L’IDENTITE NUMERIQUE POST-MORTEM : UNE NOUVELLE NOTION A GERER

Comment gérer l’identité numérique et toutes les données d’une personne sur le Web, lorsque celle-ci décède ? C’est une nouvelle question à laquelle les médias sociaux doivent trouver des solutions. 

Notre identité numérique est la somme de nos traces sur internet.
Notre identité numérique est la somme de nos traces sur internet.

Facebook et sa gestion des profils post-mortem 

Notre identité numérique est la somme de toutes nos traces laissées sur internet, donc tous nos mouvements et actions sur le Web. Ceci soulève une nouvelle question : qu’advient-il de toutes ces traces lorsque nous décédons ? La littérature et les recherches concernant ce sujet sont encore très minces, mais elles soulèvent déjà d’importantes problématiques, par exemple dans cette citation de Fanny Georges, Virginie Julliard, Hélène Bourdeloie et Nelly Quemener :

On peut s’interroger sur les enjeux symboliques, éthiques, sociaux, juridiques et économiques de ces nouvelles représentations de la mort qui […] invitent à concevoir de nouvelles formes d’éternités numériques.

Un exemple important de ces traces est le profil Facebook que nous créons lorsque nous nous inscrivons sur le site. Toutes nos photos, nos statuts, nos messages, ou encore nos mentions « like » forment une grande partie de notre identité numérique

En 2009, Facebook avait mis en place un système permettant aux proches d’une personne décédée de faire une demande afin de transformer le profil en une page commémorative. Seuls les amis avaient ensuite accès à la page. En 2014, le site a changé sa politique et a décidé de laisser les pages des anciens utilisateurs en l’état, afin que tout le monde y ait accès, et également de proposer des vidéos « Look Back » qui permettaient aux proches de revivre les instants forts partagés par le/la défunt(e).

Facebook est en train de lancer un système, permettant de choisir un hériter de notre profil.
Facebook est en train de lancer un système permettant de choisir un hériter pour notre profil.

En 2015, le média social a annoncé qu’une nouvelle fonction serait bientôt disponible. En effet, les utilisateurs pourront prochainement gérer les paramètres et décider de l’avenir de leur profil après leur mort, notamment en nommant une personne en tant qu’héritière du profil. Elle pourra alors gérer la page, mais ne pourra pas lire les messages personnels, ni se faire passer pour la personne décédée.

La question de l’identité numérique post-mortem est très récente, vu que les premières mesures prises par Facebook datent de fin 2009. En six ans, le site a déjà changé trois fois de méthode pour gérer ces cas, et cela démontre qu’aucune solution optimale n’a pour le moment été trouvée.

Remembr.com, un exemple de site mémorial

Créer une page commémorative personnelle - simple et gratuit.
Créer une page commémorative personnelle – simple et gratuit.

Il existe plusieurs sites mémoriaux sur internet, permettant aux proches d’une personne décédée de lui créer une page et de partager des souvenirs. Un exemple récent est le site www.remembr.com qui n’est en ligne que depuis cette année.  La plateforme permet de créer une page commémorative et de la partager avec les proches, afin que chacun puisse partager des souvenirs, sous forme de photos, vidéos, messages, histoires, ou encore en musique.

Que ce soit à travers les médias sociaux qui travaillent afin de trouver la meilleure gestion possible des données du défunt, ou les sites mémoriaux qui proposent des plateformes d’échange de souvenirs sous forme de « cyber-cimetières », la notion d’identité numérique post-mortem est de plus en plus présente et met le Web à l’épreuve de trouver des solutions.

A lire ailleurs :

 

(Sources des images : http://web-tech.fr/wp-content/uploads/2012/03/identit%C3%A9-num%C3%A9rique1.png

http://www.leblogducommunicant2-0.com/wp-content/uploads/2015/06/Mort-Legacy-Facebook.jpg

https://www.remembr.com/images/faqen/1.png)

Auteur : Anaïs Henry