« Nutella, parlons-en! »

« Nutella, parlons-en! » Ferrero aborde de front le sujet et répond aux accusations menées contre Nutella et l’utilisation de l’huile de palme dans sa recette. Une communication de crise qui s’appuie sur un lien de confiance établi entre les consommateurs et la marque, diva incontestée des goûters et des péchés mignons de millions de personnes dans le monde. Entre invitations au boycott et un front de défense qui s’érige « Touche pas à mon Nutella », focus sur un cas discuté qui a créé de fervents opposants. Sans doute ça reste une bonne leçon à tirer sur l’art de bien tartiner ses arguments

La question s’imposait pour Nutella déjà en 2012.

Notamment en France, où un amendement vise à augmenter de 300 % la taxe sur l’huile de palme. L’huile en question est mise à l’index pour son impact sur la santé et son incidence sur la déforestation de la planète. Utilisée dans de nombreux produits alimentaires, elle figure parmi un des composants principaux du Nutella.

Rapidement l’amendement est rebaptisé « amendement Nutella », du nom de la célèbre pâte à tartiner. Ferrero se retrouve ainsi débordée par un débat enflammé qui attaque le produit, le diabolise. Sur Youtube et Facebook le badbuzz s’enchaîne, les haters se soutiennent entre eux. La crise s’aggrave et prend sérieusement de l’ampleur. C‘est ainsi qui Ferrero décide de prendre position et de créer un site internet dédié « Nutella, parlons-en » ainsi qu’un fil sur Twitter.

Source:Youtube, Nutella France

Une communication bien ciblée puisque le Nutella est un produit très consommé par les jeunes générations, présentes massivement sur le Web et les réseaux sociaux.

« Le but du fabriquant est, plutôt que de modifier la recette du Nutella, de l’expliquer au consommateur« . L’idée de transparence et fiabilité est mise en avant.

Ferrero prend fait et cause pour expliquer et argumenter le choix de l’huile de palme dans sa recette, ce qui donne à Nutella son goût unique apprécié de génération en génération. Ferrero répond point par point aux critiques sur Facebook et aux commentaires des vidéos publiées sur son canal officiel Youtube. A preuve de l’efficacité de la riposte, certains internautes s’engagent même comme militants pour leur lovebrand, créant des pages « Touche pas à mon Nutella ! » ou « Défence Nutella » sur Twitter et Facebook. La stratégie employée par Ferrero représente ici un exemple assez bien réussi de gestion de communication de crise et des communautés en ligne. L’exposition médiatique a fait ressortir ses ennemis, mais aussi de nombreux alliés qui se sont battus de son côté.

Scandale!Nutella a changé sa recette

7 Novembre 2017. Le feu qui semble éteint dort souvent sous la cendre. Nutella fait encore parler de lui mais cette fois ce n’est pas l’huile de palme qui est cité en cause. Les consommateurs, dévenus vigilants depuis, s’aperçoivent d’une petite modification de la recette. La portion de lait écrémé passe de 7,5% à 8,7%. La quantité de sucre est légèrement augmentée mais les matières graisses ont baissé. Donc un produit plus sucré mais moins gras. L’entreprise semble avoir appris de ses erreurs et fait un effort pour rendre son Nutella relativement plus sain. De quoi réjouir les plus gourmands.

Ferrero a volontairement voulu faire passer un message d’engagement et prise en compte de la santé de ses consommateurs? Quoique l’on pense, il faut admettre que Nutella a su très bien se tirer d’affaire. Son avenir s’annonce pas fait que de belles noisettes et de bon lait frais mais la génération « no Nutella » ne semble pas encore pour demain!

Source:Wikipedia

Autrice: Naima Desiderio


Références et liens utiles:

LES CONTACTS INTERPERSONNELS DE 1984 À 2017

Envahisseurs pour certains, opportunités pour d’autres, les réseaux sociaux sont des outils efficaces contre l’ennui que les internautes se créent eux-mêmes.

On se rappelle du fameux roman de Georges Orwell !  Et si nous avions atteint la dystopie crainte par l’écrivain visionnaire ? Le monde d’aujourd’hui ? Un monde où l’on ne peut se passer de son téléphone portable à table, où le bruit des notifications est d’or et le silence… N’en parlons pas, celui-ci a déjà disparu. Un univers où tournoient émoticônes, selfies et trolls. Un monde presque irréel dans lequel on entre chaque jour abandonnant la personne bien réelle qui reste seule à vous regarder de l’autre côté de l’écran.

L’avenir interactif d’un monde interconnecté.

Le délaissement du monde au profit d’un monde virtuel !

Bien que l’avancée certaine des TIC (technologie de l’information et de la communication) ait amélioré l’instantanéité et la qualité des échanges, certains chercheurs affirment que la communication réelle a diminué au profit de la communication virtuelle où les expressions faciales sont remplacées par des émoticônes et où les photos sont agrémentées de filtres travestissant la réalité. Privé de connexion, l’utilisateur a l’impression d’être coupé du monde… L’isolement social, une dimension dramatique à ne pas prendre à la légère.

Le téléphone est un outil qui nuit beaucoup à la communication. Grâce au téléphone, on a de moins en moins besoin de se parler. (B. Arcand)

Une peur de l’affrontement dans la réalité…

Interagir au travers de différents réseaux sociaux pourrait être perçu positivement si l’on invoque la notion d’engagement. Sur Facebook, des communautés se créent défendant ardûment diverses causes à coup de likes et partages. Or, il semble plus facile de donner son avis sur une plateforme, parfois anonymement, que de proposer un dialogue lors d’éventuels conflits qui ne peuvent se passer d’un investissement dans la relation interpersonnelle.

Les interactions sociales cessent. Référence à Bowling Alone. (Putnam, 1995)

Une alternative ? Un contrat avec son téléphone !

Si on ne fait donc rien, on continuera à vivre dans l’illusion du like comme approbation sociale. Mais, peut-on encore s’en sortir ? Imaginez :  s’émanciper de la domination de son Iphone et entretenir avec lui une relation saine et maîtrisée. Guy Birenbaum, auteur de l’ouvrage « Petit manuel pour dresser son smartphone » nous donne quelques conseils :

  • supprimer toutes notifications ;
  • regarder nos réseaux sociaux quand on le désire ;
  • essayer des vacances en NO PHONES ZONES.

Allez, on commence tout de suite… J’éteins l’écran.

 

A lire et écouter ailleurs : 

 

Sources :

A.D. (2017, septembre 24). Guy Birenbaum : le smartphone, « un incroyable outil de servitude volontaire ». Récupéré sur Europe 1: http://www.europe1.fr/technologies/guy-birenbaum-le-smartphone-un-incroyable-outil-de-servitude-volontaire-3444278

Arcand, B. (2017). Bernard Arcand. Récupéré sur Le Figaro: http://evene.lefigaro.fr/celebre/biographie/bernard-arcand-5881.php

Caron, A., & Caronia, L. (2005). Culture mobile : les nouvelles pratiques de communication, Montréal, Presses universitaires de Montréal, Coll.

Dfeldmann. (2015). 1984 (roman). Récupéré sur Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/1984_(roman)

Dystopie. (2010). Récupéré sur Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Dystopie

Gagnon, A. (2015). Les conséquences des technologies de l’information et de la communcation (TIC) sur le fonctionnement social des jeunes adultes de 18 à 30 ans. Récupéré sur http://constellation.uqac.ca: http://constellation.uqac.ca/3001/1/Gagnon_uqac_0862N_10068.pdf

Putnam, R. D. (2000). Bowling Alone. Récupéré sur Wikipedia: https://en.wikipedia.org/wiki/Bowling_Alone

 

Sources images :  photos personnelles

 

Auteure : Jenna Meister

Relecture : Régine Bucher, Carlène Hofmann et Nicolas Schmid

 

LE BUSINESS DES INSTAGRAMEURS

Créé pour partager des photos, Instagram connaît aujourd’hui une croissance plus rapide que Facebook. Les marques se sont emparées de ce support à des fins publicitaires. Tour d’horizon d’un phénomène qui séduit de plus en plus.

Instagram, le média social qui a la cote

Lancée en 2010, l’application Instagram ne cesse de prendre de l’ampleur. Son audience a doublé en seulement deux ans et elle compte aujourd’hui plus de 500 millions d’utilisateurs actifs quotidiennement! Le rachat d’Instagram par Facebook en 2012 n’est sans doute pas étranger à cette forte croissante.

En offrant la possibilité à ses membres de diffuser des photos et de les modifier avec des filtres, Instagram a permis aux gens de s’exprimer à travers des images. Lors de sa création, ce média social avait comme buts la créativité et le partage de photographies. Mais avec le temps, les usages d’Instagram ont changé! Aujourd’hui, 25 millions de marques sont présentes sur Instagram.

« Instagram has become the home for visual storytelling for everyone from celebrities, newsrooms and brands, to teens, musicians and anyone with a creative passion. »

Autre chiffre qui interpelle : 80% des utilisateurs d’Instagram suivent des marques!

infographie pofil type d'instagrameur
Profil type d’un instagrameur, selon l’agence Kindai

Influenceur, un nouveau business model?

L’omniprésence des médias sociaux dans nos vies a considérablement modifié les comportements de communication et d’achat. Nous sommes passés du rôle de consommateur au rôle de « consom’acteur » et les marques en profitent!

De nombreuses marques passent par des influenceurs pour faire parler de leurs produits, car ces pratiques sont peu coûteuses et permettent un ciblage bien précis. Les instagrameurs acceptent volontiers ces partenariats, car poster une simple photo d’un produit leur fera gagner de l’argent ou des produits de la marque en question. Selon le nombre d’abonnés que les influenceurs ont, cela peut leur rapporter gros!

Des plateformes, comme Octoly, proposent même de faire le lien entre les influenceurs et les marques au travers d’un catalogue en ligne avec des produits qu’il suffit de sélectionner pour les recevoir à la maison. Les influenceurs n’ont plus qu’à donner leur avis concernant ces produits sur Instagram et ils peuvent ensuite les garder.

Au départ conçu pour exprimer sa créativité et partager des photos avec ses proches, Instagram est devenu aujourd’hui un business à part entière, que les marques ne se sont pas privées d’envahir. Instagram aura-t-il encore longtemps la cote ou les internautes se lasseront-ils des contenus sponsorisés et publicités qui volent la vedette aux photos de vacances et de moments entre proches?

A lire ailleurs :

(Source des images : https://instagram-press.com/brand-assets/ / https://www.blogdumoderateur.com/utilisateurs-influenceurs-instagram/)

Auteur: Célia Rütsche

Relecture: Maxime Meyer

Profite de ton divertissement car c’est un moment unique !

Combien de fois cela t’est-il arrivé d’aller à un spectacle, un concert, un événement où les gens s’amassent ? Difficile d’y voir quelque chose, et juste devant toi (bien-évidemment, pile dans ton champ de vision déjà très faible), un grand malin sort son Smartphone pour prendre une photo, un film et le « insérer nom de réseau social»-er ?

Alors oui, on le fait tous, mais pourquoi ?

Wendy Fonarow, professeure d’anthropologie, à Los Angeles (USA), s’est amusée, au second degré, à donner 10 raisons qui te poussent à sortir ton Smartphone en concert. Par exemple, il est vrai que regarder un concert à travers un écran devant soi n’est pas si mal finalement. Au moins, on n’a pas le risque de voir une image tronquée et montée par quelqu’un d’autre ! Ou encore, tu devras prouver à tout le monde que tu étais bien au concert non ? Le lendemain, quand tu te retrouveras au bar avec tes amis, il faudra bien leur montrer de la matière même si la qualité est exécrable…

Mais tu es innovant(e), et tu sais, par exemple, qu’en allant au Montreux Jazz, tu n’as pas besoin de sortir ton Smartphone car ils ont une super apps qui filme bien mieux que toi !

Je t’explique comment ça marche, tu télécharges l’apps, tu t’inscris avec ton adresse e-mail. Tu actives ton Bluetooth pendant le concert (allez, on t’autorise à le sortir juste pour ça) et dès qu’un moment te plait, tu appuies sur un bouton dans l’apps et ça t’enregistre les 30 dernières secondes du show qualité HD sur tes réseaux préférés.

Mais alors, tu suis ton « Event » avec ton Smartphone, à la main, et dès qu’un moment te plait, tu es dessus ?

Laurent Karila (2003), psychiatre, à Paris, dit que « les symptômes de l’usage abusif du Smartphone sont peu différents des addictions telles que la drogue, le sexe ou les jeux d’argent. »

C’est une utilisation excessive et l’envie d’utilisation du Smartphone qui nous rend addictif. Mais la faute vient-elle du Smartphone réellement ?
Lorsqu’on regarde un « facebook live » ou des vidéos « Event » de nos amis sur les réseaux sociaux, finalement, peu importe l’appareil utilisé, mais cette proposition postée sur les réseaux sociaux.

Esa Sirkkunen, professeur en sociologie et communication à Tampere (Finlande), vient donner « des niveaux de participations » à la participation dans les médias sociaux. Il y a deux types de motivations à participer dans les médias sociaux, que ce soit de façon individuelle ou communautaire.

A titre individuel, nous participons aux médias sociaux pour nous exprimer, agrandir notre capital social ou encore avoir des « feedbacks » de nos postes.

Au niveau communautaire, je pourrais partager ma vidéo sur un groupe. Ceux qui ne sont pas venus seraient ravis et me donneraient, peut-être, des conseils pour mieux filmer la prochaine fois. Vive la coopération des réseaux sociaux !

En fait, ai-je besoin de communiquer sur les réseaux sociaux ou ai-je, plutôt le désir de le faire… ?

Selon l’approche de Bishop, directeur de la technologie de l’information, chercheur et écrivain, à Swansea (Pays de Galles), si je suis en mode « partage », mais si ma communauté ne le valorise pas, alors, je suis bloqué et ma participation risque d’être impactée.

En effet, lorsque je poste une vidéo sur les réseaux sociaux, ma motivation est liée, par exemple, à un désir de faire partie d’une communauté. Mais je serais vite limité d’accomplir ce désir à cause d’autres éléments. Si j’hésite à le faire, c’est parce que mes amis ou les gens sur internet pourraient penser que ma vidéo est nulle car j’ai surement une croyance qui est différente de la communauté dans laquelle je voudrais intervenir. Cela va donc limiter ma capacité à agir concrètement.

Les réseaux sociaux, je connais et je maitrise. Je n’ai donc pas de soucis à me faire. J’ai la capacité d’utiliser mon Smartphone, d’agir et d’interagir. Cependant, les autres facteurs, tels que l’utilisation de mon browser ou encore la compréhension des textes que je vais mettre, pourraient me bloquer.

Il est vrai que je pourrais mettre des #Hashtags ou une description qui n’a aucun sens et les gens ne le comprendraient pas.

OUI, vouloir capturer l’instant unique d’un « Event » te pousse éventuellement à le partager sur les réseaux sociaux par la suite.

OUI, une image vaut 1000 mots.

OUI, tu sens un besoin de la faire.

Mais ton souvenir et ta façon de raconter ton expérience en valent beaucoup plus. TON Smartphone, ta vie, oui si tu veux… mais reste humain et vis (impératif avec s) plutôt TON « Event ».

Essaie de prendre en photo ou filmer dans la nuit le ciel étoilé, tu comprendras que tes propres yeux valent tous les Smartphones du monde.

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Crédits :

CUTS : http://www.montreuxjazzfestival.com/fr/content/partagez-vos-concerts-avec-des-videos-de-haute-qualite

Enquêtes sur l’addiction des jeunes aux smartphones : https://hal-uag.archives-ouvertes.fr/hal-01375819/document

10 reasons it’s ok to use your mobile at a gig : https://www.theguardian.com/music/musicblog/2013/sep/02/10-reasons-use-mobile-phone-gig

Sirkkunen, Esa, ’Vertaismedia haastaa perinteisen joukkoviestinnän [Peer media challenge traditional mass media]’, in Pekka Aula, Janne Matikainen & Mikko Villi (eds.), Verkkoviestintäkirja, Helsinki: Yliopistopaino 2006, pp. 137-158.

Bishop, Jonathan, ‘Increasing participation in online communities: A framework for human-computer interaction’, Computers in Human Behaviour 23, 2006, pp. 1881-1893.

GIF illustrations :

Concert GIF : http://giphy.com/gifs/concert-dYNuZhFM2teIE

Mobile GIF : http://giphy.com/gifs/mobile-10hKlBQSv1OtCU

Night GIF : http://giphy.com/gifs/night-stars-GC7C2Fi902BDG

Auteur : Gabriel Davalle

Les Réseaux Sociaux – tous des clones en fin de compte ?

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Instagram, Twitter, Facebook et Snapchat – quatre des réseaux sociaux les plus populaires et importants pour les jeunes personnes en Suisse.[1] Est-ce que vous arrivez à vous imaginer votre quotidien sans ces réseaux sociaux ? Sans entrer en interaction avec vos amis, sans vous laisser inspirer par des bloggeurs ou juste passer le temps à découvrir ?

En même temps, ces réseaux sociaux se ressemblent de plus en plus par rapport à leurs fonctions et leur utilité. Comme nous l’avons déjà vu par rapport aux médias traditionnels, il y a aussi dans ce domaine des réseaux sociaux une certaine convergence non négligeable. Voici les différentes étapes les plus importantes pour démontrer cela :

Commençons par Facebook, LE réseau social depuis 2004 – et après plus de 10 ans toujours increvable. 1,71 milliards personnes utilisent Facebook en 2016.[2] Il faut s’imaginer les possibilités d’interactions que nous avons avec cette masse de personne qui utilisent activement Facebook actuellement. Pendant que chaque utilisateur (que ce soit un individu ou une entreprise) peut créer son propre « mur » et se défouler sur celui-ci en mettant des photos et des vidéos (propres ou partagées) et en philosophant sur tout et n’importe quoi, Facebook nous permet également de créer un réseau avec les autres internautes.

Facebook semble avoir milles fonctions, dont certaines sont évidentes et d’autres sont plus cachées, mais il existe une « nouvelle » fonction depuis juin 2013 : l’Hashtag. En fait, ce n’est pas une nouvelle fonction, car déjà auparavant l’on pouvait très bien décorer ses photos et vidéos par des Hashtags. Mais depuis ce jour de juin en 2013, ces Hashtags sont cliquables. Mais attendez… ne connaissons-nous pas ce principe depuis un moment sur un autre réseau social ? Mais oui ! Parlons donc de Twitter, apparu en 2006, donc deux ans après Facebook.

Ces Hashtags (pour y arriver il suffit de mettre le fameux croisillon avant la #notion), sont de mots-clés qui ont comme fonction de rassembler des déclarations sur un certain sujet. En cliquant sur un Hashtag sur Twitter, nous arrivons à trouver toutes les déclarations qui ont été faites par rapport à ce mot-clé. Sur Facebook il se passe la même chose, mais dans un cadre beaucoup plus restreint : Nous voyons que des contributions que nos amis ont aimées ou publiées eux-mêmes. Aimer… Le fameux « Like » sur Facebook existe aussi sur Twitter. À l’aide d’un petit cœur, nous pouvons déclarer notre accord. Ce petit cœur que nous retrouvons également sur Instagram.

Depuis 2010, Instagram nous permet d’uploader des photos et des petites vidéos vers le net. Les Hashtags sont ici également un phénomène important. Si l’on n’a pas privatisé son compte, TOUT LE MONDE a accès aux photos et vidéos de notre mur. Donc si vous aimeriez être connu : ouvrez votre compte, déclarez vos photos avec le plus de Hashtags possibles et prenez plaisir du fait que Madame ou Monsieur X à l’autre bout du monde se fait une image de vous par le biais de vos photos. Et si vous-mêmes faites partie des gens qui adorent découvrir et soudainement vous voyez par exemple votre homme ou femme de rêve : depuis 2013 nous avons la possibilité de passer des messages privés sur Instagram ! Comme déjà sur Facebook…

Le dernier coup par rapport à la copie des fonctions d’autres réseaux sociaux vient également d’Instagram : les fameux « Stories » de Snapchat ont trouvé leur chemin vers le concurrent. Depuis cet été, nous avons la possibilité de créer une « Slideshow » avec différentes photos et vidéos – et celle-ci sera effacée après 24h.[3] À l’aide de divers outils, nous pouvons, comme sur Snapchat, mettre un commentaire, des cœurs colorés ou des caractères rigolos. D’ailleurs, Snapchat a été fondé un an après Instagram, donc en 2011. Pourtant les fameux filtres comme Gingham, Juno, Valencia ou Lo-Fi font aussi partie de Snapchat – même si les filtres sur Snapchat vont plutôt dans une direction rigolote et drôle.

Les fonctions partagées – ou plutôt copiées – dans les différents réseaux sociaux sont nombreuses. Je vous ai présenté une petite quantité de ces centaines de fonctions. Pourtant, la personne qui connaît toutes les fonctions de tous les réseaux sociaux a soit beaucoup de temps, soit un immense intérêt. Pour moi personnellement cela devient fatiguant. Avec chaque actualisation, je dois m’adapter à des nouveautés (dont je n’ai la plupart du temps nullement besoin, mais que je retrouve sous d’autres forme sur un autre réseau social).

Imaginons-nous l’idée d’un seul réseau social qui réunirait toutes les possibilités d’Instagram, Twitter, Facebook et Snapchat. Qui nous permettrait de faire tous ce que l’on peut jusqu’à présent : entrer en interaction (en public ou en privé), nous rendre plus beaux en appliquant des filtres avant d’uploader des photos vers la toile, de liker les publications des autres, trouver des bijoux de publication et en discuter en communauté au travers des Hashtags et de suivre des personnes qui mettent en avant la partie chouette de leur vie par des Slideshows. Un méga-réseau social avec le nom : InsTwiSnapBook.

 

 

[1] MCSCHINDLER.COM. Social Media in der Schweiz: Neue Zahlen für 2016. URL: https://www.mcschindler.com/2016/06/06/social-media-in-der-schweiz-neue-zahlen-fuer-2016/ (Consulté le 18 octobre 2016)

[2] STATISTA. Anzahl der monatlich aktiven Facebook Nutzer weltweit vom 3.Quartal 2008 bis zum 2. Quartali 2016 (in Millionen). URL : https://de.statista.com/statistik/daten/studie/37545/umfrage/anzahl-der-aktiven-nutzer-von-facebook/ (Consulté le 18 octobre 2016)

[3] WELT. „Instasnap“ führt zurück ins echte Leben. URL: https://www.welt.de/vermischtes/article157496912/Instasnap-fuehrt-zurueck-ins-echte-Leben.html (Consulté le 19 octobre 2016)

LE CROWDSOURCING, UN NOUVEAU BUSINESS « COMMUNAUTAIRE »?

Le crowdsourcing est une plateforme par laquelle on sollicite la participation des foules au développement d’un produit ou d’une idée, par exemple. Mais il peut aussi être un moyen détourné de faire de grosses économies en profitant de la foule créative.

La vache de Galton

 Selon James Surowiecki dans son livre de 2004 «La sagesse des foules», les savoirs et les intuitions des individus mis en commun créent une sorte d’intelligence universelle. Il cite notamment les observations de Galton qui comprend, lors d’un concours bovin, que les estimations de chacun mises en commun se rapprochent au fur et à mesure du poids réel de la bête. Il faut comprendre par là que l’étendue des apports individuels sur un sujet amène progressivement à une construction objective de la réalité. C’est ce phénomène que l’on peut observer sur une plateforme du type de Wikipédia, car les définitions proposées sont une mise en commun du savoir individuel.

Le business du crowdsourcing

Mais le crowdsourcing n’est pas uniquement un moyen de développer une intelligence universelle, il est également devenu une source de revenus pour des entreprises issues du Web 2.0. Ainsi, des organisations comme Eyeka en France utilisent le crowdsourcing pour développer la communication des différentes sociétés qui la mandatent.

francoispetavy
François Pétavy, CEO de Eyeka

Notre métier, c’est d’animer une communauté de gens qui ont du plaisir à creer, imaginer, se faire plaisir(…) jouer créativement avec les marques…

Son organisation est simple : une marque passe une commande relative à un produit. Ensuite, le site met en ligne un concours auquel tout le monde peut participer. Des primes variables sont ensuite décernées aux meilleurs projets. Par ce système, la marque dépense jusqu’à 4 fois moins que lorsqu’elle mandate une agence de publicité conventionnelle.

Comme le dit le fondateur de Eyeka, François Petavy : « Les créatifs ne sont pas chez nous, ils sont tout autour de la planète, dans 150 pays, notre métier c’est d’animer une communauté de gens qui ont du plaisir à creer, imaginer, se faire plaisir(…) jouer créativement avec les marques…. ». On ne fornit pas réellement un travail au sens traitionnel, les gens choisissent ce qu’ils font et il n’y a pas de direction donnée ni d’obligations. Les créatifs participent donc de bon coeur et l’argent est une récompense annexe.

Il faut comprendre qu’il y a plusieurs types de sollicitations qui poussent les internautes à être créatifs sur internet. D’après les travaux de Kaufmann (2011), on a effectivement constaté qu’il existe deux types de motivations à la création de contenu dans ces structures :

  • La motivation intrinsèque : L’acte dépend d’un désir interne ( accroître ses compétences, faire partie d’une communauté, etc…).
  • La motivation extrinsèque : L’individu participe en visant un but extérieur, comme recevoir de l’argent, par exemple.

Ce système permet de faire économiser de grosses sommes à des multinationales comme Coca-Cola, qui figurent déjà parmi les clients d’Eyeka. Il pourrait à terme supplanter les agences de publicité traditionnelles et donc l’ensemble des créatifs pourrait se retrouver à travailler de longues heures en risquant de n’être jamais rémunéré. Ces derniers vont donc avoir du pain sur la planche, à moins que la motivation intrinsèque ne suffise à faire vivre…

A lire ailleurs :

Sources :

(Source des images : http://crowdcommunity.de/wp-content/uploads/2014/07/Crowdsourcing_1-520×245.png http://www.cityam.com/sites/default/files/styles/medium/public/profiles/photos/francoispetavy.jpg)

Auteur : Valentin Favre

 

Quand l’argent ne fait pas le crowdsourcing: l’exemple de Wikipédia

La rémunération est la motivation la plus importante pour les participants d’un crowdsourcing, mais ce n’est pas la seule. Les motivations intrinsèques ont un grand rôle à jouer et ne doivent pas être négligées.

More than just money?

Le crowdsourcing est le terme utilisé lorsque des entreprises font appel à un grand nombre de personnes extérieures, afin de mettre à profit leurs compétences et leurs idées pour réaliser certaines tâches. Les bénéfices qu’en tirent les entreprises sont très clairs : trouver de nouvelles idées créatives à moindre coût, tout en mobilisant les clients potentiels et leur permettre de s’investir. Mais quelles sont les motivations des participants ?

Dans un article de 2011, Kaufmann et al. argumentent que les motivations des travailleurs à participer au crowdsourcing ne se résument pas simplement à l’argent qu’ils y gagnent. En effet, la rémunération fait partie des motivations extrinsèques au participant, mais Kaufmann met également en avant l’importance des motivations intrinsèques, c’est-à-dire où l’individu effectue une action afin de valoriser un désir interne, et non pas pour l’obtention d’un résultat final tel qu’un paiement ou une récompense.

Kaufmann et al. ont développé une liste de sept motivations intrinsèques différentes, dont voici trois exemples :

Le schéma détaillé des motivations par Kaufmann et al. (2011)
Le schéma détaillé des motivations par Kaufmann et al. (2011)
  • Skill Variety: le travailleur a un talent particulier qu’il est fier de mettre au service de l’entreprise pour résoudre une tâche ;
  • Task Autonomy: une grande liberté est donnée au participant, ce qui lui permet de faire part de sa créativité ;
  • Community Identification: le travailleur est motivé car il adopte inconsciemment les normes et les valeurs de la communauté de crowdsourcing, car il s’identifie personnellement avec celle-ci.

Dans leur article, Kaufmann et al. expliquent que bien que le paiement immédiat ressorte comme étant la motivation principale pour participer au crowdsourcing, tout ce qui est de l’ordre de l’intrinsèque vient juste ensuite et a une grande importance :

“Overall, intrinsic motivation seems to dominate its extrinsic counterpart, as the corresponding constructs are ranked higher predominantly. Especially the category Fun & Enjoyment sticks out.”

Wikipédia, du crowdsourcing non-rémunéré

Une preuve que les participants ne sont pas motivés uniquement par l’argent est le fait qu’il existe du crowdsourcing non-payé. L’exemple le plus souvent cité et le plus connu de tous est le site Wikipédia.

Cette encyclopédie online et collective regroupe les connaissances de personnes venant du monde entier. Elle est disponible dans plus de 200 langues et elle est totalement gratuite, car elle fonctionne grâce à un système de dons. De ce fait, les internautes qui permettent son enrichissement ne sont jamais rémunérés, et pourtant ils sont nombreux à participer chaque jour.

Le logo du site reflète d’ailleurs bien ce crowdsourcing international:

Le logo actuel de Wikipédia, représentant son crowdsourcing international.
Le logo de Wikipédia reflète son crowdsourcing mondial.
  • La forme de la Terre représente les participants ainsi que les utilisateurs qui viennent du monde entier ;
  • Les pièces de puzzle signifient que l’encyclopédie n’est jamais finie, elle est sans cesse en construction, et a donc toujours besoin de l’enrichissement apporté par les internautes ;
  • Les signes qui viennent de différents systèmes d’écriture montrent son aspect multilingue.

En conclusion, la rémunération n’entrant pas en compte dans la participation à la création du contenu de Wikipédia, ce sont bel et bien les motivations intrinsèques qui priment, comme le fait de mettre son savoir au service des autres.

A lire ailleurs :

(Source des images : https://crowdsourcedtesting.com/resources/wp-content/uploads/2014/04/Crowdsourcing.jpg / https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/8/80/Wikipedia-logo-v2.svg/1122px-Wikipedia-logo-v2.svg.png)

Auteur: Anaïs Henry