Le Cyber-harcèlement – lorsque le rire devient la face cachée du mal.

Des enfants qui se chamaillent dans le préau sont des situations anodines. Mais quand les chamailleries deviennent du harcèlement et lorsque les disputes de « cours de récré’ » se transforment en règlements de compte via les réseaux sociaux, comment gérer les débordements?

C’est sans doute ce que se demande la mère de Marion Fraisse, écolière française de 13 ans. Marion a mis fin à ses jours le 13 février 2013 après avoir subi de nombreux harcèlements. Elle était la risée de ses camarades, à l’école pour commencer, puis les insultes l’ont suivies jusque dans les murs de sa maison. Elle recevait de nombreux textos, e-mails ou encore messages via Facebook après les cours. Malgré la multitude et la sévérité des menaces, ses parents n’étaient pas conscients de l’ampleur des répercutions tragiques que ce harcèlement aurait sur leur fille.

Effectivement, les enfantillages et les mesquineries dans la cour d’école sont monnaie courante et ont toujours existé[1]. Les autorités scolaires ont d’ailleurs tendance à passer l’éponge sur ces événements. « Allez Madame, ça va se tasser » répétait le principal à la maman de la petite Marion, quand celle-ci demandait à ce que sa fille soit changée d’établissement. Comment connaître la limite de tolérance de chacun de ces adolescents ?

Le cyber-harcèlement est défini comme « un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule ».

Bien que dramatiques, les cas comme celui de Marion Fraisse restent heureusement isolés. Le harcèlement à l’école ne semble pas avoir augmenté. Selon une étude faite en Belgique[2], il touche un élève sur trois. Ce chiffre, bien qu’alarmant, stagne. Ce qui a réellement changé ces dernières années, ce sont les méthodes de persécution. Grâce des outils comme Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat, Whatsapp et d’autres encore, le harcèlement se poursuit encore en dehors de la cours de récréation.

Avec l’utilisation des médias numériques, la diffusion de textes, d’images et de films malveillants ou diffamatoires via téléphone mobile ou Internet a augmenté. Le cyber-harcèlement se différencie du harcèlement dit « classique » par trois points principaux :

  1. La diffusion massive et instantanée
  2. Prolongement du harcèlement jusqu’au domicile
  3. Le harceleur peut rester anonyme en utilisant un pseudo

Ces trois différenciations rendent le cyber-harcèlement encore plus angoissant que le harcèlement physique. Il peut être lourd de conséquences par le fait que la victime peut être ridiculisée en un temps très court aux yeux d’une sphère publique très large. De plus, la victime n’a aucun lieu où être en sécurité. Lors de harcèlement « classique », une fois chez lui, l’enfant peut se sentir en sécurité au sein de sa sphère familiale. A l’ère du numérique, l’enfant est traqué jusque dans sa propre maison et ne peut jamais « échapper » à ses agresseurs. Avec les médias sociaux, l’agresseur se cacher derrière un pseudo. Ceci rend son identification compliquée et ajoute une part d’angoisse pour la victime.

Illustration de cyber-harcèlement
Illustration de cyber-harcèlement

Le cyber-harcèlement a des conséquences graves sur le bien-être et la santé mentale des victimes mais aussi des agresseurs. Il existe un consensus général selon lequel ces conséquences seraient plus importantes que celles du harcèlement traditionnel en raison des caractéristiques particulières de ce type de violence (anonymat, pouvoir de dissémination et public élargi etc.). Contrairement à la violence ordinaire, face à l’écran, les victimes sont très souvent seules et ne peuvent pas être aidées par leurs camarades.[3]

Afin d’éviter de telles conséquences ou de terribles drames comme le cas de la jeune Marion, il est impératif pour les jeunes d’être sensibilisés à ce genre de pratiques. Ils doivent dès leurs premières utilisations de smartphone ou d’ordinateur être conscients que le cyber-harcèlement existe et qu’il faut s’en protéger. Il faut également, pour les parents et le personnel scolaire, mettre en place une zone de confiance avec les enfants et être à leur écoute afin qu’ils osent discuter si un cas de harcèlement se présentait à eux. Un parent doit laisser son enfant avoir sa sphère intime intacte mais ils doivent être informés sur les dangers et les conséquences du cyber-harcèlement. Sur la Toile tout est public et tout est éternel.

 

 

[1] Desor D, Math F. (2015). Comprendre la violence des enfants, L’apport des neurosciences. Dunod. Paris. 243 p.

[2] GALAND B., HOSPEL V., BAUDOIN N., « Prévalence du harcèlement en Fédération WallonieBruxelles : Rapport d’enquête », GIRSEF, 2014.

[3] http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/que-faire/faire-face-au-cyberharcelement/

Sources :

Desor, D, Math, F. (2015). Comprendre la violence des enfants, L’apport des neurosciences. Dunod. Paris. 243 p.

http://www.jeunesetmedias.ch/fr/opportunites-et-risques/reseaux-sociaux.html. Consulté le 7 décembre 2016

http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/que-faire/faire-face-au-cyberharcelement/. Consulté le 7 décembre 2016

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20131114.OBS5469/traitee-de-pute-de-boloss-marion-13-ans-s-est-suicidee.html. Consulté le 7 décembre 2016

Citation : Smith, P.K., Mahdavi, J., Carvalho, M., Fisher, S., Russel, S., & Tippett, N. (2008). Cyberbullying: Its nature and impact in secondary school pupils. Journal of Child, Psychology and Psychiatry, 49,p 376

Rédaction : Clélia Panchaud

Relecture : Eloïse Oberson, Corinne Pittet-Del Tufo, Evelyne Panchaud

Danger : Risque de contamination ! Les fake news sur les réseaux sociaux

Qui ne l’a pas entendu ou lu quelque part pendant les mois passés ? La fameuse série télé américaine « The Simpsons » a prédit l’élection de Trump au poste de président des USA. La preuve : une vidéo YouTube montrant une scène des Simpsons de l’an 2000 dans laquelle « le président » Donald Trump descend un escalier roulant sous des cris de joie et d’applaudissement. Mais attendez…
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Et si les réseaux sociaux, ne nous rendaient pas heureux ?

reseaux

À l’heure où il est possible de recevoir des notifications sur sa montre connectée, où les réseaux sociaux brassent des millions d’abonnés, où l’on peut partager à tout moment et ce, avec tout le monde : quelles peuvent être les répercussions sur les internautes ?

Certains chiffres nous donneraient presque le vertige, 1,8 milliards d’utilisateurs sur Facebook, 500 millions d’abonnés sur Instagram ou encore 317 millions sur Twitter. Les réseaux sociaux ont encore de beaux jours devant eux selon ces statistiques publiés sur le compte du fondateur de Facebook de Mark Zuckerberg.

Photo publiée sur le compte de Mark Zuckerberg
Photo publiée sur le compte Facebook de Mark Zuckerberg.

 « There were as many people alive in 1918 as there are on Facebook today. Crazy! » – Mark Zuckerberg

Le succès de ces réseaux peut s’expliquer avant tout par le côté « social ». Outre le fait de pouvoir partager nos plus beaux selfies et d’écrire nos états d’âmes sur un « mur », il est possible, avant tout, de faire des « demandes d’amis » ou de s’abonner aux comptes des personnes qui nous sont chers, voire même, à de parfaits inconnus. Ces plateformes connectent les gens les uns aux autres quelle que soit la distance et c’est, peut-être, cela la magie des réseaux sociaux. Nous pouvons connaître presque en instantané les faits et gestes des gens qui nous entourent de par les informations qu’ils échangent sur ces réseaux. Des enquêtes démontrent que certains troubles peuvent se voir accentués par ce trop-plein de partage. Le syndrome FOMO (Fear Of Missing Out) a notamment été amplifié avec ces nouvelles technologies et certains chercheurs s’intéressent au lien qui pourrait relier réseaux sociaux et dépression.

Fomo, quèsaco ?

Les buzz sur internet sont générés à une vitesse folle et il est important de suivre si l’on ne veut pas paraître has been en parlant du « calcul challenge », alors qu’actuellement tout le monde ne jure que par le « mannequin challenge ». L’information est à portée de clic et elle se partage tout aussi vite. La peur de rater une information a un nom :  c’est le syndrome Fear Of Missing Out, également connu sous l’acronyme Fomo. Ce syndrome a notamment été amplifié par l’arrivée des smartphones qui nous permettent d’être connectés H24 sur nos réseaux sociaux préférés. Il est donc très tentant d’actualiser son fil d’actualité constamment à la recherche d’une publication toute fraîche. Une personne atteinte de Fomo éprouve un besoin irrépressible d’être au courant de tout ce qui se passe car elle a peur de rater une information importante. Elle va donc chercher à savoir ce que font les autres car elle craint de passer à côté de « l’événement de l’année » et de ce fait, passer un moins bon moment que ses amis. Cette anxiété peut ainsi créer une dépendance vis-à-vis des réseaux sociaux. Au quotidien, cela peut amplifier un sentiment de solitude, donner l’impression que la vie des autres est plus trépidante que la nôtre ou encore susciter l’envie.

Réseaux sociaux, source de dépression ?

On pourrait donc se demander si les réseaux sociaux ne pourraient pas être la cause de dépression pour certaines personnes. Des chercheurs de l’Université du Michigan se sont penchés sur la question et ont essayé d’établir un lien entre le fait de passer du temps sur Facebook (ou d’autres réseaux sociaux) et le sentiment de bien-être. Les résultats démontrent un lien entre ces deux variables :  le sentiment de bien-être diminuerait selon le temps passé sur les réseaux sociaux. Cependant, les chercheurs modèrent leur réponse. En effet, il est difficile de savoir si les gens sont déprimés car ils sont sur Facebook ou s’ils sont déprimés et vont sur Facebook afin de se sentir moins seuls. D’autres enquêtes ont également montré ce lien tout en étant aussi prudentes quant à la relation réelle entre ces deux faits. En 2014, une enquête de l’Université de Houston met en avant un nouvel élément : « la comparaison sociale » via les réseaux sociaux. Le phénomène de comparaison sociale n’est pas nouveau mais il semblerait que les réseaux sociaux puissent l’accentuer.

Grâce à ces différentes plateformes, nous avons accès à tout un monde d’informations concernant nos amis ou connaissances. Des informations que nous n’aurions peut-être pas obtenues dans la vie de tous les jours et nous sommes donc face à des opportunités toujours plus grandes de nous comparer les uns aux autres. De plus, ce système de partage constant à encourager l’autopromotion sur les réseaux sociaux. Les gens vont plus facilement partager des éléments renvoyant une image positive d’eux-mêmes. Entre nous, qui n’a jamais retouché une photo ou essayer de détourner un moment banal pour le faire paraître idyllique sur Facebook ? Tout le monde le fait à une certaine échelle. Le problème est que nous ne suspectons pas les autres de le faire également et allons donc nous comparer à une image erronée de la « vraie vie » des gens que nous suivons. La comparaison sociale pourrait donc expliquer les résultats obtenus dans les recherches précédemment évoquées.

L’envers du décor

Photographie réalisée par Champoo Baritone
Photographie réalisée par Champoo Baritone

Pour terminer sur une touche plus légère, une photographe thaïlandaise a immortalisé une série de clichés qui a fait le buzz. Elle expose l’envers du décor des photos qui nous semblent parfaites sur les réseaux sociaux, tout en montrant qu’il ne s’agit que d’un point de vue. Alors n’oublier pas de relativiser devant les postes des gens que vous suivez et que chacun partage ce qu’il veut bien montrer.

À lire ailleurs: 

http://www.forbes.com/sites/amitchowdhry/2016/04/30/study-links-heavy-facebook-and-social-media-usage-to-depression/2/#114804b7566e

http://letudiantautonome.fr/decryptage-facebook-social-depression-2003/

Sources:

Hephzibah. A. (2011). Never heard of Fomo ? You’re so missing out. In: [en ligne], URL: https://www.theguardian.com/commentisfree/2011/apr/17/hephzibah-anderson-fomo-new-acronym (consulté le 07 décembre 2016)

Kross E, Verduyn P, Demiralp E, Park J, Lee DS, et al. (2013) Facebook Use Predicts Declines in Subjective Well-Being in Young Adults. PLoS ONE 8(8): e69841. doi:10.1371/journal.pone.0069841, In: [en ligne], URL: http://journals.plos.org/plosone/article/file?id=10.1371/journal.pone.0069841&type=printable (consulté le 07 décembre 2016)

Steers & al. (2014). Seeing everyone els’e’s highlight reels: How Facebook usage is linked to depressive symptoms. In Journal of Social and Clinical Psychology, Vol. 33, No. 8 URL: http://faculty.coe.uh.edu/flopez/docs/Highliight%20Reels%20and%20Comparison.pdf (consulté le 07 décembre 2016)

(Source images: http://www.netpublic.fr/2015/09/reseaux-sociaux-en-2015-quelles-opportunites-pour-les-entreprises/ https://www.facebook.com/zuck?ref=ts&fref=ts http://www.boredpanda.com/truth-behind-instagram-photos-cropping-chompoo-baritone/)

(Source vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=zTnGnKywChU)

Auteur: Virginie Buffat

« Social bots » : la nouvelle menace

« Social bot »
Combinaison entre l’oiseau Twitter et la figure science-fiction Terminator : un « social bot » illustré par Arn0. Source: http://cacm.acm.org/magazines/2016/7/204021-the-rise-of-social-bots/fulltext

« Social bots » gagnent beaucoup de popularité sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce que c’est exactement et pourquoi ils sont dangereux.

Suite à l’élection présidentielle américaine du novembre 2016 le sujet est dans les médias plus que jamais. Une étude a trouvé que pendant les débats des candidats Hillary Clinton et Donald Trump une grande partie du trafic sur Twitter était conduit par des « social bots » ou des comptes principalement automatisés.

Qu’est-ce que c’est les « social bots » ?

Les « social bots » sont des comptes sur les réseaux sociaux programmés par une personne humaine. Il y a divers bots avec différents rôles. Par exemple des « bons » bots qui ont la tâche d’informer sur les changements de la météo ou « Tay » l’expérience raté de Microsoft. Mais on peut aussi abuser de la capacité des bots. Étant donné que les activités sur les réseaux sociaux (par exemple l’algorithme du facebook) se mesurent sur les taux de clics ou l’intensité des interactions, on peut programmer des bots qui simplement ont la tâche de générer des clics, shares ou commentaires.

Motifs pour utiliser des « social bots »

On peut les utiliser pour des motifs financiers en gagnant de l’argent avec des clics sur les publicités. Mais on peut aussi les utiliser dans un objectif politique. Les responsables du parti politique allemand AfD ont annoncé qu’ils veulent utiliser des « social bots » pour « propager leur positions politiques parmi les électeurs ». Dans l’élection présidentielle américaine récente des « social bots » étaient utilisés en combinaison avec des désinformations. Des programmeurs de « social bots » ont délibérément créé des sites web avec d’articles faux et les ont partagés à travers des comptes automatisés. Ces « social bots » et les supporteurs des candidats présidentiels ont distribué les articles des milliers de fois en générant beaucoup de trafic sur les sites web et ainsi de revenu pour les programmeurs.

Dangers en utilisant des « social bots »

La programmation des « bots » devient de mieux en mieux et n’est pas facile à détecter. Ça peut duper des clients d’un site web de rencontres, donner l’impression que quelqu’un a beaucoup des followers sur Instagram ou tromper la société en orchestrant une grande discussion sur un sujet, qui normalement ne sera pas discuté aussi fortement. Notamment dans le cadre politique une dénaturation du debat peut effectuer des conséquences graves. On doit vraiment faire attention et remettre en question le sujet en cause, même si des milliers de personnes en parlent.

Réferences

Association for Computing Machinery (ACM). (27 juin 2016). CACM July 2016 – The Rise of Social Bots. [vidéo]. Consulté sur https://www.youtube.com/watch?v=VkEB_-ODqLM

Breithut, J. (2016). Wie Social Bots uns manipulieren, wer daran verdient und wie die Fakes auffliegen. Consulté sur http://www.bento.de/gadgets/social-bots-manipulieren-facebook-und-twitter-einige-verdienen-damit-geld-258770/

Fischer, F. (2013). Ferngesteuerte Meinungsmache. Consulté sur http://www.zeit.de/digital/internet/2013-05/twitter-social-bots

Kollayni, B., Howard, P. N., Woolley, S. C. (2016). Bots And Automation Over Twitter During The Second U.S. Presidential Debate. Data Memo 2016.2. Oxford, UK. Project on Computational Propaganda. Consulté sur http://politicalbots.org/?p=769

Mirau, F. (2016a). Pro und Contra: Ist Facebook ein Medienunternehmen mit Verantwortung für Fakenews? Consulté sur https://www.basicthinking.de/blog/2016/11/29/facebook-fakenews-verantwortung/

Mirau, F. (2016b). Wie uns Social Bots beeinflussen und warum sie so gefährlich sind. Consulté sur https://www.basicthinking.de/blog/2016/10/17/social-bots/

Silverman, C., Alexander, L. (2016). How Teens In The Balkans Are Duping Trump Supporters With Fake News. Consulté sur https://www.buzzfeed.com/craigsilverman/how-macedonia-became-a-global-hub-for-pro-trump-misinfo?utm_term=.vcNv8GrYyx#.gu3ByOZVAL

ZEIT ONLINE. (2016). AfD will Social Bots im Wahlkampf einsetzen. Consulté sur http://www.zeit.de/digital/internet/2016-10/bundestagswahlkampf-2017-afd-social-bots

Comment les protéines ont changé le « Community Management »

Emmi ENERGY MILK était l’une des premières boissons lactées lancées par le plus grand fabricant de produits laitiers en Suisse – Emmi. Pendant des décennies Emmi ENERGY MILK était connu comme « encas lacté riche en énergie et en apports nutritionnels » de Tétra Pack. Le lancement d’une bouteille riche en protéine sous la même marque en mars 2016 n’a pas seulement changé la perception des consommateurs, mais elle a aussi eu un impact extrême sur toute la campagne des réseaux sociaux et du « community management ».

Développer une nouvelle campagne

Développer une campagne pour ce nouveau produit et la diffuser sur le compte Facebook d’Emmi ENERGY MILK n’a pas été un devoir facile. En effet, la marque existant depuis de nombreuses années, la communauté s’est formée autour d’un produit standard n’ayant pas forcément d’intérêt avec les protéines.

Comme stagiaire du « team drinks» dans le marketing chez Emmi j’ai eu la chance de faire partie de ce projet unique et de voir comment s’est développé la campagne sur Facebook au cours du premier semestre 2016. Ensemble avec Ogilvy, une agence de publicité internationale établie à Zurich[1], nous avons mis sur pied une campagne divertissante qui – avec un clin d’œil – voulait introduire le nouveau produit à la communauté actuelle.

Le « community management » sur Facebook

Le jour où le nouvel Emmi ENERGY MILK High Protein (court : EEM HP) apparaît dans les magasins, nous avons posté une vidéo avec le « key visual » de la campagne : un homme qui fait des appuis avec un éléphant sur son dos. La vidéo avec le slogan « Un max de protéines pour réveiller le Superman qui est en toi ! », montre, que la campagne s’adressait à un public jeune – la groupe ciblée de la EEM HP sont des adolescents masculins entre 18 et 24 ans.[2]

Cette vidéo a été regardée plus de 7 mille fois. Depuis le poste Facebook le 9 mars 2016, il a été partagé 23 fois, 95 personnes ont mis un « like »  et presque 30 personnes ont commenté la vidéo ou ont marqué une autre personne (publication 9.3.16). C’est un bon taux de réponse si on le compare avec des autres vidéos et images que nous avions posté avant.

La campagne a continué avec des images de stock et des GIF animé, qui se référaient toujours au thème des protéines et de la force. A de nombreuses reprises, nous les avons liés au site web officiel www.emmi-energy-milk.ch, où on avait publié des informations détaillées sur le produit et les protéines en général. De plus, le hashtag #GotThePower sous lequel la campagne avait été lancée a été ajouté. En outre on posait des questions, comme par  exemple «Grosse Sprüche zum 1. April… Wie lautet dein Powerspruch?». De cette manière, nous avons encouragé les gens à parler d’eux et à les inciter à interagir avec nous.

L’intégration du « user generated content » dans un concours

Au début du mois de mai nous avons lancé un concours pendant deux mois, dans lequel les participants devaient poster une photo de soi sous la devise « Montre-nous le Superman qui est en toi ! » sur le site internet www.GotThePower.ch ainsi que sur les pages Facebook et Instagram. Chaque semaine une personne pouvait gagner un bon-cadeau de CHF 500.- pour un centre fitness  à choix. Afin de susciter l’intérêt de notre communauté sept petites vidéos dans lesquelles la force des muscles après avoir bu un EEM HP était illustré de façon ludique.

Pour ce faire les possibilités techniques suivantes ont été utilisées : Dans cette vidéo les garçons étaient par exemple étendus à terre et une chaise, un tapis ainsi que des images avaient  été intégrés par ordinateur, pour que le rendu ait l’air vrai. Bien que ces vidéos aient suscité l’intérêt du public, celui-ci ressentait un blocage quant au fait de publier une image de lui même. Le blocage de publier une image de soi était élevé, au début de la campagne seulement peu de personnes avaient participé.

Publication du « user generated content » sur la page Facebook

En collaboration avec l’agence nous avons par conséquent décidé d’utiliser le « user generated content » dans le but de pousser les gens à participer. De plus, chaque semaine des images publiées par les participants ont été repostée avec l’appel de se joindre. À côté de cela, nous avons toujours posté la photo du vainqueur de la semaine pour remercier et motiver les autres internautes. La stratégie d’utiliser le «user generated content» pour animer la communauté a très bien fonctionné et dans les dernières semaines du concours nous avions entre trente et cinquante participants.

Les apprentissages clés de la campagne

L’utilisation de ce concours nous a permis de réaliser que le blocage de publier une photo de soi est élevé et qu’il n’est pas facile de générer beaucoup de participations. Dans le future, il faut peut-être appliquer un mécanisme plus facile après le lancement d’un nouveau produit. Cependant il était gratifiant de voir comme les internautes se sont laissés inspirer par nos petites vidéos. Finalement, nous avons gagné des nouveaux fans sur la page Facebook et les affaires de vente de Emmi ENERGY MILK ont beaucoup augmenté.[3]

[1] Ogilvy (2016): Ogilvy Gruppe Schweiz. URL: http://www.ogilvy.ch/#/Ogilvy-Schweiz/Ogilvy-Gruppe/Company/Ogilvy-Gruppe-Schweiz (consulté le 15.11.2016).

[2] Ogilvy (2016): Kraftakt für die neue Emmi Energy Milk. URL: http://www.ogilvy.ch/Ogilvy-Schweiz/Ogilvy-Mather/Work/EMMI/EMMI_Energy_Drink/Kraftakt-fuer-die-neue-Emmi-Energy-Milk#/Ogilvy-Schweiz/Ogilvy-Mather/Work/EMMI/EMMI_Energy_Drink/Kraftakt-fuer-die-neue-Emmi-Energy-Milk (consulté le 15.11.2016).

[3] Nielsen Answers, YTD (novembre 2016)

(Sources vidéos: https://www.youtube.com/watch?v=WjwEtMymCRY / https://www.facebook.com/emmienergymilk/?fref=ts)

(Source image: https://www.facebook.com/emmienergymilk (Publication du 8.6.2016))

Auteure: Lydia Dubach

Relecture: Mirjam Muri (Brand Manager Emmi ENERGY MILK), Aurélie Beney 

 

Le crowdsourcing pour booster la représentation des femmes dans nos sociétés

La Suède est souvent citée en exemple en matière d’égalité entre les sexes. En 2016, elle apparait dans le quatuor de tête du classement « Global Gender Index », qui calcule les progrès relatifs aux disparités économiques dues au genre.  Pourtant, les femmes sont encore largement sous-représentées dans les médias et la culture des pays scandinaves, si bons élèves soient-ils. Forts de ce constat, Lina Thomsgård a décidé de s’en remettre au formidable levier de ressources qu’est le crowdsourcing, pour assurer une représentation plus égalitaire des femmes dans la société suédoise.

 

Le crowdquoi ?

employee-crowdsourcing

L’expression crowdsourcing est surtout utilisée pour parler d’une pratique managériale, qui consiste à externaliser des activités à une foule (the crowd), soit à un grand nombre d’acteurs anonymes la plupart du temps (Howe, 2006). Grâce aux avancées technologiques, il est désormais plus facile de regrouper une « foule » pour lui permettre d’exprimer son opinion ou de proposer de nouvelles idées. De grandes multinationales comme Procter&Gambel ou Starbucks ont très vite saisi le potentiel de cette pratique et masteurisé l’art de recourir à la « sagesse des foules » (Surowiecki, 2004)

Dans le cas qui nous intéresse, l’utilisation du crowdsourcing à travers les réseaux sociaux permet d’avoir accès à un réservoir de compétences, d’idées et de ressources extrêmement dense et varié. Plus qu’un « phénomène eutrepreunerial » (Turner&Killian, 1972) cette activité peut servir dans biens des contextes différents, pour solutionner des défis scientifiques, technologiques, environnementaux et même de société.

Il était une fois Equalisters, la liste « égalitaire » des internautes

And there I realized that there were only men on the list of DJs for the month. So I told them, ‘‘I’ll find you 100 DJs who aren’t men!”

Lina Thomsgard
Lina Thomsgard

Lina Thomsgård est une jeune femme suédoise, féministe engagée et passionnée par les réseaux sociaux. Elle a toujours été choquée par l’absence de voix féminines dans les médias et la culture de son pays. Cette sous-représentation aurait en effet un impact fondamental sur le grand public, et sur sa perception des rôles dans la société. Un soir de mars 2010, alors qu’elle était dans une boîte de nuit de la capitale, Lina s’est étonnée de ne voir que des hommes sur la liste de DJs du mois. En questionnant le gérant sur l’absence de femmes sur la liste, il lui a répondu qu’il n’y en avait tout simplement pas à sa connaissance « There just weren’t any ». La jeune suédoise lui promet de trouver 100 femmes Djs d’ici le lendemain.

Prenant conscience du challenge conséquent qui l’attend, Lina décide de créer une page Facebook « Equalisters », la liste égalitaire (Rattviseformedlingen en suédois), incitant les internautes à lui donner des noms de femmes Djs compétentes. Deux heures plus tard, quelques 200 personnes avaient rejoint la page et la liste recensait déjà plus de 130 femmes. Le pouvoir du crowdsourcing était en marche !

Un écho retentissant

Crowdsourcing Equalister pour trouver des programmatrices.
Crowdsourcing Equalisters pour trouver des programmatrices.

La portée de l’initiative se veut rapidement plus large. Grâce à un réseau grandissant d’internautes, les listes Equalisters permettent de rétablir une représentation plus égalitaire dans de nombreux contextes, de la culture à la politique, de l’économie aux médias.  Vous cherchez une chroniqueuse, physicienne, programmatrice, conférencière, bassiste ? Nous vous en trouverons une centaine !

Aujourd’hui, la page facebook suédoise compte plus de 82’000 abonnés et 600 listes ont été créées grâce au crowdsourcing sur Facebook et Twitter. Equalisters est devenu un service social largement reconnu à travers le monde et plusieurs fois récompensé en Suède. L’initiative à but non-lucratif est en mesure de proposer des alternatives à divers médias, organisations et entreprises pour bousculer les normes dominantes en matière de représentation et de participation des femmes dans la société. Il semblerait que grâce au pouvoir des réseaux sociaux et de ses internautes, le fameux « there just weren’t any » ne soit plus jamais une excuse en Suède!

Plus d’informations sur Equalisters:

https://rattviseformedlingen.se/equalisters/

Références:

Images:

  • https://ideascale.com/innovation/employee-crowdsourcing/
  • http://www.harpersbazaar.com/culture/features/g4201/famous-feminists-throughout-history/
  • https://www.facebook.com/rattviseformedlingen/?fref=ts

Auteure: Olivia Gachoud

 

USER-GENERATED CONTENT, le nouveau B2C ?

Le phénomène grandissant des youtubeurs-influenceurs, ces dernières années, est une aubaine pour les marques qui jouissent d’un nouveau canal pour se faire connaître et parler de leurs produits. 

L’extraordinaire pouvoir des youtubeurs

Depuis quelques années, la plate-forme YouTube connaît un succès florissant avec de plus en plus de personnes qui décident de créer leurs chaînes. Tous les secteurs sont touchés, de la beauté au gaming en passant par l’humour et la cuisine. Plus important encore, c’est l’engouement qui se crée autour de ces vidéastes, qu’on appelle aussi « influenceurs », de part leur statut médiatique et le nombre de followers qui dépassent les millions pour les plus connus. Ceux-ci ont réussi à s’entourer d’une vraie communauté virtuelle aussi fidèle que l’on peut l’être à une marque.

L’authenticité des youtubeurs leur a permis d’obtenir une confiance et une crédibilité auprès de leurs audiences qu’on accorderait plus difficilement à une publicité découlant directement d’une marque. L’utilisation de différents canaux de communication (Facebook, Twitter, Snapchat,…) pour être constamment en contact avec leurs abonnés et de manière plus personnelle, a fortement contribué à construire cette relation de confiance. Dans le cas des youtubeuses beauté, des études montrent qu’elles sont plus influentes et suivies que les grands sites féminins!

Cette notoriété n’est pas passée inaperçue auprès des marques et depuis plusieurs années, on observe la prolifération de partenariats entre les entreprises et les youtubeurs: une aubaine partagée pour les deux parties. En effet, les youtubeurs ont la possibilité de tester des produits, voire même d’être rémunérés. Pour la marque, les avantages sont multiples: avant tout, cela offre une grande visibilité, cela permet de faire connaître ses produits et nouveautés et de travailler son image, ainsi que d’attirer de futurs clients potentiels,…

Le B2C de demain

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Il y a bien des avantages pour les marques de travailler avec les youtubeurs. Tout d’abord, la capacité de diffusion des influenceurs dépasse la plate-forme de publication de vidéos. En effet, ils sont présents sur un grand nombre de réseaux sociaux. C’est ce qui leur permet d’avoir cette relation de proximité qu’ils entretiennent avec leurs communautés. Ceci nous amène à un élément crucial qui est la confiance et l’authenticité. Les gens vont plus facilement croire un contenu créé par une personne que des publicités créées par les marques elles-mêmes. De part la relation que les youtubeurs entretiennent avec leurs followers, une confiance a pu se développer. Les consommateurs se sentent donc beaucoup plus proches des youtubeurs que des marques. L’authenticité est aussi une caractéristique primordiale. Les gens attendent que les partenariats soient clairement explicités et que les influenceurs restent totalement honnêtes quant à leurs avis et jugements sur les produits et sur leurs partenariats. Cela oblige notamment les marques à laisser les youtubeurs s’approprier les articles. Mais en contrepartie, les entreprises jouissent de cette relation de fidélité pour promouvoir les produits. Une personne qui parle positivement d’un article est l’une des meilleures publicités, d’autant plus quand celle-ci est vue et suivie par des millions de gens.

Les avantages pour les entreprises sont donc clairs. C’est une stratégie marketing qui colle parfaitement à toutes les marques qui souhaitent améliorer et développer leurs stratégies marketing digitale.

Dans cette vidéo, Audrey Marshmaloo, youtubeuse française, explique comment se déroulent les partenariats avec les marques. Pour résumé, elle insiste sur sa sincérité quant à son jugement sur les produits qu’elle présente et sur la transparence dont elle fait preuve face à ses partenariats. Elle dit aussi qu’elle n’accepte pas de collaborer avec tous les entreprises et qu’il y a un tri qui est effectué en fonction des affinités et des propositions.

A lire ailleurs:

  • Blog : Salesforce https://www.salesforce.com/blog/2016/02/user-generated-content.html

Sources:

  • BENABBAS, Hasna. Les chaînes de beauté Youtube: description d’un phénomène sociétal auprès des adolescents et des jeunes adultes. Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, Université catholique de Louvain, 2015. URL: http://hdl.handle.net/2078.1/thesis:425 , consulté le 30 novembre 2016
  • Stratégie « Les youtubeurs, nouveaux amis des marques » http://www.strategies.fr/etudes-tendances/tendances/1006063W/les-youtubers-nouveaux-amis-des-marques.html , consulté le 1er décembre 2016
  • Prepashop « L’extraordinaire pouvoir de Youtube et des influenceurs du web » https://www.prestashop.com/blog/fr/lextraordinaire-pouvoir-youtube-influenceurs-du-web/ , consulté le 1er décembre 2016

Source photo:

  • https://www.salesforce.com/blog/2016/02/user-generated-content.html

Auteur: Joanna Rouiller