Quand l’argent ne fait pas le crowdsourcing: l’exemple de Wikipédia

La rémunération est la motivation la plus importante pour les participants d’un crowdsourcing, mais ce n’est pas la seule. Les motivations intrinsèques ont un grand rôle à jouer et ne doivent pas être négligées.

More than just money?

Le crowdsourcing est le terme utilisé lorsque des entreprises font appel à un grand nombre de personnes extérieures, afin de mettre à profit leurs compétences et leurs idées pour réaliser certaines tâches. Les bénéfices qu’en tirent les entreprises sont très clairs : trouver de nouvelles idées créatives à moindre coût, tout en mobilisant les clients potentiels et leur permettre de s’investir. Mais quelles sont les motivations des participants ?

Dans un article de 2011, Kaufmann et al. argumentent que les motivations des travailleurs à participer au crowdsourcing ne se résument pas simplement à l’argent qu’ils y gagnent. En effet, la rémunération fait partie des motivations extrinsèques au participant, mais Kaufmann met également en avant l’importance des motivations intrinsèques, c’est-à-dire où l’individu effectue une action afin de valoriser un désir interne, et non pas pour l’obtention d’un résultat final tel qu’un paiement ou une récompense.

Kaufmann et al. ont développé une liste de sept motivations intrinsèques différentes, dont voici trois exemples :

Le schéma détaillé des motivations par Kaufmann et al. (2011)
Le schéma détaillé des motivations par Kaufmann et al. (2011)
  • Skill Variety: le travailleur a un talent particulier qu’il est fier de mettre au service de l’entreprise pour résoudre une tâche ;
  • Task Autonomy: une grande liberté est donnée au participant, ce qui lui permet de faire part de sa créativité ;
  • Community Identification: le travailleur est motivé car il adopte inconsciemment les normes et les valeurs de la communauté de crowdsourcing, car il s’identifie personnellement avec celle-ci.

Dans leur article, Kaufmann et al. expliquent que bien que le paiement immédiat ressorte comme étant la motivation principale pour participer au crowdsourcing, tout ce qui est de l’ordre de l’intrinsèque vient juste ensuite et a une grande importance :

“Overall, intrinsic motivation seems to dominate its extrinsic counterpart, as the corresponding constructs are ranked higher predominantly. Especially the category Fun & Enjoyment sticks out.”

Wikipédia, du crowdsourcing non-rémunéré

Une preuve que les participants ne sont pas motivés uniquement par l’argent est le fait qu’il existe du crowdsourcing non-payé. L’exemple le plus souvent cité et le plus connu de tous est le site Wikipédia.

Cette encyclopédie online et collective regroupe les connaissances de personnes venant du monde entier. Elle est disponible dans plus de 200 langues et elle est totalement gratuite, car elle fonctionne grâce à un système de dons. De ce fait, les internautes qui permettent son enrichissement ne sont jamais rémunérés, et pourtant ils sont nombreux à participer chaque jour.

Le logo du site reflète d’ailleurs bien ce crowdsourcing international:

Le logo actuel de Wikipédia, représentant son crowdsourcing international.
Le logo de Wikipédia reflète son crowdsourcing mondial.
  • La forme de la Terre représente les participants ainsi que les utilisateurs qui viennent du monde entier ;
  • Les pièces de puzzle signifient que l’encyclopédie n’est jamais finie, elle est sans cesse en construction, et a donc toujours besoin de l’enrichissement apporté par les internautes ;
  • Les signes qui viennent de différents systèmes d’écriture montrent son aspect multilingue.

En conclusion, la rémunération n’entrant pas en compte dans la participation à la création du contenu de Wikipédia, ce sont bel et bien les motivations intrinsèques qui priment, comme le fait de mettre son savoir au service des autres.

A lire ailleurs :

(Source des images : https://crowdsourcedtesting.com/resources/wp-content/uploads/2014/04/Crowdsourcing.jpg / https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/8/80/Wikipedia-logo-v2.svg/1122px-Wikipedia-logo-v2.svg.png)

Auteur: Anaïs Henry

Le bad buzz sur les réseaux sociaux: le cas des Enfoirés

En février 2015, les Enfoirés ont sorti leur nouvelle chanson. Elle a directement engendré un bad buzz d’une ampleur assez importante. Cette présentation montre comment l’organisation a géré cette crise sur trois médias sociaux: Facebook, Twitter et Youtube, et comment le bad buzz a été dépassé.

 

Auteur: Anaïs Henry

L’IDENTITE NUMERIQUE POST-MORTEM : UNE NOUVELLE NOTION A GERER

Comment gérer l’identité numérique et toutes les données d’une personne sur le Web, lorsque celle-ci décède ? C’est une nouvelle question à laquelle les médias sociaux doivent trouver des solutions. 

Notre identité numérique est la somme de nos traces sur internet.
Notre identité numérique est la somme de nos traces sur internet.

Facebook et sa gestion des profils post-mortem 

Notre identité numérique est la somme de toutes nos traces laissées sur internet, donc tous nos mouvements et actions sur le Web. Ceci soulève une nouvelle question : qu’advient-il de toutes ces traces lorsque nous décédons ? La littérature et les recherches concernant ce sujet sont encore très minces, mais elles soulèvent déjà d’importantes problématiques, par exemple dans cette citation de Fanny Georges, Virginie Julliard, Hélène Bourdeloie et Nelly Quemener :

On peut s’interroger sur les enjeux symboliques, éthiques, sociaux, juridiques et économiques de ces nouvelles représentations de la mort qui […] invitent à concevoir de nouvelles formes d’éternités numériques.

Un exemple important de ces traces est le profil Facebook que nous créons lorsque nous nous inscrivons sur le site. Toutes nos photos, nos statuts, nos messages, ou encore nos mentions « like » forment une grande partie de notre identité numérique

En 2009, Facebook avait mis en place un système permettant aux proches d’une personne décédée de faire une demande afin de transformer le profil en une page commémorative. Seuls les amis avaient ensuite accès à la page. En 2014, le site a changé sa politique et a décidé de laisser les pages des anciens utilisateurs en l’état, afin que tout le monde y ait accès, et également de proposer des vidéos « Look Back » qui permettaient aux proches de revivre les instants forts partagés par le/la défunt(e).

Facebook est en train de lancer un système, permettant de choisir un hériter de notre profil.
Facebook est en train de lancer un système permettant de choisir un hériter pour notre profil.

En 2015, le média social a annoncé qu’une nouvelle fonction serait bientôt disponible. En effet, les utilisateurs pourront prochainement gérer les paramètres et décider de l’avenir de leur profil après leur mort, notamment en nommant une personne en tant qu’héritière du profil. Elle pourra alors gérer la page, mais ne pourra pas lire les messages personnels, ni se faire passer pour la personne décédée.

La question de l’identité numérique post-mortem est très récente, vu que les premières mesures prises par Facebook datent de fin 2009. En six ans, le site a déjà changé trois fois de méthode pour gérer ces cas, et cela démontre qu’aucune solution optimale n’a pour le moment été trouvée.

Remembr.com, un exemple de site mémorial

Créer une page commémorative personnelle - simple et gratuit.
Créer une page commémorative personnelle – simple et gratuit.

Il existe plusieurs sites mémoriaux sur internet, permettant aux proches d’une personne décédée de lui créer une page et de partager des souvenirs. Un exemple récent est le site www.remembr.com qui n’est en ligne que depuis cette année.  La plateforme permet de créer une page commémorative et de la partager avec les proches, afin que chacun puisse partager des souvenirs, sous forme de photos, vidéos, messages, histoires, ou encore en musique.

Que ce soit à travers les médias sociaux qui travaillent afin de trouver la meilleure gestion possible des données du défunt, ou les sites mémoriaux qui proposent des plateformes d’échange de souvenirs sous forme de « cyber-cimetières », la notion d’identité numérique post-mortem est de plus en plus présente et met le Web à l’épreuve de trouver des solutions.

A lire ailleurs :

 

(Sources des images : http://web-tech.fr/wp-content/uploads/2012/03/identit%C3%A9-num%C3%A9rique1.png

http://www.leblogducommunicant2-0.com/wp-content/uploads/2015/06/Mort-Legacy-Facebook.jpg

https://www.remembr.com/images/faqen/1.png)

Auteur : Anaïs Henry