L’identité à l’ère du numérique: nos traces sur le web

traces

Parmi les médias existants, Internet est peut-être le plus démocratique de tous car il permet une liberté d’expression presque totale.  En même temps, Internet offre un sans fin de possibilités vraiment formidables et presque de manière gratuite. Pour en profiter, la seule chose que nous devons faire c’est simpl
ement naviguer sur le web.

Sélectionner une image de profil, fournir quelques informations personnelles. Un petit commentaire par ici, une jolie photo par là et voilà, on y est! À partir de là, notre identité numérique complémentera notre vie réelle et, peut-être, la rendra encore plus intéressante.

Autant facile que ça, notre génération a trouvé dans les blogs et les réseaux sociaux des dispositifs de production et reproduction de soi  à travers lesquelles nous pouvons créer, commenter,  donner un avis, partager et établir des liens sociaux ou professionnels.

Ainsi, ces outils facilitent la réalisation de pratiques soit de redéploiement du bien commun, soit comme un acte affirmatif pour satisfaire un besoin de reconnaissance.

Cependant, Il n’y a pas de telle chose comme un repas gratuit. Avoir une identité numérique implique produire une collection de traces que nous laissons derrière nous consciemment ou inconsciemment au fil de nos navigations sur le réseau et de nos échanges marchands ou relationnels dans le cadre de sites dédiés (1).  C’est-à-dire, toutes nos activités sur le web sont surveillées et enregistrées dans le cyberspace.

Nos traces numériques font donc l’objet d’une multitude d’utilisations bienveillantes ou non, parfois même à notre insu. Elles sont également devenues la principale monnaie d’une économie numérique ou chaque échange se paie en données personnelles.

Comment affirme Oliver Ertzcheid : « Cette indexation massive et la supervision des données personnelles par quelques sociétés marchandes et des systèmes de renseignement, ont transformé non seulement notre rapport à l’information et à la connaissance, mais ont fait aussi de l’individu une cible et un produit publicitaire »(2).

Le défi pour nous en tant qu’utilisateurs est d’apprendre à gérer efficacement notre identité numérique. Face à l’impossibilité de se soustraire aux systèmes de surveillance, il faut donc mettre en œuvre la sousveillance. De cette façon, chaque utilisateur devrait réaliser l’autocontrôle des indices de sa présence pour préserver l’intégrité de son identité (3).

Il faut également apprendre à jouer de la polyphonie du double numérique : « multiple et diversifié, autorisant flexibilité et pseudo anonymat » (4).

Cependant, encore plus difficile que de faire attention aux sites que nous visitons afin de minimiser la collecte de nos empreintes, c’est sélectionner l’information que nous partageons volontairement dans la recherche de la valorisation d’autrui qui est important.

Les quantités des incitations et des motivations à participer à cet échange numérique sont à tel point nombreuses, qu’elles ont même favorisé l’apparition d’un phénomène connu comme le narcissisme numérique (5).

selfie

Les narcissistes numériques cherchent à attirer l’attention et augmenter l’estime de soi laquelle semble être mesurée par le nombre d’amis virtuels, de « followers », de « likes » et de commentaires qu’ils reçoivent sur leurs publications.

À travers l’exposition de soi, ils cherchent à produire et faire reconnaître une image attirante qui, cependant, ne représente pas la réalité toute entière.

Cette exposition de soi vise donc à présenter une image plus attractive et joyeuse d’eux-mêmes à travers des selfies ou des photos avec d’autres personnes dans des endroits valorisants.

Cette « réalité modelée » est perçue par les sociologues et les psychologues comme une demande de reconnaissance à partir d’éléments identitaires que les personnes essaient de montrer à travers de publications.

Comme l’explique Dominique Cardon : « La plasticité du web permet de jouer plus fortement avec les décalages, les modulations ou les transformations de l’image de soi que l’on projette. Souvent, les usagers cherchent moins la métamorphose que « l’augmentation de soi » » (6).

Le narcissisme numérique est donc la preuve d’une tendance à la renonce générale et volontaire de notre droit à l’intimité de la vie privée pour chercher la validation des autres. Expression en ligne et demande de reconnaissance sont donc intimement liés.

Il ne faut pas se priver d’utiliser et d’exploiter tous les bénéfices d’Internet. Cependant, il est impératif de rester attentif et de garder dans l’esprit qu’Internet peut devenir une arme à double tranchant s’il est employé sans précaution.

Préservons donc notre droit à l’intimité dans la mesure de nos possibilités. Nos traces dans le cyberespace seront difficilement effacées et nous ne savons pas qui pourra les collecter et avec quelle finalité.

Rappelons-nous également que, bien que notre identité virtuelle puisse être une version améliorée de notre identité réelle, ce qui se montre dans le cyberspace n’est pas tout à fait la vraie vie.

Pour conclure, soyez gentils, donnez un « like » à mon article et partagez-le. Ça me fera du bien 😉

 

Auteur : Fernando Bolaños Bautista

 

 

Références :

  • Ertzscheid Olivier. « L’homme, un document comme les autres». Hermès no 53, CNRS. Éditions, Paris 2009
  • Ertzscheid Olivier (2008). « Le plug-in de la redocummentarisation». affor dance.info, billet du 21 mars 2008                [En ligne]

Disponible sur : http://affordance.typepad.com/mon_weblog.

Disponible sur : http://www.lemonde.fr/technologies/aticle/2009/01/06/le-grand-jeu-de-masques-des-reseaux-sociaux_1137544_651865.html

Images :

https://prefixesmom.hypotheses.org/1271

http://www.pixelconscient.net/06/08/2015/le-selfie-cette-maladie-narcissique/

Vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=QxVZYiJKl1Y

Dénonciation ou manipulation: la vérité qui se cache derrière un compte Instagram à succès

Modèles, blogueurs, entraîneurs sportifs ou encore cuisiniers en herbe, les médias sociaux ont redéfini la notion de célébrité à travers la création d’influenceurs du Web. D’un autre côté on suit, on admire, on jalouse parfois même ces nouvelles idoles des générations Y et Z. Mais en réalité que se cache derrière ces Instafamous personae ?

« Etre populaire sur Instagram c’est à peu près la même chose que d’être riche au Monopoly » Glamour, France, août 2016

La vie que quelqu’un mène sur Instagram n’est pas aussi Instaperfect qu’elle peut sembler, voire même être réelle! Louise Delage en est le parfait exemple.

Cette jeune parisienne de 25 ans a fait ses débuts sur la plateforme en partageant des photos de son mode de vie luxueux. Allant de son look chic à ses vacances somptueuses ou encore en passant par des fêtes extravagantes, Louise Delage a obtenu en moins de deux mois sur son compte Instagram plus de 47’000 followers, tous prêts à la suivre dans ses aventures Instamagical.

Mais qui est Louise Delage ?

👀 Look 👀

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Miss the sea 🐟

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White lights

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La jeune star Instragram est en réalité une contrefaçon ! « Louise » est une création de BETC Digital, une agence marketing parisienne qui a lancé, à l’aide du faux compte, une campagne d’aide à l’addiction intitulée « Like My Addiction ».

En effet, n’avez vous pas remarqué quelque chose d’étrange à propos de Louise ? Ne vous en faites pas, presque personne n’a distingué la supercherie : sur chacune des photos qui mettent en scène la somptueuse vie de Louise Delage, la it girl tient un verre d’alcool.

L’organisation qui se cache derrière ce faux compte a voulu sensibiliser les jeunes utilisateurs d’Instagram à propos de l’omniprésence d’alcool sur les réseaux sociaux et démontrer qu’il est difficile de remarquer l’addiction d’une personne. La campagne entendait faire comprendre aux internautes que sans même s’en rendre, via un simple like, ces derniers peuvent entretenir le comportement à risque d’une personne.

Le dernier poste sur le compte de Louise Delage, une vidéo, a valeur de dénouement : elle nous montre que cette jolie jeune femme est entourée d’alcool sur chacune des photos partagées. On peut donc dire qu’aucun abonné ne connaissait la vraie Louise…

Faux mouvements et manipulations

Manipulation communicationnelle ou dénonciation judicieuse, ce type de campagne de marketing viral est de plus en plus répandu. Allant de la création de faux comptes en ligne ou encore au camouflage intentionnel d’une personnalité ou d’une entreprise derrière un média social, ces faux mouvements sur Internet peuvent être contestés.

Cette nouvelle technique, intitulée l’astroturfing, s’effectue lorsque la source du message cache sa réelle identité et donc ainsi ses propres objectifs. Cette stratégie communicationnelle est réalisée en général par des organisations, des entreprises ou encore des parties politiques qui conçoivent une fausse identité et se cachent ainsi en organisant des campagnes afin d’influencer la société à son propre insu.

Le faux compte de « Louise » et les buts qu’il vise peuvent être débattus. Mais jusqu’où cela peut-il aller ? Une chose est sûre, les réseaux sociaux donnent un grand pouvoir en matière de manipulation qu’il ne faut pas négliger. Si les médias traditionnels, au cours de leur histoire, ont produit leur propre critique, aujourd’hui, l’un des enjeux du Web 2.0 est sans doute la fabrication, par les internautes eux-mêmes, d’un nouveau sens critique et d’une réflexivité qui soient en mesure de décoder la complexité des informations et des messages iconiques en ligne.

Sources

Vidéo

(Sources des images : https://www.instagram.com/louise.delage/?hl=enhttp://www.canvas8.com/signals/2016/09/28/louise-delage-hoax.html?navPath=LIBRARY–LATEST)

Auteur : Victoria Jaccoud.

La vérité troublante d’un profil Instagram

À l’ère où les médias sociaux prennent de plus en plus de parts de marché dans le domaine de la publicité. Les sociétés ont recours à des stratagèmes déroutants pour atteindre leur public cible.

La publicité sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sur le web ont bousculé les modèles traditionnels de marketing. Aujourd’hui la plupart des entreprises se posent la question suivante : comment communiquer efficacement dans un monde où les individus sont des acteurs impliqués dans l’échange d’information et d’opinions ?

Sous l’effet de la révolution du numérique, il est de plus en plus difficile de transmettre un message à un public cible. Alors que certaines marques (mode, luxe et technologie) captent des flux considérables sur les réseaux sociaux, d’autres ne savent plus comment faire pour attirer l’attention. La communication à travers les communautés virtuelles peut-être une des solutions à cette problématique.

Le bouche-à-oreille sur les réseaux sociaux

On sait aujourd’hui que les informations sur les médias sociaux peuvent se diffuser très rapidement. La chercheuse Mercanti-Guerin (2010), compare les réseaux sociaux à des phénomènes anciens comme le bouche-à-oreille remis au goût du jour par Internet via le Buzz. Les plateformes sociales permettent de partager sa vie et d’observer celle des autres, il est également possible de se divertir, d’interagir avec des communautés et de partager des informations qui peuvent être utiles à d’autres internautes.

Ainsi, les médias sociaux recensent les avis, conseils et expériences sur l’utilisation d’un produit ou d’un service publié par des individus lambda, car ces informations sont jugées plus crédibles par les internautes que les conseils émis par les stars qui sont souvent corrompues par les marques. C’est ce qui a fait le succès de nombreux influenceurs aujourd’hui, des individus neutres partageant leurs opinions et expériences de vie auprès de communautés virtuelles. Un expert du domaine a défini cinq critères de succès pour devenir un influenceur sur la toile :

  • Avoir une vraie connexion avec le lectorat ;
  • Avoir une personnalité originale et authentique ;
  • Écrire avec passion ;
  • Démontrer son expertise et son autorité ;
  • Être digne de confiance.

C’est peut-être le mélange de ces ingrédients qui a fait le succès du profil Instagram de la Parisienne Louise Delage cet été.

Une personne inventée de A à Z

Le 1er août 2016, les utilisateurs du réseau social Instagram ont découvert une jolie Parisienne de 25 ans : Louise Delage. Elle publiait fréquemment des photos de ces activités au soleil, dans une piscine, dans les rues de Paris, en terrasse ou encore en soirée mondaine avec ces amis. De plus, elle connaît les bons hashtags pour attirer de plus en plus d’abonnés.

louisedelage

Photo de Louise Delage sur Instagram

Les « likes » se sont progressivement accumulées jusqu’à obtenir 7’500 abonnés et plus de 50’000 «j’aime» en septembre 2016. Elle est rapidement suivie par des influenceurs du réseau social, de la blogueuse Lisa Gachet (Make My Lemonade) à l’actrice Juliette Binoche. Mais qui est-elle vraiment ? Une nouvelle influenceuse qui a su mettre en pratique les critères cités précédemment? Non enfaite Louise Delage n’existe tout simplement pas.

Des effets décevants

Le compte Instagram Louise Delage est une campagne (gratuite) de sensibilisation pour le fonds Actions Addictions qui lutte contre les dépendances. Si l’on regarde de plus près les photos postées par la belle Parisienne, un élément commun ressort : l’alcool. Une bouteille ou un verre étaient présents sur chacun de ses clichés. Le but de l’association était de démontrer que la consommation d’alcool peut devenir invisible dans un monde où « bien paraître » signifie souvent avoir un verre à la main.

Mais c’est un demi-succès pour l’association. Les effets de la campagne ne sont apparemment pas à la hauteur du buzz généré. En tout cas, c’est ce qu’affirme Stéphane Xiberras, président de l’agence de communication BETC qui a mis en place cette campagne:

“On pensait que davantage d’abonnés se rendraient compte du comportement de Louise. Mais peu d’entre eux ont détecté le piège – parmi lesquels un journaliste, évidemment. Finalement, la majorité a seulement vu une fille mignonne et pas du tout une fille esseulée, qui n’est en fait pas du tout heureuse et qui a un sérieux problème d’alcoolisme”.

Au final, il aura fallu un photographe et un mannequin pour générer 500 000 vues et 140 articles sans investir un seul euro dans un plan média. L’idée de créer une communauté virtuelle autour de la jeune fille pour toucher un maximum de personne est bien plus intéressante financièrement comparé à une publicité sponsorisée sur les réseaux sociaux.

Cette vidéo est le dernier post publié sur le profil Instagram de Louise Delage. Le but est d’informer les internautes que l’addiction à l’alcool peut  devenir invisible aux yeux de nos proches.

A lire ailleurs :

Références :

(Source des images: http://images.atelier.net/sites/default/files/imagecache/scale_crop_587_310/articles/418700/atelier-reseau-social.jpg, https://www.instagram.com/p/BKmCU8VhEc5/?taken-by=louise.delage)

(Source de la vidéo: https://youtu.be/4PJcJcy89oY)

 Auteur: Myriam Schaffter
Relecture : Aleandro Nassisi, Loïc Jeanneret

IDENTITE NUMERIQUE – Le recrutement par l’e-reputation

L’arrivée des réseaux sociaux a ouvert un nouveau terrain d’expression ouvert à tous. De l’euphorie sans limites des premières années, on arrive aujourd’hui à une période où l’on s’inquiète des effets négatifs possible de cette liberté sur nos vies.

Une vie privée à protéger

Depuis quelques années, les acteurs de la communication mettent les utilisateurs des réseaux sociaux en garde contre les traces numériques négatives que nous pouvons laisser derrière nous telles que les photos de soirées un peu trop alcoolisées, des critiques sur une entreprise ou des commentaires racistes. En effet, ces traces peuvent poser un problème durant le processus de recherche d’un travail bien que la quête d’informations personnelles ne soit pas l’objectif premier des recruteurs. Cependant, on peut le retrouver dans le top 5 des raisons qui poussent les recruteurs à utiliser les réseaux sociaux (Enquête du Blog du Modérateur) :

  • Chasser des candidats correspondants aux postes ouverts
  • Communiquer sur les recrutements de l’entreprise
  • Travailler la marque employeur de l’entreprise
  • Poster des offres d’emploi d’entreprise
  • Se renseigner sur les candidats qui postulent

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E-reputation en entretien d’embauche

Dès lors, la gestion de notre e-reputation est primordiale. En témoigne les nombreux sites et articles regorgeant de bons conseils à travers le web pour une bonne gestion de ses données personnelles et de l’image que l’on veut donner de soi sur la toile.

Respecter l’éthique professionnelle qui consiste à prendre en compte, lors du processus de recrutement, les compétences des candidats, et rien que les compétences

Pourtant, des initiatives sont mises en place pour établir des règles de l’art dans la manière de faire des recherches sur les candidats. Par exemple , un groupe de professionnels de la branche et faisant partie de l’association « A Compétences Egales » a décidé en 2010 de promouvoir une charte sur les « Réseaux sociaux, internet, vie privée et recrutement ». En signant ce texte, les entreprises s’engagent à :

  • ne diffuser que des offres d’emplois sur les réseaux sociaux ;
  • ne pas utiliser les réseaux sociaux pour rechercher des informations sur les candidats ;
  • encourager les acteurs du domaine du recrutement à respecter les conseils offerts par la charte.

Quelques entreprises ont déjà rejoint le mouvement et il est possible d’adhérer à cette charte via le site internet de l’association « A Compétences Egales ».

Prendre soin de sa e-reputation

Alors que faire pour se protéger contre une mauvaise e-reputation? Dans la pléthore de conseils que l’on trouve sur internet, il existe entre autres un livre « Cultiver son identité numérique » (consultable ici) qui prodigue de façon complète de nombreux conseils pour réussir la gestion de son identité numérique. Ceux-ci sont résumés dans cette image :

https://i0.wp.com/www.cndp.fr/crdp-besancon/uploads/RTEmagicC_7-points-pour-cultiver-son-ident-num.jpg.jpg?resize=452%2C223

Finalement, l’e-reputation est un élément primordial de l’identité numérique qu’il faut gérer dans un monde du travail où les réseaux sociaux sont devenus un nouveau canal de recrutement riche en informations. De plus, l’aspect conversationnel, que l’on retrouve dans un entretien par exemple, est souvent absent de ce type de recherche, c’est pourquoi notre présence en ligne doit être gérée comme une vitrine qui se doit d’encourager le recruteur à entrer.

A lire ailleurs :

(Sources des images : http://idata.over-blog.com/3/01/94/36/ereputation.JPG
http://www.cndp.fr/crdp-besancon/uploads/RTEmagicC_7-points-pour-cultiver-son-ident-num.jpg.jpg)

Auteurs : Aline Ecuyer

E-RÉPUTATION ET RECHERCHE D’EMPLOI : SOIGNER SON IDENTITÉ NUMÉRIQUE

A l’ère où les recruteurs sont adeptes de la « googlisation », les postulants se doivent de soigner leur e-réputation et d’en faire un atout. Tour d’horizon et conseils en 4 points.

Identité numérique et e-réputation : de quoi parle-t-on ?

L’identité numérique apparaît comme la somme des traces, conscientes ou non, qu’un individu laisse derrière lui lors de ses diverses navigations sur internet. Les moteurs de recherche tels que Google en donnent un reflet, parfois escamoté. La e-réputation, elle, correspond à ce qui est dit d’une personne (physique ou morale). Dès lors, les recruteurs ont appris à chercher les informations en dehors des sentiers battus, pour employer un personnel irréprochable, et on le sait. Alors comment bien s’y préparer ?

Une caricature qui résume malheureusement bien les pratiques des recruteurs
Une caricature qui résume malheureusement bien les pratiques des recruteurs

Comment soigner son identité numérique ?

A l’heure actuelle, l’usage des médias sociaux conduit à diffuser des informations personnelles pouvant échapper aux individus. En effet, ces dernières sont susceptibles d’être jugées par d’autres personnes : des décisions peuvent être prises à propos de l’employabilité d’un individu sans qu’il en soit informé. Il est de ce fait impératif pour les demandeurs d’emploi d’être averti de cette pratique des recruteurs : la presque totalité des entreprises profilent l’identité des candidats sur internet. Pourquoi s’en priver ? Il s’agit d’informations supplémentaires gratuites ! Dès lors, il faut pouvoir tirer avantage de la situation.

Il est donc essentiel de pouvoir contrôler, mais surtout soigner son apparence virtuelle. Voici quatre conseils pour maintenir une « bonne » identité numérique:

  • « name googling »: cela peut paraître narcissique, mais « l’auto-googlisation » est un geste qui permet de connaître les informations reliées à son identité numérique, il s’agit donc d’en prendre connaissance pour pouvoir les modérer ;
  • nettoyage : il est devenu aujourd’hui indispensable de paramétrer la confidentialité des comptes en séparant le privé du professionnel. Il est aussi préférable de supprimer tout contenu susceptible de nuire à la e-réputation ;
  • stratégie de visibilité : attention toutefois à ne pas tout faire disparaître ! Certains employeurs sont suspicieux à l’égard de l’absence de présence sur internet. De plus, certains domaines comme la communication et le marketing requièrent de s’être emparé au préalable des outils du web et d’en avoir une bonne expérience;
  • sélection des médias sociaux : il s’agit de développer son identité numérique sur les médias sociaux les plus pertinents. Cependant créer un compte dans la seule optique d’en posséder un peut se révéler infructueux : il faut y être actif et mettre à jour régulièrement ses informations sans toutefois trop en révéler.

Internet est un outil permettant à tout un chacun de se mettre en avant de manière pertinente dans le cadre de la recherche d’emploi, le tout étant de paraître sous son meilleur jour sans trop en dire. En effet, une gestion mesurée de son e-réputation permet de donner une bonne image de soi et d’acquérir un atout supplémentaire auprès des recruteurs. La présence d’informations sur le web à propos d’un individu n’en fait donc pas systématiquement une faiblesse.

Pour aller plus loin :

A lire ailleurs :

(Source des images :https://www.artionet.ch/fr/Blog/Services-Web-20/Comment-gerer-l-identite-numerique-d-un-defunt.html / http://technotendency.over-blog.com/article-reseaux-sociaux-gros-plan-sur-l-e-reputation-76189199.html)

 

Auteur : Sarah Pellaton

L’IDENTITE NUMERIQUE POST-MORTEM : UNE NOUVELLE NOTION A GERER

Comment gérer l’identité numérique et toutes les données d’une personne sur le Web, lorsque celle-ci décède ? C’est une nouvelle question à laquelle les médias sociaux doivent trouver des solutions. 

Notre identité numérique est la somme de nos traces sur internet.
Notre identité numérique est la somme de nos traces sur internet.

Facebook et sa gestion des profils post-mortem 

Notre identité numérique est la somme de toutes nos traces laissées sur internet, donc tous nos mouvements et actions sur le Web. Ceci soulève une nouvelle question : qu’advient-il de toutes ces traces lorsque nous décédons ? La littérature et les recherches concernant ce sujet sont encore très minces, mais elles soulèvent déjà d’importantes problématiques, par exemple dans cette citation de Fanny Georges, Virginie Julliard, Hélène Bourdeloie et Nelly Quemener :

On peut s’interroger sur les enjeux symboliques, éthiques, sociaux, juridiques et économiques de ces nouvelles représentations de la mort qui […] invitent à concevoir de nouvelles formes d’éternités numériques.

Un exemple important de ces traces est le profil Facebook que nous créons lorsque nous nous inscrivons sur le site. Toutes nos photos, nos statuts, nos messages, ou encore nos mentions « like » forment une grande partie de notre identité numérique

En 2009, Facebook avait mis en place un système permettant aux proches d’une personne décédée de faire une demande afin de transformer le profil en une page commémorative. Seuls les amis avaient ensuite accès à la page. En 2014, le site a changé sa politique et a décidé de laisser les pages des anciens utilisateurs en l’état, afin que tout le monde y ait accès, et également de proposer des vidéos « Look Back » qui permettaient aux proches de revivre les instants forts partagés par le/la défunt(e).

Facebook est en train de lancer un système, permettant de choisir un hériter de notre profil.
Facebook est en train de lancer un système permettant de choisir un hériter pour notre profil.

En 2015, le média social a annoncé qu’une nouvelle fonction serait bientôt disponible. En effet, les utilisateurs pourront prochainement gérer les paramètres et décider de l’avenir de leur profil après leur mort, notamment en nommant une personne en tant qu’héritière du profil. Elle pourra alors gérer la page, mais ne pourra pas lire les messages personnels, ni se faire passer pour la personne décédée.

La question de l’identité numérique post-mortem est très récente, vu que les premières mesures prises par Facebook datent de fin 2009. En six ans, le site a déjà changé trois fois de méthode pour gérer ces cas, et cela démontre qu’aucune solution optimale n’a pour le moment été trouvée.

Remembr.com, un exemple de site mémorial

Créer une page commémorative personnelle - simple et gratuit.
Créer une page commémorative personnelle – simple et gratuit.

Il existe plusieurs sites mémoriaux sur internet, permettant aux proches d’une personne décédée de lui créer une page et de partager des souvenirs. Un exemple récent est le site www.remembr.com qui n’est en ligne que depuis cette année.  La plateforme permet de créer une page commémorative et de la partager avec les proches, afin que chacun puisse partager des souvenirs, sous forme de photos, vidéos, messages, histoires, ou encore en musique.

Que ce soit à travers les médias sociaux qui travaillent afin de trouver la meilleure gestion possible des données du défunt, ou les sites mémoriaux qui proposent des plateformes d’échange de souvenirs sous forme de « cyber-cimetières », la notion d’identité numérique post-mortem est de plus en plus présente et met le Web à l’épreuve de trouver des solutions.

A lire ailleurs :

 

(Sources des images : http://web-tech.fr/wp-content/uploads/2012/03/identit%C3%A9-num%C3%A9rique1.png

http://www.leblogducommunicant2-0.com/wp-content/uploads/2015/06/Mort-Legacy-Facebook.jpg

https://www.remembr.com/images/faqen/1.png)

Auteur : Anaïs Henry