Le BOOM de l’open-innovation

Historiquement, il s’avère que les efforts d’innovation des entreprises ont toujours été connus comme étant réalisés à l’intérieur des laboratoires de recherche de l’entreprise-même ou alors dans des salles de conseil d’administration. Dans une société dans laquelle tout va plus vite et que l’internet of things prend toujours plus de place, un bon nombre d’entreprise voient alors de plus en plus l’intérêt de s’appuyer sur les démarches dites « collaboratives » et donc l’impérativité de se tourner vers un système d’open-innovation afin de pouvoir bénéficier d’un avantage clé sur les compétiteurs.  Mais l’Open-Innovation, concrètement, c’est quoi ?

L’Open Innovation consiste à impliquer des tierces-parties externes de l’entreprise dans le processus d’innovation afin d’exploiter au mieux l’intelligence collective de l’ensemble de l’écosystème. Cela signifie l’ouverture de programme d’innovation collaborative aux clients, fournisseurs, partenaires, à des universités et laboratoires de recherche, ou encore à des start-ups par exemple. Dans cette quête d’ouverture et de recherche de rupture, les démarches d’open innovation fleurissent. Tous les secteurs s’y mettent : industriels, automobile, publicitaires, banques, etc. Cependant, si l’Open Innovation offre de belles promesses, elle s’accompagne aussi de nouveaux challenges. De nombreuses entreprises sont en difficulté face à la question suivante: « Comment puis-je puiser dans la créativité de mes clients et partenaires, ou de start-ups, et les laisser collaborer dans un environnement sécurisé, tout en gardant le contrôle sur mon processus d’innovation? ». Afin de pouvoir répondre à cette question de nouveaux genres d’entreprises, comme par exemple ATIZO ont vu le jour afin de faire bénéficier les entreprises d’une plateforme en ligne qui leur permet de jouir des fonctions de l’open innovation dans un système sécurisé.

 Open Innovation en Suisse

La Suisse se place régulièrement aux premiers rangs des classements quand il s’agit d’innovation : c’est ce qu’à démontrer les classements de compétitions comme le Global Competitiveness Report (WEF), le World Competitiveness Ranking (IMD) ou encore l’Innovationsindikator (Acatech). Les entreprises suisses l’ont compris : ce n’est que si les entreprises se tournent vers l’extérieur que les innovations peuvent voir le jour. C’est pourquoi le PFLab, le laboratoire de l’innovation de PostFinance, travaille en suivant l’approche Open Innovation et c’est un succès ! PosFinance souligne l’importance du processus d’innovation interne vers l’extérieur par le biais de collaborations avec des hautes écoles et des universités, des start-up, des réseaux et des entreprises :  « Si de nouvelles idées doivent affluer dans l’entreprise, nous devons entrouvrir les portes, par exemple en exposant nos projets ou en collaborant avec d’autres entreprises», rapporte Mathias Strazza, responsable Future Banking chez PostFinance.

Contrairement aux idées reçues, l’open innovation n’est pas destinées aux grands groupes uniquement. En effet, une collaboration entre une PME neuchâteloise et des étudiants du master Innokick ont obtenu des résultats qui ont largement dépassé les attentes et espérances de la PME en question : une innovation de rupture[1] est sur le point de voir le jour et l’un des étudiants a été engagé par le groupe.

Innokick est un master d’innovation intégrée de la HES-SO lancé en 2015 par Nathalie Nyffeler. Cette formation unique en Suisse rassemble des étudiants issus des filières économiques, ingénierie et design. Cette formation permet aux étudiants d’acquérir les compétences interdisciplinaires nécessaires pour développer des produits et des services innovants afin de pouvoir les commercialiser par la suite. La formation recourt à un processus pédagogique axé sur un apprentissage par projets, combinant de manière étroite l’enseignement académique et la formation pratique. Les étudiants travaillent alors en équipe sur des mandats proposés par des entreprises de la région : PMEs, multinationales et start-ups.

L’entreprise Felco Motion, spécialisée dans l’outillage, fait partie des premières entreprises à avoir confié un mandat d’exploration à Innokick. Pour Stéphane Poggi, co-fondateur de l’entreprise, c’était la première fois qu’il faisait recourt à l’open innovation : « L’innovation ne se fait pas en restant avec le même groupe de personnes ; il faut un mélange, des sensibilités et des approches différentes. C’est ce qu’ Innokick a apporté avec son approche pluridisciplinaire ».

Finalement, il y a d’autres genres de groupe et d’événement organisé en Suisse afin de promouvoir et stimuler l’innovation ouverte. C’est le cas de l’association, Open Geneva, association à but non lucratif, qui, elle, met en place des évènements afin de rassembler les innovateurs dans le but de pouvoir faire vivre leurs idées, de pouvoir communiquer sur leurs projets ainsi que de pouvoir soutenir leur développement dans les domaines de l’art, la science, la technologie et la société.

[1] C’est une nouveauté importante qui modifie un produit ou un service en profondeur et qui transforme un marché existant en créant une valeur nouvelle. L’innovation de rupture consiste ainsi à développer un produit ou un service susceptible de créer un nouveau marché et une nouvelle demande.

Sources :

https://www.hypeinnovation.com/fr/logiciel-innovation-collaborative/open-innovation?utm_campaign=Website+FR&utm_term=%2Binnovation%20%2B%20ouverte&utm_source=adwords&utm_medium=ppc&hsa_grp=49061995426&hsa_ver=3&hsa_kw=%2Binnovation%20%2B%20ouverte&hsa_acc=5680922852&hsa_cam=679205493&hsa_tgt=kwd-387388640346&hsa_src=g&hsa_mt=b&hsa_net=adwords&hsa_ad=237112118125&gclid=CjwKCAjw26H3BRB2EiwAy32zheHrmn613KjAxkPTXmuGpj8OtSqWE0cNW-cGc-7HaR67yBisbHOb2RoCvG8QAvD_BwE

https://www.qmarkets.net/use-cases/by-business-challenge/what-is-open-innovation/?qm_src=adwords&qm_adgroup=Open_Innovation_&_innovation_solutions_|_Global_|_1st_priority&qm_src_extra=open_innovation&utm_medium=ppc&utm_campaign=Open+Innovation+%26+innovation+solutions+%7C+Global+%7C+1st+priority&utm_source=adwords&utm_term=open%20innovation&hsa_grp=39191981666&hsa_tgt=kwd-269416362&hsa_ver=3&hsa_ad=407594304851&hsa_net=adwords&hsa_kw=open%20innovation&hsa_mt=p&hsa_acc=3759777188&hsa_cam=754236142&hsa_src=g&gclid=CjwKCAjw26H3BRB2EiwAy32zhdt_7MeP7sJeM3IVfuvNS87Q_32ENkDxJEuNoIV6-x3JbuYfpg0-yxoCsnUQAvD_BwE

https://www.satw.ch/fileadmin/user_upload/documents/02_Themen/01_Frueherkennung/SATW-Innovationskraft-Internet-FR.pdf

https://www.bearingpoint.com/fr-ch/blogs/blog-energie/le-printemps-de-lopen-innovation/

https://opengeneva.org/a-propos-de-nous/#c-est-ca

https://www.bilan.ch/opinions/open_innovation_dans_une_pme_grace_au_programme_innokick

https://www.postfinance.ch/fr/notre-profil/entreprise/chroniques-de-pionniers/ormera-une-start-up-de-la-blockchain-grace-a-lopen-innovation.html?gclid=CjwKCAjw26H3BRB2EiwAy32zhR4c5ybAxcyKn02SQxFYuKJBlTEw_psPtAiTjFmU8BNYi4MJ2x1q5BoCY_IQAvD_BwE

https://www.hyve.net/de/atizo-hyve-switzerland/

L’innovation de rupture : définition et exemples


La communication à l’époque du coronavirus : Les dangers de l’infodémie.

La pandémie nous a certainement pris par surprise et l’État a dû faire face à une situation d’urgence imprévue et totalement nouvelle, avec des effets sur de nombreux aspects de la vie des citoyens. Parmi les effets secondaires de cette situation, l’infodémie a peut-être été sous-estimée. Ce que les événements récents en Italie nous apprennent, c’est que la gestion de l’information est cruciale pour la mise en œuvre efficace des mesures. Les actes de communication, en particulier dans les situations d’urgence, sont fondamentaux. Un premier point fixe à souligner est qu’il existe un lien de cause à effet direct entre la faible « lisibilité » de la communication institutionnelle et l’infodémie, c’est-à-dire la prolifération et la diffusion de nouvelles qui altèrent souvent la réalité et lui donnent une image partielle ou déformée. Cette infodémie touche de préférence les personnes qui ont des difficultés à accéder aux canaux de communication officiels (institutionnels et scientifiques, principalement), qui sont l’instrument permettant de vérifier la véracité des nouvelles. Ceux qui ne comprennent pas sont plus fragiles et plus vulnérables. Parce qu’une mauvaise communication crée des dissonances, les dissonances créent la panique et la panique génère souvent des réactions et des comportements contre-productifs. Le raisonnement sur les mécanismes linguistiques qui accompagnent la communication des institutions et de la presse dans les situations d’urgence peut être un outil utile pour faire face plus efficacement à l’avenir à des situations complexes comme celle d’aujourd’hui et pour contribuer directement à l’écologie du discours public. 

Parmi les effets secondaires de la pandémie, l’infodémie a peut-être été sous-estimée.

Ces dernières semaines, le COVID-19 a changé nos habitudes, a radicalement modifié nos priorités et aussi notre perception de la réalité. Cette histoire marquera une génération de manière irréversible, comme cela s’est produit pour nos grands-parents avec la guerre. Il y a toutefois un aspect qui distingue la situation que nous connaissons actuellement des quelques situations comparables qui se sont produites au cours des dernières décennies : la pandémie, aujourd’hui, est associée à ce que l’on appelle une infodémie, c’est-à-dire la diffusion d’une énorme quantité d’informations provenant de différentes sources et dont le fondement est souvent invérifiable. Tout comme les virus, les nouvelles se propagent aujourd’hui très rapidement et par de multiples canaux. La « contagion informationnelle » a pour effet de rendre la gestion de l’urgence beaucoup plus complexe, car elle compromet la possibilité de transmettre des instructions claires et sans ambiguïté et, par conséquent, d’obtenir un comportement homogène de la part de la population. Cela marque une différence d’époque par rapport aux urgences mondiales, et pas seulement aux urgences sanitaires, du passé, où la transmission plus lente des nouvelles et le nombre limité de moyens de communication permettaient de réagir de manière plus ordonnée. 

Pour la communication institutionnelle, il faut partir d’un fait particulièrement éloquent : l’Italien moyen utilise systématiquement des sources d’information autres que les sources officielles. En Italie, l’infodémie trouve un terrain particulièrement fertile et s’enracine plus qu’ailleurs. Cela constitue déjà en soi un aliment utile pour la réflexion. Les explications de cette propension peuvent évidemment être nombreuses. 

C’est l’information implicite, plus que l’information explicite, qui guide l’opinion publique et, par conséquent, innerve les infodémies. 

Messages explicites et messages « cachés »

Si, en ce qui concerne la communication institutionnelle, il n’y a pas de contagion avant et après, la presse a commencé à parler de COVID-19 alors que le virus semblait encore être un problème en Chine, si loin de nous et incapable d’affecter lourdement nos vies. C’est précisément la comparaison entre la communication pré-Codogno et post-Codogno qui offre des perspectives très intéressantes. L’analyse d’un échantillon d’articles sur le coronavirus publiés en ligne par le Corriere della Sera révèle qu’avant la détection de l’épidémie en Lombardie, l’indice de lisibilité des articles se situait, de manière uniforme, à des valeurs proches de 50 %, bien supérieures à celles observées pour la communication institutionnelle, mais pas encore suffisantes pour atteindre la quasi-totalité des citoyens. L’idée de base est probablement que le thème, à l’époque, ne pouvait concerner que ceux qui avaient un lien quelconque avec la situation qui se dessinait en Chine. Tant que le virus ne franchit pas les frontières nationales, le sujet n’est pas présenté et géré comme s’il était d’utilité générale. Et il n’est pas nécessaire de préparer « le grand public » à un événement aussi traumatisant. 

Après l’épidémie en Lombardie, le tableau change brusquement et fortement : l’indice moyen de lisibilité des articles sur COVID-19 s’élève à près de 65 %. Concrètement, cela signifie que les articles sont rédigés dans un style complètement différent et deviennent lisibles pour un public potentiellement beaucoup plus large. En bref, la question est désormais d’intérêt public et la communication du Corriere s’adapte. Ce changement radical de style est en revanche récompensé par les accès qui, selon les données de Google, augmentent de manière très significative.

Mais l’aspect le plus frappant de la communication journalistique, dans la comparaison entre l’avant et l’après Codogno, est celui des informations transmises explicitement et surtout implicitement. Parce que c’est l’information implicite, plus que l’information explicite, qui guide l’opinion publique et, par conséquent, innerve les infodémies. 

En ce qui concerne le contenu implicite, nous pouvons recourir à deux catégories : les hypothèses et les implications. Les hypothèses consistent à exprimer le contenu tel que l’auditeur le connaît déjà. Par exemple, si un ami vous disait « la beauté de ce livre réside dans son style », il ne vous dirait pas explicitement qu’il pense que le livre est beau, mais il le prendrait pour acquis et le partagerait : de cette façon, les informations subjectives sont transmises comme si elles étaient objectives. L’efficacité des hypothèses est due au fait qu’elles exonèrent l’émetteur de toute responsabilité quant au contenu, qui, considéré comme acquis, est à l’abri de tout examen critique. 

Les implications, d’autre part, consistent en un mécanisme de reconstruction d’un message par le destinataire. Si nous demandions à un ami : « Lucia est-elle chez elle ? » et qu’il nous répondait : « J’ai vu le panda bleu sous son palais », nous – peut-être aidés par le fait de savoir que Lucia a un panda bleu et qu’elle se déplace habituellement en voiture – laisserions entendre que Lucia est chez elle, même sans l’entendre explicitement. 

La communication sur les épidémies a mûri, au fil des ans, certains éléments constants, qui reviennent également dans le cas de COVID-19. Dans un article publié en 2005 dans le magazine Social Science & Medicine, Patrick Wallis et Brigitte Nerlich ont analysé les cadres activés dans 1153 articles de cinq journaux anglais, publiés entre l’apparition du virus du SRAS en mars 2003 et la fin de l’épidémie en juillet de la même année. L’analyse révèle que les journaux ont surtout utilisé deux métaphores : celle du tueur et celle du contrôle. Considérer le virus comme un tueur signifie donc lui attribuer des caractéristiques telles que l’intentionnalité, une létalité élevée, la planification, l’imprévisibilité. Qu’est-ce que cela implique ? Que les réactions des lecteurs soient également dues, au moins en partie, à ce cadre métaphorique : un tueur doit être identifié, traqué, poursuivi, capturé. Le cadre de contrôle, au contraire, est activé par des expressions telles que investigation, confinement, mesures, réactions et, concrètement, il se traduit par la légitimité sociale des méthodes de gestion des urgences, par exemple sur le plan politique et économique. 

Images récurrentes dans la communication sur COVID-19 

Dans la communication relative à COVID-19, nous rencontrons plus ou moins tous ces cadres métaphoriques, bien qu’à des fréquences et à des moments différents. 

Avant l’épidémie lombarde, les cadres les plus fréquemment activés par les choix lexicaux des journaux font référence aux dimensions « locales » du problème et sont systématiquement associés à la Chine. Des expressions telles que le virus de Wuhan ou le virus chinois et la description du marché de Wuhan activent des idées liées aux concepts d’exotisme et de sauvagerie et une méfiance à l’égard des voyages à destination et en provenance de cette partie du monde et, ensuite, pour ceux qui viennent de cette région. 

Après l’explosion de la contagion en Italie, le tableau des informations cachées change. La métaphore de la guerre apparaît, comme on pouvait s’y attendre, tant dans les médias officiels que dans la communication informelle, dans des expressions comme « le front », « la tranchée », « les soldats », et jusqu’aux déclarations plus explicites comme « nous sommes en guerre ». Cette métaphore vise certainement à créer une cohésion et à unir le peuple de façon idéale contre un ennemi. Mais lorsque l’ennemi est invisible, comme c’est le cas ici, il est presque inévitable de déverser sa colère sur un objectif tangible. En associant le cadre initial de la Chine et la métaphore de la guerre qui a suivi, il n’était pas difficile de s’attendre à une régurgitation raciste de la communauté chinoise en Italie. 

L’évolution de la métaphore de la guerre est cependant particulièrement significative, car, par la suite, elle se concentre non pas tant sur l’image de l’ennemi (qui est invisible), mais de manière plus constructive sur celle des « soldats » et des « blessés » : les premiers sont les médecins et les infirmières ; les seconds, les malades. Les médecins et les infirmières, en particulier, apparaissent toujours en uniforme et portent des « cicatrices » métaphoriques sur le visage, les signes du masque et les dispositifs de protection. Tout cela, d’autre part, détermine un sens fort et redécouvert de la cohésion sociale autour de ces chiffres, qui se manifeste explicitement dans les nombreuses manifestations de solidarité dont nous avons été témoins. 

Sources:

COVID-19 : UN VECTEUR DE PROPAGATION POUR L’INNOVATION OUVERTE ?

Depuis l’apparition du COVID-19 le monde a dû faire face à de nombreux défis. Il y a pourtant une lueur d’espoir : l’innovation ouverte s’est propagée à travers les entreprises avec une rapidité sans précédent.

Le premier trimestre de l’année 2020 a confronté de nombreuses entreprises à des challenges existentiels. Des systèmes sanitaires ont été mis à l’épreuve à travers le monde entier, le secteur gastronomique a dû faire face à des pertes de revenus périlleuses et la totalité de l’économie mondiale a dû apprendre à gérer les défis liés aux mesures sanitaires strictes, le télétravail et le confinement. Il y a malgré toutes les problèmes et les drames de cette période tumultueuse une lueur d’espoir : des entreprises ont commencé à collaborer ouvertement entre eux et avec le public à une échelle sans précédent.

Extrait sur la collaboration entre Ford et GE Healthcare pour la production de ventilateurs et de respirateurs

Le géant multinational Siemens a ouvert les portes de son réseau de manufacture de composantes pour faciliter le développement et la production d’appareils médicaux. Scania a collaboré avec des hôpitaux universitaires pour transformer les cales de cargaison des camions en laboratoires mobiles pour accélérer la mise en place de centres de test. Ford collabore avec 3M, GE Healthcare et United Auto Workers pour reconfigurer des ventilateurs et des batteries de voitures en ventilateurs médicaux. Roche Canada a organisé un concours d’innovation ouverte pour contrer le COVID-19 et a investi $ 900’000 pour développer des projets autour les propositions les plus prometteuses. En dehors de son potentiel de sauver des vies et conter les effets de la pandémie, l’innovation ouverte peut représenter des bénéfices énormes pour les entreprises qui la pratiquent. Pendant trop longtemps l’innovation ouverte était une ambition des entreprises qui ne s’était jamais entièrement mise en pratique. Des hackatons et d’autres formes d’innovation ouverte organisées pour récolter des idées, n’ont trop souvent pas abouti dans des projets concrets. L’envolée de l’innovation ouverte pendant la période de la pandémie nous a rappelé ses bénéfices en termes de potentiel de créer des partenariats, de combiner différents champs d’expertise et d’accélérer le processus d’innovation.

Innovation ouverte : exemples de collaborations lors du COVID-19
Camion médical Scania, usine Siemens, ventilateurs Ford (d.g.à.dr.)

Implémentation accélerée de l’innovation ouverte pendant la pandémie

L’implémentation d’une stratégie d’innovation ouverte nécessite en général des changements structurels et une concentration des efforts du management. L’implémentation est donc souvent ralentie par une allocation de ressources à des endroits plus « urgents . Dans le temps de la crise, l’implémentation des stratégies d’innovation ouverte est tout d’un coup devenu incontournable et elle est donc devenu une priorité du management dans beaucoup d’entreprises. Trouver des partenaires adéquats demande normalement beaucoup de ressources et de temps, mais ce processus a été considérablement accéléré par pure urgence pendant les périodes les plus difficiles de la pandémie. On ne peut qu’espérer que les effets des restructurations qui étaient nécessaires pour contrer la pandémie du COVID-19 vont continuer à résonner et que le chemin vers une innovation plus ouverte qui a été pavé au sein de beaucoup d’entreprises continuera à être utilisé et développé dans le futur.

Avantages de l’innovation ouverte en période de crise

L’avantage le plus évident des différents exemples d’open innovations décrits en haut est bien sûr un retour accéléré vers la normalité. Mais en dehors de cela, certaines de ces collaborations pourraient continuer à être productif dans le futur. Les actes de foi que les entreprises font pour collaborer en situation de crise sont récompensé par une confiance réciproque. Cela peut être une base solide pour des collaborations futures et pour des innovations qui en peuvent résulter. Les stratégies de l’innovation ouverte sont parfaitement adaptées à des périodes de conjoncture difficile, car elles permettent de réduire les coûts du processus d’innovation et de le rendre plus efficace et plus efficient. En plus de cela, les entreprises qui sont dynamiques et innovantes, auront généralement plus de facilité à s’adapter à des crises dans le futur, ce qui sera un avantage concurrentiel énorme, notamment si la crise du COVID-19 perdure.

Auteur: mdb

Sources:

Harvard Business Review (2020). Why Now Is the Time for “Open Innovation”. https://hbr.org/2020/06/why-now-is-the-time-for-open-innovation. Consulté le 11.06.2020.

Amerland, A. (2020). Innovationen schützen Unternehmen vor Corona-Pleite. https://www.springerprofessional.de/innovationsmanagement/open-innovation/innovationen-schuetzen-unternehmen-vor-corona-pleite/17896744. Consulté le 10.06.2020. Consulté le 10.06.2020.

Wells, B. (2020). Roche Canada Announces Winners of COVID-19 Open Innovation Challenge. https://www.newswire.ca/news-releases/roche-canada-announces-winners-of-covid-19-open-innovation-challenge-828217673.html. Consulté le 10.06.2020.

Page Baley, M. (2020). Siemens opens its Additive Manufacturing Network for production of medical equipment in response to COVID-19 pandemic. https://www.chemengonline.com/siemens-opens-its-additive-manufacturing-network-for-production-of-medical-equipment-in-response-to-covid-19-pandemic/?printmode=1. Consulté le 11.06.2020

Amazon Mechanical Turk : exploitation de « l’ouvrier du numérique » ou opportunité pour arrondir sa fin de mois ?

Lancé 2005 par l’entreprise américaine mère de commerce électronique, Amazon Mechanical Turk (AMT), « Turc mécanique d’Amazon » en français, est une plateforme de crowdsourcing (collaboration avec la foule) qui offre au public des petits boulots. Ces activités, plus ou moins simples, peuvent prendre diverses formes mais en général, ce sont des tâches où l’intelligence artificielle (IA) est peu efficace. Est-ce que ce modèle « gig economy » (économie des tâches) est un moyen de se procurer une rémunération supplémentaire, voire primaire ou bien, au final, une forme cachée de neo-colonialisme par l’organisation?

Le nom de cette plateforme AMT n’est pas anodin. Bien au contraire, cette référence provient du célèbre canular du 18ème siècle, où un automate, censé jouer aux échecs, contenait en réalité un être humain de petite taille, qui accomplissait le rôle prétendu de la machine. Donc, AMT résume cette supercherie au fait que derrière de nombreux services « intelligents » se dissimule l’Homme.

Amazon Mechanical Turk est une plateforme de crowdsourcing qui, en d’autres termes, permet d’externaliser certaines activités du travail pour les internautes au travers du réseau web. Ces activités en questions sont divisées en sous-activités, ce que nous appelons également les micro-tâches, nommés les « tâches d’intelligence humaine » (Human Intelligence Task – HIT) sur la plateforme AMT. Ce sont des tâches peu complexes et répétitives.

Les stakeholders dans l’Amazon Mechanical Turk

Généralement, Amazon Mechanical Turk propose un travail de qualité. Cependant, si les micro-activités sont trop complexes, ou bien lorsqu’il y a un conflit dans l’équilibre de contribution et rétribution, il se peut que le service perde de son génie.

Pour bien comprendre le mécanisme, il faut déjà identifier clairement les différentes parties prenantes dans l’Amazon Mechanical Turk :

  • les demandeurs de tâches, connu aussi sous le nom « requesters ». Ces personnes sont celles qui proposent les diverses activités (les commanditaires). C’est également ces mêmes personnes qui déterminent le montant de la rémunération pour la tâche en question. Par ailleurs, ils ont la possibilité d’évaluer la qualité de la performance des travailleurs, et si le résultat ne leur plaît pas, ils peuvent même se rétracter après coup. Ils peuvent sélection le profil des « turkers » (= travailleurs) qu’ils désirent. Ce qui est intéressant, c’est que ces « requesters » n’ont pas le statut d’employeur.
  • les travailleurs, connu aussi sous le nom de « turkers ». Nous n’avons pas le nombre exact mais ils seraient très nombreux, probablement plus de 500’000 (en 2016). Ce type de groupe choisit d’accomplir les micro-activités des demandeurs, seulement si elles correspondent à leurs exigences. Selon des données tirées de certaines études, « 20 % considèrent la plateforme comme leur source de revenu primaire », et « 50 % comme leur source de revenu secondaire ». Autres données intéressantes : « 20 % des travailleurs passent plus de 15 heures de manière hebdomadaire sur la plateforme AMT, et contribuent à 80 % des tâches ». Pourtant, le salaire moyen par heure n’est pas si élevé. Il se situerait dans les alentours 2 dollars… (une vraie exploitation ?). De plus, n’ayant pas de formation au préalable pour utiliser pleinement les services de la plateforme, un « travail caché » considérable est effectué dans un premier temps et cela, de manière non rémunéré. Ils bénéficient, quant à eux, d’un statut de « travailleur indépendant ». Ils n’ont aucun contrat et par conséquent, AMT n’est soumis à aucune forme de contrôle !
  • Amazon. L’organisation n’interfère pas, à proprement parler, dans la relation entre les demandeurs et les travailleurs, sauf en cas de problème important. Elle n’intervient que pour retirer un pourcentage de la rémunération due au travailleur, en tant que frais de comission, généralement entre 20 à 40%.

La sélection sur Amazon Mechanical Turk est très particulière. D’une part, AMT crée ses propres « listes de qualification » (modalités de sélection) afin de pouvoir manager les demandeurs de tâches qui ont déjà fourni des services pour eux, et d’autre part, ces fidèles demandeurs (« requesters ») peuvent choisir les nouveaux « entrants » en se basant sur les « qualifications types » définis par l’organisation même. En effet, en plus du fait que la concurrence est rude, Amazon se base sur divers critères de réputation. Certains perçoivent cela comme une forme de pression… En d’autres termes, cela comporte le pourcentage de :

  • « feedbacks positif du requester » ;
  • « HITs rejetés par le requester » ;
  • « HITs abandonnées par le requester » ; et
  • « HITs réalisés par le requester ».

Ce qui rend très intéressant cette plateforme de crowdsourcing, c’est qu’elle requiert très peu exigences, voire aucune qualification pré-requise. Les micro-activités les plus communes sont :

  • « la traduction de textes ou de fragments de textes » ;
  • « la transcription, l’identification ou le classement de fichiers audio ou de vidéos » ;
  • « la modération de contenus (images, textes, vidéos) » ;
  • « la réalisation de sondages, de questionnaires ou d’enquêtes en ligne » ;
  • « la réalisation de requêtes sur les moteurs de recherche » ;
  • « l’écriture de textes ou la rédaction de commentaires : avis, critiques, évaluations,… » ;
  • etc.

L’intelligence artificielle (IA) et les machines remplaceront-ils un jour totalement l’être humain au travail ? Il est très difficile de répondre de manière objective à cette question, mais une chose est sûr : nos jobs sont continuellement en train de se transformer et ce n’est pas prêt de s’arrêter !

Auteur: José GOMES DA COSTA

SOURCES :

Coronavirus, Un Hackathon national

Et si la crise sanitaire du coronavirus avait également certains bons cotés ? Elle a dans un sens permis d’initier la population suisse à l’«Open Innovation » et notamment aux Hackathons.

Le printemps 2020 a été une période mondialement compliquée. En effet, la population du monde entier a dû faire face à une crise sanitaire. Un Virus, le coronavirus a contaminé des pays entiers. Afin de lutter contre sa propagation et ainsi de pouvoir limiter les décès, de nombreux pays ont pris la décision de confiner leurs citoyens. La Suisse n’a pas fait exception à la règle. Le 14 mars 2020, le conseil fédéral a fermé toutes les écoles et a incité la population à travailler depuis leur domicile.

Pendant ce temps, une course contre la montre a débuté avec pour objectif de trouver des solutions pour combattre cette crise sanitaire, mais également la crise économique qu’elle a induite. Dans le monde entier, les communautés des chercheurs, mais également des individus de domaines complètement distincts se sont réunis virtuellement pour travailler ensemble. Dans cette même vision, de nombreux Hackathons ont été organisés.

Un Hackathon est une pratique collaborative. L’idée principale de cette pratique est le rassemblement d’individus avec des backgrounds différents afin qu’ils résolvent des problèmes ensemble. Au début, les hackathons étaient réservés aux informaticiens qui collaboraient sur des sujets de programmation informatique. Actuellement, ce n’est plus nécessairement le cas, tout le monde peut participer à des hackathons.

Versus virus, un hackathon nationale en Suisse

Une course collective contre le Covid-19 - Bilan

La crise sanitaire et celle économique qui l’a suivie ont été des contextes propices à l’organisation de nombreux hackathons. Au début du mois d’avril 2020, un hackathon national s’est déroulé pendant 48h en Suisse. Plus de 250 projets ont été imaginés dont 42 qui ont reçu un capital d’amorçage de 1000 francs. Pendant près de 48h, plus de 4500 hackers se sont réunis dans près de 611 équipes. Tous les projets avaient pour objectifs de résoudre des problèmes liés à la crise sanitaire dans des domaines diversifiés tels que dans les soins hospitaliers et dans la limitation de l’impact sur les activités commerciales.

Une équipe formée par des étudiants de plusieurs niveaux de l’EPFL a proposé des solutions pour améliorer l’efficacité des masques chirurgicaux. En effet, ces étudiants ont développé des projets qui résoudraient le problème des ajustements trop lâches de ces masques.  Leur première proposition était d’ajouter au masque aux emplacements sous les yeux et sur la joue une mousse de polypropylène. Cette mousse permettrait d’augmenter l’étanchéité des masques. En effet, la mousse va agir comme : «  a filter that traps bacteria and viruses by electrostatic attraction ». La deuxième proposition faite par cette équipe d’étudiants de l’EPFL est de mettre en place un indicateur de changement de couleur pour alerter le porteur qu’il doit changer de masque. Ce code couleur permettrait de limiter l’utilisation de masques qui ne sont plus efficace, car utilisés pendant une trop longue période et permettrait également de limiter le gaspillage.

Nous avons pu interroger une participante sur son expérience. Elle nous a expliqué qu’elle avait apprécié participer à cet hackathon. En effet, cette expérience lui a permis de s’intéresser à un nouveau sujet, mais également de travailler en équipe avec des individus de tout domaine.

La crise sanitaire qui a touché le monde au printemps 2020 a permis à la population mondiale de réinventer sa façon de vivre et de découvrir de nouveaux horizons. Les hackathons ne sont qu’une nouvelle façon de travailler en communauté mise en avant. En effet, la crise sanitaire a permis le développement de nombreuses innovations digitales.

Auteur: Chloé Vuille-Dit-Bille

Sources:

https://www.e-marketing.fr/Definitions-Glossaire/Hackathon-257022.htm

https://www.ictjournal.ch/articles/2020-04-08/42-prototypes-prometteurs-dont-une-app-smartwatch-empechant-de-se-toucher-le

LEGO, la stratégie payante de la co-création

Qui n’a jamais laissé libre cours à son imagination en jouant avec l’un des plus célèbre jouet du monde; la brique LEGO ? Loin de ce qu’était un jour une petite fabrique danoise de jouet en bois, LEGO est désormais l’un des premiers fabricant mondial de jouet. Une des causes de son succès ? Sa stratégie d’inclure ses fans dans la conception des produits.

Le marketing participatif de LEGO

La stratégie de LEGO fonctionne sur le principe du marketing participatif, ou co-marketing. Il s’agit d’une démarche visant à inclure les consommateurs dans la conception et l’évolution des produits. Le plus souvent, les entreprises et le public interagissent sur des plateformes créées à des fins de collaboration. La participation dans la conception des produits peut se faire à différents degrés, allant du simple choix de couleur à la conception « from scratch » d’un produit.


“You don’t think yourself into a new way of acting, you act yourself into a new way of thinking.”


David C. Robertson, Brick by Brick: How LEGO Reinvented its Innovation System and Conquered the Toy Industry

L’origine de la stratégie

Alors que l’entreprise était au bord de la rupture au début des années 2000 à cause d’une diversification abusive et d’un business model obsolète, LEGO su rebondir, notamment grâce à sa communauté de fans. Ceux-ci, grâce à la digitalisation de la société, commencèrent à poster des vidéos et photos mettant en scène les produits LEGO. En 2006, les fans lancèrent même leur propre plateforme de partage pour afficher leurs créations : Brickipedia. Plutôt que d’ignorer ou de réprimer cette communauté pour leur utilisation dérivée de l’image de LEGO, l’entreprise choisi de les inclure dans son processus créatif.

Création d’un fan : La Cabane dans les Arbres

Des produits par les fans pour les fans

En plus de créer des produits pour ses fans, LEGO les intégra dans le processus de création de ceux-ci. La plateforme LegoIdeas sert de lieux de rencontre entre l’entreprise et ses fans créatifs. Sur la plateforme, les fans peuvent partager leurs projets et voter pour leurs idées préférées. Des concours sont également organisés. Les meilleures idées sont ensuite commercialisées par LEGO. Ainsi, plusieurs produits sur le marché sont en réalité des créations de fans; cabane dans les arbres, maison des Pierrafeu, rouge-gorge et bien d’autres.

Une stratégie payante

Non seulement collaborer avec ses fans permet à LEGO de lancer de nouveaux produits originaux, mais cette co-création lui sert aussi à créer une communauté forte et ancrer sa culture LEGO. La proximité de la marque avec ses fans instaure un climat de confiance et favorise une image novatrice et positive de la marque.

Posséder ses propres plateformes de collaboration permet à LEGO de garder un certain contrôle sur sa communauté tout en lui offrant un endroit où se réunir. Grâce à la co-création, LEGO a une meilleure vision des tendances et des envies et besoins de ses fans, mais peut également réduire certains coûts de recherche et développement.

LEGO doit une grande partie de son succès à ses fans. Décider de les impliquer dans le processus de création des produits a été une stratégie payante puisque les fans, surmotivés, sont nombreux à avoir répondu à l’appel et à avoir conribué au succès de l’entreprise.

Création d’un fan: La Maison des Pierrafeu

Auteur: Audrey Hess

Sources

https://www.revuegestion.ca/lego-la-revolution-une-brique-a-la-fois

https://hbr.org/2009/01/lego-ceo-jorgen-vig-knudstorp-on-leading-through-survival-and-growth

https://www.e-marketing.fr/Definitions-Glossaire/Marketing-collaboratif-242231.htm

https://www.huffingtonpost.fr/entry/les-afol-ces-adultes-fans-de-lego-qui-donnent-une-autre-dimension-aux-briques_fr_5dfa4045e4b0d6c84b77405e

https://www.hothbricks.com/wp-content/uploads/2015/12/lego-ideas-wanted-creative-shit.gif

https://www.hellobricks.com/2019/02/nouveaute-lego-ideas-21316-flintstones-pierrafeu-annonce-officielle/

Communication de crise face au COVID-19

Qu’est-ce que la communication de crise ?

Suite à des événements incontrôlables, les dirigeants doivent mettre en place une stratégie de communication spécifique, afin de pouvoir gérer la crise. Cette communication de crise regroupe la communication interne, la communication institutionnelle, les relations presse et les relations publiques. Pour mettre en place une communication de crise il est important de se poser la question de ce qu’est la crise, de ses impacts, de ses enjeux, imaginer la suite possible des événements et fixer le regard sur l’horizon de la sortie de crise. Ensuite, il faut déterminer les objectifs de la communication de crise. Durant cette période, les responsables sont soumis à des pressions psychologiques qui les poussent à se précipiter dans l’action. De plus, la communication de crise ne se préoccupe pas exclusivement de communiqués de presse et de réseaux sociaux, mais aussi prépare les dirigeants aux rendez-vous, détermine ce qui peut être dit ou non, planifie chaque mot et signe et assure une parfaite cohérence entre toutes les communications dans le respect du public et de la loi.

Comment gérer une communication de crise?

Plusieurs points sont indispensables pour gérer une crise. Tout d’abord, il est important d’anticiper l’apparition des crises, les risques qu’elles peuvent provoquer et comment les maîtriser. Ensuite, les bonnes informations doivent être communiquées au bon public, afin de paraître professionnel et crédible. Puis, une cellule de crise doit être montée afin de coordonner l’action, qui est composée d’un responsable de la gestion de crise, d’un responsable de la communication, d’experts et de porte parole. De plus, un plan de communication de crise doit être établi, avec un discours cohérent et des outils pertinents, pour que les contenus soient adaptés au message global. Pour terminer, il est important d’avoir déjà établi des relations de confiance avec les médias, utiliser les réseaux sociaux pour transmettre directement les messages et toujours se remettre en cause.

Communication de crise et COVID-19

En ce temps de pandémie, les gouvernements du monde entier sont confrontés à une situation sanitaire inédite. En effet, dans des situations rapides et incertaines, de nombreux dirigeants sont confrontés à des questions auxquelles ils peuvent même ne pas avoir de réponses. Ils doivent donc adopter une communication de crise, tout en étant honnête et ouvert pour maintenir leur crédibilité. Cependant, le doute met systématiquement en cause toute prise de parole officielle. En effet, la population se demande si la vérité d’aujourd’hui ne sera pas rectifiée demain. Il est donc difficile pour les dirigeants de fixer les règles de communication pour convaincre de la légitimité des consignes face à la crise sanitaire.

La crise sanitaire du COVID-19 est un phénomène anxiogène lié à un contexte inédit et à l’incertitude concernant l’évolution de la situation : incertitude sur le taux de létalité, sur la chaîne de transmission de l’épidémie, sur la rapidité de l’évolution de l’épidémie, mais également incertitude sur les impacts économiques et financiers de cette crise. Et face à cela, l’individu devient irrationnel. Il est donc important de gérer calmement la situation complexe et incertaine en anticipant pour ne pas affoler. De plus, l’objectif de la communication de crise est d’expliquer l’efficacité et la pertinence des actions et décisions choisies pour gérer le problème. Le but est donc d’informer sur la situation, et préserver toute crédibilité dans la gestion de cette crise.

Conclusion

Il faut donc être transparent dans la communication et utiliser la crise comme une opportunité pour renforcer les fondamentaux à long terme de la société. De plus, les dirigeants doivent considérer la communication du point de vue du public et faire preuve d’empathie pour celui-ci. En gestion de crise, il faut alors savoir rassurer, mais aussi savoir prendre des décisions.

Ophélie Campo

Sources

Argenti P. (2020). Communicating Through the Coronavirus Crisis. Harvard Business Review. https://hbr.org/2020/03/communicating-through-the-coronavirus-crisis.

Dabi-Schwebel, G. Management de la communication de crise – Conseils. 1min30. https://www.1min30.com/relations-presse/communication-de-crise-6472.

Delouvrier M. et Heiderich D. (2016). Ce qu’il faut savoir de la communication de crise. Le temps. https://www.letemps.ch/opinions/quil-faut-savoir-communication-crise.

La rédaction (2020). Coronavirus. De la communication de crise sanitaire à l’ère du doute. Ai angers info. https://www.my-angers.info/03/16/coronavirus-de-la-communication-de-crise-sanitaire-a-lere-du-doute/86750.

Marin L. (2020). Ce que le coronavirus nous enseigne de la gestion de crise d’Emmanuel Macron. The conversation . http://theconversation.com/ce-que-le-coronavirus-nous-enseigne-de-la-gestion-de-crise-demmanuel-macron-133702.

Global Game Jam : 48 heures pour concevoir un jeu vidéo !

En quoi consiste le Global Game Jam?

Le Global Gam Jam est événement numérique qui poursuit un unique but : rassembler des gens à travers le monde afin de créer des jeux vidéos innovants dans un esprit créatif et collaboratif. A la façon d’un Jam musical qui regroupes des musiciens afin de jouer ensemble, ici, on réunit des spécialistes de la conception des jeux vidéos (game designer, sound designer, programmeur et graphic designer) pour élaborer des jeux vidéos ludiques qui seront disponibles gratuitement pour tout le monde sur le site de la GGJ.

Un succès croissant !

En général, la conception d’un jeu vidéo par les studios de création se comptent en année. Ce concept casse cette idée reçue et propose d’en créer un le long d’un week-end intensif. Fondé en 2008, la Global Game Jam est aujourd’hui la plus grande Jam du monde. En 2019, 860 endroits dans 113 pays, on prit part à cette édition afin de créer 9010 jeux vidéos.

Cependant, les participants retrouvent chaque année une contrainte à leur créativité : un thème imposé ! Pour 2020, les participants ont dû se creuser les méninges sur la thématique de la réparation.

Quelques chiffres :

  • 2009 – Thème : As long as we have each other, we will never run out of problems
    Statistiques : 53 sites, 1 650 participants, 370 jeux créés
  • 2010 – Thème : Déception
    Statistiques : 138 sites, 4 300 participants, 900 jeux crées
  • 2011 – Thème : Extinction
    Statistiques : 169 sites, 6 500 participants, 1 500 jeux créés
  • 2012 – Thème : image d’un ouroboros
    Statistiques : 242 sites répartis dans 47 pays, 2 209 jeux créés
  • 2013 – Thème : son d’un battement de cœur
    Statistiques : 319 sites répartis dans 63 pays, 16 705 participants, 3 248 jeux créés
  • 2014 – Thème : We don’t see things as they are, we see them as we are
    Statistiques : 488 sites répartis dans 72 pays, 4 290 jeux créés6
  • 2015 – Thème : What do we do now?
    Statistiques : 518 sites répartis dans 78 pays, 5 438 jeux créés7
  • 2016 – Thème : Ritual
    Statistiques : 93 pays, 36 000 participants
  • 2017 – Thème : Waves
  • 2018 – Thème : Transmission
  • 2019 – Thème : What home means to you
  • 2020 – Thème : Repair
La Global Game Jam de 2015 à Los Angeles

Et la Suisse dans tout ça?

L’édition de 2020 s’est déroulé du 31 janvier au 2 février à Zurich, au Tessin, à Lucerne ainsi qu’à l’HES de Genève où les participants retrouvent des bonnes conditions à la création : matelas gonflables pour se reposer, des bureaux, des salons pour tester les jeux vidéos, etc.

Sources :

Auteur : Esteban Crespo

C’est officiel : Instagram supprime les likes. Quels impacts pour les internautes?

Environs 95 millions de photos et de vidéos sont téléchargées sur Instagram quotidiennement. Et chaque jour, les internautes ont la possibilité de regarder et « aimer » les 4,2 milliards d’images et de vidéos mises en ligne.

En avril dernier, Instagram annonçait un grand changement quant à l’affichage des likes. Le géant des réseaux sociaux exprimait son souhait de petit à petit « supprimer » les likes sous les photos et les vidéos publiées. En réalité, l’idée n’est pas de supprimer cette fonctionnalité qui permet d’aimer les publications, mais simplement de masquer le nombre de fois qu’une publication a été likée. Néanmoins, les utilisateurs pourront toujours consulter le nombre de likes de leurs propres publications sur leur compte personnel, mais ne pourront plus voir le nombre de likes obtenus par les autres membres du réseau social.

Un premier test a d’abord été mis en place dans le but d’étudier un potentiel changement de comportement des utilisateurs.  C’est en été 2019 que celui-ci a été lancé dans 7 pays : le Canada, l’Australie, le Brésil, l’Irlande, la Nouvelle Zélande, le Japon et l’Italie. S’en est suivi les utilisateurs américains qui ont, à leur tour, vu disparaître le compteur de likes. A l’heure actuelle, le test a été élargi au reste du monde. Pour l’instant, le changement n’est néanmoins visible que pour un nombre limité de personnes, mais devrait rapidement se généraliser.

Pourquoi une telle décision ?

La société justifie ce changement par une volonté de créer un « environnement moins pressurisé » ainsi que pour répondre aux préoccupations de la santé mentale de ses utilisateurs. De nombreuses études ont en effet démontré que certains membres de la plateforme étaient devenus dépendants de cette course aux likes. Chez les individus les plus sensibles, cette addiction peut parfois même se transformer en dépression. Selon le PDG d’Instagram, l’objectif de ce changement est donc de « soulager la pression » que peut engendrer ce besoin constant de popularité.

Instagram, facteur de dépression

En 2017, une étude britannique de la Royal Society of Public Health dénonçait l’application comme étant « la pire plateforme de médias sociaux en ce qui concerne son impact sur la santé mentale des jeunes de 14 à 24 ans ». Une année auparavant, c’était au tour de l’institut de sondage américain Pew Research Center qui relevait que 37% des adolescents ressentaient une « pression » de poster un contenu qui pourrait récolter moins de likes et de commentaires que ceux des autres.

Un rapport sur l’addiction aux réseaux sociaux a démontré qu’environs 79% des personnes ayant un smartphone le consulte dès leur réveil au matin. Il a été démontré que la validation sociale au travers des likes libère de la dopamine ce qui pousseraient les utilisateurs à consulter leurs notifications fréquemment afin de combler un genre de « manque ».

Cette évolution a donc pour but d’améliorer le bien-être des utilisateurs quotidiens, mais les médias se demandent néanmoins comment cela va changer le travail des influenceurs.

Qu’en pensent les influenceurs?

Les avis sont partagés quant à la suppression des likes sur Instagram. Grâce aux partenariats avec différentes entreprises, les influenceurs sont rémunérés pour partager un certain contenu. Cette rémunération varie en fonction de ses followers mais peut également varier en fonction du niveau d’engagement des utilisateurs : plus il y a de likes ou de commentaires par exemple, plus forte est leur influence. Néanmoins, Tammy Hembrow, une influenceuse fitness avec 9,7 millions de followers, affirme que le changement concernant l’affichage de likes n’a pas eu d’impact sur sa façon de faire des affaires. Claire Byrne, accueille elle aussi favorablement le changement et n’est pas préoccupée par la menace qui pèse sur son revenu. Elle estime que le masquage du nombre de likes n’aura pas une grande différence sur les affaires des influenceurs à succès: « Cela n’aura un impact que sur celles et ceux qui n’ont pas de véritable influence ou d’engagement fort, soit surtout ceux et celles avec de faux abonnés ou des abonnés achetés »

Et pourtant, certains influenceurs, comme Jeam Wolfie, ont fortement critiqué cette décision. Ce dernier s’est plaint qu’Instagram lui avait enlevé un outil essentiel. Une autre instragrameuse, Mikaela Testa, a elle été jusqu’à pleurer sur une de ses vidéos Youtube pour exprimer son désaccord avec cette nouvelle mesure. Certains influenceurs ont même affirmé qu’ils se sentaient moins motivés à aimer et à interagir avec les posts des autres utilisateurs.

Conséquences

En dissimulant les likes, Instagram prive les agences de marketing d’un indicateur précieux sur le succès de leurs campagnes : « Il va falloir changer nos technologies, modifier nos algorithmes », explique Félix Lapoussière, de l’agence InfluenZZZ. « Avant, on pouvait se permettre de collecter les likes à la main, ou avec des outils, car ils étaient publics ». Comme beaucoup d’autres, son agence est déjà en train de réfléchir à de nouveaux moyens d’obtenir ces précieuses informations : « Il faudra que nos influenceurs nous envoient leur données par capture d’écran, ou que nous automatisions tout ça avec un logiciel. Nous pourrions aussi prendre d’autres données, comme les abonnés ou les commentaires ».

Ce changement risque en effet de valoriser le commentaire comme mesure pour les clients des influenceurs, mais les spécialiste affirment qu’ « un commentaire demandera beaucoup plus d’efforts qu’un simple j’aime du bout du doigt ».

D’un autre point de vue, Instagram se bat contre les faux comptes depuis très longtemps. En effet, certains utilisateurs ont recours à des applications qui leur permettent d’obtenir des faux likes. En augmentant leurs statistiques, les faux influenceurs augmentent leur exposition, et avec cela leur audience. Les entreprises doivent donc se montrer prudentes et mener des audits très poussé afin de vérifier la véracité de l’audience des utilisateurs. En dissimulant les likes, Instagram cacherait ainsi aussi les faux. Instagram éliminerait alors le besoin de recourir à de telles applications.

Désormais, il sera encore plus important qu’auparavant d’obtenir et de se concentrer sur des statistiques telles que l’engagement sur les Stories, la croissance du nombre d’abonnés sur la durée, et les indicateurs d’attention.

Sources :