L’avantage de ces plateformes de crowdsourcing réside dans son fonctionnement à double sens. Le créateur obtient des récompenses matérielles ou non matérielles selon les motivations, mais la marque profite aussi d’avantages. Cette grande communauté de créateurs permet aux marques d’obtenir des idées nouvelles et originales. Les marques profitent d’une créativité quasi sans limites. Le temps d’exécution est également écourté grâce au nombre important de participants. Et finalement, les coûts peuvent être réduits grâce à cette méthode.

Malgré les critiques, les plateformes de crowdsourcing continuent d’attirer les internautes intéressés par leur communauté. Il y a également un travail de fidélisation avec les créateurs déjà participants. Les plateformes comme eYeka doivent donner l’envie de participer et d’entrer en compétition avec d’autres créateurs. Il faut alors montrer aux participants les bénéfices de leur travail et leur rappeler que c’est fun, mais aussi que c’est utile pour développer leurs compétences et mettre en avant leur esprit créatif.

A lire ailleurs:

Sources :

(Sources des images: http://stantonallen.co.uk/wp-content/uploads/2014/05/Crowdsource-image.jpg, www.fr.eyeka.com)

Auteur : Camille Bielmann

LE CROWDSOURCING, UN NOUVEAU BUSINESS « COMMUNAUTAIRE »?

Le crowdsourcing est une plateforme par laquelle on sollicite la participation des foules au développement d’un produit ou d’une idée, par exemple. Mais il peut aussi être un moyen détourné de faire de grosses économies en profitant de la foule créative.

La vache de Galton

 Selon James Surowiecki dans son livre de 2004 «La sagesse des foules», les savoirs et les intuitions des individus mis en commun créent une sorte d’intelligence universelle. Il cite notamment les observations de Galton qui comprend, lors d’un concours bovin, que les estimations de chacun mises en commun se rapprochent au fur et à mesure du poids réel de la bête. Il faut comprendre par là que l’étendue des apports individuels sur un sujet amène progressivement à une construction objective de la réalité. C’est ce phénomène que l’on peut observer sur une plateforme du type de Wikipédia, car les définitions proposées sont une mise en commun du savoir individuel.

Le business du crowdsourcing

Mais le crowdsourcing n’est pas uniquement un moyen de développer une intelligence universelle, il est également devenu une source de revenus pour des entreprises issues du Web 2.0. Ainsi, des organisations comme Eyeka en France utilisent le crowdsourcing pour développer la communication des différentes sociétés qui la mandatent.

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François Pétavy, CEO de Eyeka

Notre métier, c’est d’animer une communauté de gens qui ont du plaisir à creer, imaginer, se faire plaisir(…) jouer créativement avec les marques…

Son organisation est simple : une marque passe une commande relative à un produit. Ensuite, le site met en ligne un concours auquel tout le monde peut participer. Des primes variables sont ensuite décernées aux meilleurs projets. Par ce système, la marque dépense jusqu’à 4 fois moins que lorsqu’elle mandate une agence de publicité conventionnelle.

Comme le dit le fondateur de Eyeka, François Petavy : « Les créatifs ne sont pas chez nous, ils sont tout autour de la planète, dans 150 pays, notre métier c’est d’animer une communauté de gens qui ont du plaisir à creer, imaginer, se faire plaisir(…) jouer créativement avec les marques…. ». On ne fornit pas réellement un travail au sens traitionnel, les gens choisissent ce qu’ils font et il n’y a pas de direction donnée ni d’obligations. Les créatifs participent donc de bon coeur et l’argent est une récompense annexe.

Il faut comprendre qu’il y a plusieurs types de sollicitations qui poussent les internautes à être créatifs sur internet. D’après les travaux de Kaufmann (2011), on a effectivement constaté qu’il existe deux types de motivations à la création de contenu dans ces structures :

  • La motivation intrinsèque : L’acte dépend d’un désir interne ( accroître ses compétences, faire partie d’une communauté, etc…).
  • La motivation extrinsèque : L’individu participe en visant un but extérieur, comme recevoir de l’argent, par exemple.

Ce système permet de faire économiser de grosses sommes à des multinationales comme Coca-Cola, qui figurent déjà parmi les clients d’Eyeka. Il pourrait à terme supplanter les agences de publicité traditionnelles et donc l’ensemble des créatifs pourrait se retrouver à travailler de longues heures en risquant de n’être jamais rémunéré. Ces derniers vont donc avoir du pain sur la planche, à moins que la motivation intrinsèque ne suffise à faire vivre…

A lire ailleurs :

Sources :

(Source des images : http://crowdcommunity.de/wp-content/uploads/2014/07/Crowdsourcing_1-520×245.png http://www.cityam.com/sites/default/files/styles/medium/public/profiles/photos/francoispetavy.jpg)

Auteur : Valentin Favre

 

Quand l’argent ne fait pas le crowdsourcing: l’exemple de Wikipédia

La rémunération est la motivation la plus importante pour les participants d’un crowdsourcing, mais ce n’est pas la seule. Les motivations intrinsèques ont un grand rôle à jouer et ne doivent pas être négligées.

More than just money?

Le crowdsourcing est le terme utilisé lorsque des entreprises font appel à un grand nombre de personnes extérieures, afin de mettre à profit leurs compétences et leurs idées pour réaliser certaines tâches. Les bénéfices qu’en tirent les entreprises sont très clairs : trouver de nouvelles idées créatives à moindre coût, tout en mobilisant les clients potentiels et leur permettre de s’investir. Mais quelles sont les motivations des participants ?

Dans un article de 2011, Kaufmann et al. argumentent que les motivations des travailleurs à participer au crowdsourcing ne se résument pas simplement à l’argent qu’ils y gagnent. En effet, la rémunération fait partie des motivations extrinsèques au participant, mais Kaufmann met également en avant l’importance des motivations intrinsèques, c’est-à-dire où l’individu effectue une action afin de valoriser un désir interne, et non pas pour l’obtention d’un résultat final tel qu’un paiement ou une récompense.

Kaufmann et al. ont développé une liste de sept motivations intrinsèques différentes, dont voici trois exemples :

Le schéma détaillé des motivations par Kaufmann et al. (2011)
Le schéma détaillé des motivations par Kaufmann et al. (2011)
  • Skill Variety: le travailleur a un talent particulier qu’il est fier de mettre au service de l’entreprise pour résoudre une tâche ;
  • Task Autonomy: une grande liberté est donnée au participant, ce qui lui permet de faire part de sa créativité ;
  • Community Identification: le travailleur est motivé car il adopte inconsciemment les normes et les valeurs de la communauté de crowdsourcing, car il s’identifie personnellement avec celle-ci.

Dans leur article, Kaufmann et al. expliquent que bien que le paiement immédiat ressorte comme étant la motivation principale pour participer au crowdsourcing, tout ce qui est de l’ordre de l’intrinsèque vient juste ensuite et a une grande importance :

“Overall, intrinsic motivation seems to dominate its extrinsic counterpart, as the corresponding constructs are ranked higher predominantly. Especially the category Fun & Enjoyment sticks out.”

Wikipédia, du crowdsourcing non-rémunéré

Une preuve que les participants ne sont pas motivés uniquement par l’argent est le fait qu’il existe du crowdsourcing non-payé. L’exemple le plus souvent cité et le plus connu de tous est le site Wikipédia.

Cette encyclopédie online et collective regroupe les connaissances de personnes venant du monde entier. Elle est disponible dans plus de 200 langues et elle est totalement gratuite, car elle fonctionne grâce à un système de dons. De ce fait, les internautes qui permettent son enrichissement ne sont jamais rémunérés, et pourtant ils sont nombreux à participer chaque jour.

Le logo du site reflète d’ailleurs bien ce crowdsourcing international:

Le logo actuel de Wikipédia, représentant son crowdsourcing international.
Le logo de Wikipédia reflète son crowdsourcing mondial.
  • La forme de la Terre représente les participants ainsi que les utilisateurs qui viennent du monde entier ;
  • Les pièces de puzzle signifient que l’encyclopédie n’est jamais finie, elle est sans cesse en construction, et a donc toujours besoin de l’enrichissement apporté par les internautes ;
  • Les signes qui viennent de différents systèmes d’écriture montrent son aspect multilingue.

En conclusion, la rémunération n’entrant pas en compte dans la participation à la création du contenu de Wikipédia, ce sont bel et bien les motivations intrinsèques qui priment, comme le fait de mettre son savoir au service des autres.

A lire ailleurs :

(Source des images : https://crowdsourcedtesting.com/resources/wp-content/uploads/2014/04/Crowdsourcing.jpg / https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/8/80/Wikipedia-logo-v2.svg/1122px-Wikipedia-logo-v2.svg.png)

Auteur: Anaïs Henry

99designs ou le crowdsourcing compétitif auprès d’une communauté de créatifs

En panne d’inspiration créative ? Découvrez la pratique du crowdsourcing compétitif au travers de 99designs, LA place de marché du design graphique.

Le Crowdsourcing compétitif et ses motivations

Qu’est-ce que le Crowdsourcing compétitif ?

Le concept de crowdsourcing a été développé par Howe en 2006 et illustre le recours à la foule dans une démarche de création de valeur. La réussite du crowdsourcing dépend directement de la motivation à participer des consommateurs. Une des manières de solliciter celle-ci est de mettre en compétition les participants. On parlera alors de crowdourcing compétitif.

Comment ça marche ?

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La compétition comme stimulant

Les crowdsourcers proposent des concours qui vont permettre de fournir des solutions concurrentielles à forte valeur ajoutée. En effet, les participants – de par leur indépendance, diversité et compétition – vont apporter le meilleur d’eux-mêmes pour remporter le challenge.

Qu’est-ce ce qui pousse une communauté à participer ?

Les compétiteurs ont pour principale ambition de remporter le challenge créatif. La communauté est donc un facteur peu important dans le crowdsourcing compétitif : les membres ont relativement peu d’interactions entre eux. Le plaisir de participer est une motivation intrinsèque majeure, tandis que les récompenses (immédiates et futures, voir Kaufman & al., 2011) sont des motivations extrinsèques incontournables. D’ailleurs, la plupart des plateformes de crowdsourcing compétitives rémunèrent leurs gagnants.

« Cette démarche est avantageuse pour le crowdsourcer : il bénéficie de maintes propositions pour un coût moindre et dans des délais défiant parfois toute concurrence » (Renault, 2015)

99designs : une plateforme qui ne manque pas de créativité

99designs pour les crowdsourcers :

La place de marché du design graphique
La place de marché du design graphique

99designs est la plus grande place de marché en ligne du monde dédiée au design graphique. Cette plateforme offre une marge de créativité qu’un designer free-lance ou qu’un salarié d’une entreprise ne pourrait offrir. Le crowdsourcer fait un appel d’offres correspondant à ses besoins moyennant un paiement. Après quoi, il attend les propositions de la foule, il choisit un gagnant et obtient la propriété intellectuelle de la création.

99designs pour les designers :

La conquête des designers est toute autant importante que celle des clients, car il faut que la plateforme propose à la fois qualité et quantité. Les membres designers se situent généralement entre les professionnels et les amateurs. Il reste néanmoins essentiel pour 99designs de mettre à disposition une plateforme accueillante, professionnelle, mais surtout sécurisée.

Malgré tous les avantages que peuvent offrir de telles plateformes, la pratique du crowdsourcing compétitif est remise en question. Qu’en est-il du dicton « tout travail mérite salaire» ? De nombreuses personnes vont s’investir dans un travail qui risque de ne recevoir aucune récompense. Est-il juste ou encore éthique de faire travailler la foule sans la rémunérer ? De plus, ces pratiques sont très souvent critiquées, car destructrices d’emploi. Ces plateformes sont beaucoup plus compétitives en terme de prix, de temps et de risques que des agences professionnelles ou des designers freelance. Le crowdsourcing compétitif va-t-il remplacer définitivement les professionnels du domaine ?

A lire ailleurs :

Références :

  • Howe J., « The rise of crowdsourcing », Wired, 2006
  • Kaufman N., Schulze T. & Veit D., « More than fun and money. Worker Motivation in Crowdsourcing – A study on Mechanical Turk », AMCIS Proceedings, 2011.
  • Renault S., « Comment orchestrer la participation de la foule à une activité de crowdsourcing ? La taxonomie des 4 C. », Systèmes d’information & management 1/2014 (Volume 19), p. 77-105
  • Renault S., « Crowdsourcing compétitif : ressorts et enjeux », Recherches en Sciences de Gestion 2014/2 (N° 101), p. 59-80.

(source des images : https://rikkoboni.wordpress.com/supports-visuels-de-presentions-orales / https://www.pinterest.com/pin/453385887457912350  / https://pando.com/2012/01/24/get-over-it-haters-99designs-has-tipped/)

 

Auteur : Sarah Pellaton