YouTube, vitrine publicitaire par excellence ?

YouTube vit le jour en 2005 et fut racheté par Google un an plus tard. En 2013, les dépenses publicitaires sur YouTube étaient estimées à 5,6 milliards de dollars, représentant une hausse de 51,4% par rapport à l’année précédente. YouTube possédait alors plus de 20% du marché publicitaire vidéo, changeant considérablement plusieurs paysages.

La publicité s’est imposée sur YouTube progressivement et sous des formes différentes.

Une révolution sur la toile, dans le paysage publicitaire, mais aussi dans la vie de quelques vidéastes

Plusieurs vidéastes ont en effet pu devenir des « youtubers », des personnes vivant totalement ou en partie de leurs vidéos (le nombre de vues que leurs vidéos totalisent étant tarifé mais aussi grâce à des vidéos sponsorisées). PewDiePie est le plus célèbre d’entre eux, totalisant près de 60 millions d’abonnés.

Gagner sa vie est possible via des publicités en début et/ou pendant la vidéo, des placements de produits ou encore des bannières. La vidéo ci-dessus, de style humoristique, totalise actuellement 19 millions de vues, représentant 19’000 euros engrangés (approximatif car plusieurs facteurs sont à prendre en compte) grâce à la publicité affiliée à la vidéo.

On constate que les youtubers détiennent un rôle très important chez les jeunes de 13 à 24 ans

Ces « youtubers » possèdent une influence prépondérante, pouvant mettre en avant des produits et étant considérés comme les nouveaux influenceurs, surtout chez les jeunes. Ce pouvoir peut provenir de l’effet dit « best-friend », sorte de sentiment d’amitié ressenti et développé par les abonnés des « youtubers ». On dénote aussi une proximité de par le fait que ces nouvelles stars se dévoilent plus, montrent plus leur quotidien, interagissent plus sur les médias sociaux, conduisant à une identification des « viewers ».

La télévision dépassée ?

YouTube est devenu un outil publicitaire inévitable aujourd’hui et il serait même plus efficace de réaliser des campagnes sur la plateforme que sur la télévision. Ainsi, une étude sur 2 campagnes publicitaires de la marque Clarins (une campagne avec YouTube et une autre sans YouTube) à budget égal et à l’échelle nationale a montré que la publicité sur YouTube augmente le volume des ventes de 5%. Selon une étude menée sur Danone, le retour sur investissement serait deux à trois fois supérieur avec des campagnes sur la plateforme de Google plutôt que sur la télévision.

La publicité sur YouTube n’a pas que des côtés positifs.

Certains problèmes découlent du paysage publicitaire, notamment avec les adolescents qui peuvent être exposés à l’alcool, voir même encouragés à la consommation via les vidéos comme le montre certaines études. Une exemple est le clip de Robin Thicke «blurred lines» dans lequel le cognac Rémy Martin est mis en avant au moment où les paroles « You know you want it » retentissent, sorte de message subliminal. Notons au passage les tenues pour le moins sommaire des femmes présentes dans ces vidéos qui rabaissent ces dernières, renforçant l’idée de femmes-objets.

De plus, la publicité peut être mal venue selon la vidéo à laquelle elle est accolée. Ainsi en mars 2017, un scandale pouvant coûter très cher au géant américain est survenu lorsque l’algorithme de YouTube a affilié des publicités à des vidéos ayant des contenus haineux voir extrémistes. La publicité programmée fut reconnue défaillante et un travail sur l’algorithme a dû être entrepris pour éviter de nouvelles situations litigieuses.

Plusieurs régies publicitaires et entreprises (McDonald’s, Verizon, l’Oréal,…) ont alors suspendu leurs dépenses publicitaires sur le plus grand site de partage de vidéos. Il était alors estimé que Google, détenteur de YouTube, avait perdu 4% en bourse, soit 23 milliards de capitalisation boursière. Bien que YouTube et la publicité sur cette même plateforme soient en plein essor, de nombreuses facettes restent à étudier et à perfectionner pour maximiser le profit, tant du côté de l’annonceur, du youtuber que du spectateur.

Pour aller plus loin :

Source :

  • Parra, P. N. (2013). YouTube: The Business Model.
  • Cranwell, J., Britton, J., & Bains, M. (2017). “F* ck It! Let’s Get to Drinking—Poison our Livers!”: a Thematic Analysis of Alcohol Content in Contemporary YouTube MusicVideos. International journal of behavioral medicine, 24(1), 66-76.
  • Zouaoui, S. A. (2017). Impact du format, du positionnement et du contenu des publicités en ligne sur l’attention de l’internaute durant la navigation: une étude oculométrique exploratoire.

Sites web :

(Sources des images : https://blog.dolead.com/youtube-ads-decouvrez-la-publicite-sur-youtube/ / https://i.ytimg.com/vi/shplArnPVUQ/maxresdefault.jpg / http://www.tubefilter.com/2015/03/03/defy-media-acumen-report-study/)

Auteur : Vivien Furrer

Relecture : Calliope Immer & Ludovic Cuany

 

 

 

Neuralink et Brainternet, ou la naissance de « l’humain artificiel ».

L’année 2017 aura été riche en rebondissements pour les domaines des neurosciences et des TIC. En mars, Elon Musk annonçait officiellement  la création de la Start-Up  Neuralink, concurrencée en septembre par le projet Brainternet pour une course au « cerveau connecté ». 

L’intelligence artificielle (IA) étant amenée à prendre de plus en plus d’importance dans les années à venir, Elon Musk, PDG de Tesla, a annoncé le lancement de Neuralink. Sa nouvelle société a pour objectif de réussir, dans les prochaines années, à faire du cerveau, un objet connecté. Cela  facilitera la communication de l’Humain et élargira ses capacités cognitives. S’il y parvient, cette technologie permettrait à l’Homme d’interagir avec la machine et de concurrencer la quasi omnipotence de l’IA. Neuralink n’est d’ailleurs pas le seul projet à poursuivre cette ambition.

Utopie ou réelle révolution?

C’est une question que l’on peut se poser. Néanmoins, en septembre, l’idée du cerveau connecté  a pris une dimension plus concrète avec le succès du projet Brainternet. Lancé en Afrique du Sud par une équipe de chercheurs de l’Université de WITS, il a abouti à la toute première connexion d’un cerveau à l’Internet. L’expérience a cependant davantage la prétention d’innover le milieu des neurosciences  que celui des technologies de l’information et de la communication.

Elon Musk, PDG de Tesla et créateur de Neuralink

Adam Pantanowitz, le responsable du projet Brainternet, parle d’un pas en avant pour l’étude du cerveau ainsi que pour la médecine neuronale, sans pour autant représenter un  grand bouleversement pour la société. Rappelons qu’il existe déjà des technologies similaires, la connexion à internet en moins. Elon Musk, quant à lui, continue d’investir dans des recherches afin de créer une technologie capable de faire adhérer le cerveau humain à l’internet des objets.

Un pas vers le futur

Les deux responsables des projets s’accordent à dire que l’on devra  s’attendre à voir le cerveau humain devenir un objet connecté d’ici quelques années. En effet, à partir du moment où l’on sera capable de coder le cerveau, il sera alors possible de transmettre des informations dans les deux sens. Il est envisageable que l’on puisse alors également stocker les données de la mémoire. Les possibilités liées à cette innovation créeraient par ailleurs de tous nouveaux enjeux sociétaux.

« Be right back », épisode de la série Black Mirror.

Pas besoin d’être l’un des scénaristes de Black mirror pour s’imaginer les usages qui pourraient découler d’une telle technologie. Pour le meilleur, comme pour le pire. Par exemple, le décodage du cerveau , stocké sur la « mémoire éternelle » du Web, rendrait en quelque sorte notre pensée « immortelle ». L’Homme pourrait également uploader des informations et apprendre une langue, tel on télécharge une application. Et qu’en serait-il du hacking, pourrait-on pirater le cerveau d’autrui?

Tout ceci n’appartient pour le moment qu’à la science fiction. Il semble cependant que l’on se doit de garder un oeil attentif sur ces projets de recherche qui sont en passe de révolutionner les sciences de l’information et de la communication ainsi que les usages de demain.

Pour aller plus loin:

Sources:

Images:

 

LES MÉDIAS SOCIAUX ET LE POIDS DU REGARD DES AUTRES

Véritable outil de communication, les médias sociaux ne sont pas sans risques et représenteraient même un danger pour l’estime de soi. Un sujet qui demande réflexion.

Le côté sombre des médias sociaux

Nous vivons dans un monde où le virtuel fait partie intégrante de notre quotidien, nous sommes constamment interconnectés, notamment grâce aux médias sociaux. Aujourd’hui, 39% de la population mondiale est active sur ces médias. Cet outil magique nous permet de communiquer de manière instantanée avec qui l’on veut, quand on le veut et partout dans le monde. Merveilleux, n’est-ce pas?

Pourtant, nous vivons aussi dans un monde où l’image de soi a pris une place prépondérante, où la valeur d’une personne se mesure à coups de « likes » et où l’on se compare sans cesse à une perfection inatteignable.

Les 14-18 ans sont les plus affectés

À l’âge où se construit notre identité personnelle, le regard des autres a toute son importance. Ce phénomène n’a rien de nouveau, nous sommes tous passés par l’adolescence, ce stade de notre vie où nous nous posions toutes sortes de questions : « qui suis-je? », « quelle est ma place dans ce monde? », « suis-je aimé? », etc. Alors qu’est-ce qui a changé?

Le fait d’être constamment confronté à un idéal: des photos magnifiques, des personnes au corps parfait, des endroits idylliques. Tout cela ne fait que de nous rappeler que, nous, nous sommes loin d’être parfaits. Pourtant ces photos ne reflètent qu’une petite partie de la réalité, souvent retouchées et améliorées grâce à des filtres ou autres artifices. Un détail essentiel qu’on a tendance à oublier…

 

Essena O’Neill, star d’Instagram, décide en 2015 de dévoiler au public les conditions dans lesquelles ses photos « parfaites » ont été prises.

L’apparence avant tout: sur les médias sociaux, c’est le visuel qui prime. En même temps, une photo permet difficilement de juger l’intelligence d’une personne, me direz-vous. Alors on se contente de « liker » ou pas, en se basant uniquement sur l’esthétique, donnant ainsi une importance démesurée à l’apparence physique.

« I let myself be defined by numbers. » Essena O’Neill

La méchanceté gratuite: les médias sociaux installent une certaine distance entre les interlocuteurs, on communique derrière son écran, parfois avec des gens qu’on ne connaît pas et qu’on n’a jamais rencontrés dans la vraie vie. Tout cela créé un détachement émotionnel qui amène parfois à un manque considérable d’empathie. On assiste alors à des commentaires virulents, des critiques, des insultes, et parfois même des menaces.

Des conséquences néfastes…

Une étude britannique a révélé que 70% des jeunes affirment avoir une mauvaise image de soi après avoir passé du temps sur Instagram. L’apparence prend une telle importance chez les jeunes, que 1/5 refusent d’aller à l’école un jour où ils ne se trouvent pas attirants.

Ce manque de confiance en soi a des conséquences inquiétantes: dépression, anxiété, malnutrition, mauvais résultats scolaires, … La liste est longue. Mais que faire pour remédier à cela?

…mais aussi des solutions!

Selon La Royal Society, il faudrait développer des algorithmes permettant d’identifier et de signaler les photos retouchées. Ceci afin d’insister sur le fait que cette perfection, à laquelle nous sommes quotidiennement confrontés, n’est pas réelle.

Meaghan Ramsey, directrice du « Dove Self-Esteem Project », estime, quant à elle, que la solution réside dans la façon dont nous nous valorisons les uns les autres. Nous devrions cesser de mettre l’apparence physique au centre et commencer à valoriser davantage les actions, les efforts, les accomplissements de chacun.

« We need to start judging people by what they do, not what they look like. » Meaghan Ramsey

À lire/voir ailleurs:

(Sources images: https://blogs.letemps.ch/dr-jean-gabriel-jeannot/2017/10/12/la-depression-mieux-diagnostiquee-par-instagram-que-par-les-medecins/ / http://www.elc.edu.au/en/newsroom/details/elc-facebook-we-made-it-to-7500-likes/elc-news / http://www.elle.com/culture/news/a31635/essena-oneill-instagram-social-media-is-not-real-life/ / https://www.youtube.com/watch?v=gXlIAS-rI4E)

Sources:

Auteur: Calliope Immer

Relecture: Marie Schöpfer, Vivien Furrer 

« Nutella, parlons-en! »

« Nutella, parlons-en! » Ferrero aborde de front le sujet et répond aux accusations menées contre Nutella et l’utilisation de l’huile de palme dans sa recette. Une communication de crise qui s’appuie sur un lien de confiance établi entre les consommateurs et la marque, diva incontestée des goûters et des péchés mignons de millions de personnes dans le monde. Entre invitations au boycott et un front de défense qui s’érige « Touche pas à mon Nutella », focus sur un cas discuté qui a créé de fervents opposants. Sans doute ça reste une bonne leçon à tirer sur l’art de bien tartiner ses arguments

La question s’imposait pour Nutella déjà en 2012.

Notamment en France, où un amendement vise à augmenter de 300 % la taxe sur l’huile de palme. L’huile en question est mise à l’index pour son impact sur la santé et son incidence sur la déforestation de la planète. Utilisée dans de nombreux produits alimentaires, elle figure parmi un des composants principaux du Nutella.

Rapidement l’amendement est rebaptisé « amendement Nutella », du nom de la célèbre pâte à tartiner. Ferrero se retrouve ainsi débordée par un débat enflammé qui attaque le produit, le diabolise. Sur Youtube et Facebook le badbuzz s’enchaîne, les haters se soutiennent entre eux. La crise s’aggrave et prend sérieusement de l’ampleur. C‘est ainsi qui Ferrero décide de prendre position et de créer un site internet dédié « Nutella, parlons-en » ainsi qu’un fil sur Twitter.

Source:Youtube, Nutella France

Une communication bien ciblée puisque le Nutella est un produit très consommé par les jeunes générations, présentes massivement sur le Web et les réseaux sociaux.

« Le but du fabriquant est, plutôt que de modifier la recette du Nutella, de l’expliquer au consommateur« . L’idée de transparence et fiabilité est mise en avant.

Ferrero prend fait et cause pour expliquer et argumenter le choix de l’huile de palme dans sa recette, ce qui donne à Nutella son goût unique apprécié de génération en génération. Ferrero répond point par point aux critiques sur Facebook et aux commentaires des vidéos publiées sur son canal officiel Youtube. A preuve de l’efficacité de la riposte, certains internautes s’engagent même comme militants pour leur lovebrand, créant des pages « Touche pas à mon Nutella ! » ou « Défence Nutella » sur Twitter et Facebook. La stratégie employée par Ferrero représente ici un exemple assez bien réussi de gestion de communication de crise et des communautés en ligne. L’exposition médiatique a fait ressortir ses ennemis, mais aussi de nombreux alliés qui se sont battus de son côté.

Scandale!Nutella a changé sa recette

7 Novembre 2017. Le feu qui semble éteint dort souvent sous la cendre. Nutella fait encore parler de lui mais cette fois ce n’est pas l’huile de palme qui est cité en cause. Les consommateurs, dévenus vigilants depuis, s’aperçoivent d’une petite modification de la recette. La portion de lait écrémé passe de 7,5% à 8,7%. La quantité de sucre est légèrement augmentée mais les matières graisses ont baissé. Donc un produit plus sucré mais moins gras. L’entreprise semble avoir appris de ses erreurs et fait un effort pour rendre son Nutella relativement plus sain. De quoi réjouir les plus gourmands.

Ferrero a volontairement voulu faire passer un message d’engagement et prise en compte de la santé de ses consommateurs? Quoique l’on pense, il faut admettre que Nutella a su très bien se tirer d’affaire. Son avenir s’annonce pas fait que de belles noisettes et de bon lait frais mais la génération « no Nutella » ne semble pas encore pour demain!

Source:Wikipedia

Autrice: Naima Desiderio


Références et liens utiles:

TWITTER ET FOOTBALL : LES CLUBS SUISSES ONT SUIVI LE MOUVEMENT

Le sport professionnel n’échappe pas à la révolution numérique. Conscients de l’importance d’une communication directe et moderne, les clubs ont investi les médias sociaux. Exemple avec le foot suisse.

Impossible désormais de faire sans. Les médias sociaux sont devenus indispensables pour les clubs sportifs professionnels. Le constat est évidemment aussi valable pour le football suisse. Les pensionnaires de Super League, la première division du pays, ont ainsi tous leur compte sur Facebook, Instagram et Twitter.

Des clubs plus pressés que d’autres

Si les médias sociaux ont fait leur apparition au milieu des années 2000, les clubs suisses les ont adoptés plus tard. Et concernant Twitter, certains ont été plus pressés que d’autres. Le FC Bâle fait office de pionnier en Super League. Son compte a été mis en ligne en mars 2009, suivi par celui du FC Zurich (avril 2009). Le FC Saint-Gall est apparu sur ce média social en octobre 2013, tandis que le Lausanne-Sport ne l’a fait qu’en juin 2014.

Les usages principaux sont les mêmes pour les dix comptes de Super League. Les clubs donnent notamment des informations. Elles concernent les compositions d’équipes, la billetterie, l’horaire des matches ou le lieu du prochain camp d’entraînement. A l’exemple du FC Sion:

Les clubs questionnent également leurs fans, par l’intermédiaire de sondages ou en organisant, par exemple, l’élection du joueur du mois. Enfin, ils commentent en direct des parties ou des conférences de presse, grâce au live-tweet ou à des vidéos. Le FC Saint-Gall accompagne lui ses goals d’une très courte vidéo, différente selon le buteur:

Twitter parfois préféré à Facebook

Parmi les médias sociaux, Twitter se démarque notamment par sa spontanéité et son format court. Parfois, le nombre de « followers » d’un club dépasse celui des « j’aime » sur Facebook. En Suisse, aucun club de l’élite n’est concerné. Ce phénomène peut, par contre, être observé en France (Ligue 1) avec les comptes du Toulouse FC ou de l’En Avant de Guingamp.

Le compte Twitter le plus suivi du football suisse, celui de Bâle, comptait plus de 113’000 abonnés au début du mois de décembre 2017. Le club rhénan demande volontiers l’avis de ses fans:

Grâce aux médias sociaux, les clubs peuvent donc identifier la communauté de leurs fans et échanger avec eux. Ils ont aussi les moyens de saisir leurs besoins et envies. En contrepartie, ils proposent des concours ainsi que la possibilité d’entrer brièvement dans l’intimité du groupe professionnel. La proximité entre l’équipe et ses supporters s’en trouve grandie. Les clubs suisses l’ont désormais tous compris.

A lire ailleurs :

(Source de l’image: https://www.fcb.ch/de-CH/Fans/Social-Media)

(Source des tweets : https://twitter.com/FCSion /
https://twitter.com/FCSG_1879 / https://twitter.com/FC_Basel)

Auteur : Maxime Meyer

Relecture: Célia Rütsche

LES CONTACTS INTERPERSONNELS DE 1984 À 2017

Envahisseurs pour certains, opportunités pour d’autres, les réseaux sociaux sont des outils efficaces contre l’ennui que les internautes se créent eux-mêmes.

On se rappelle du fameux roman de Georges Orwell !  Et si nous avions atteint la dystopie crainte par l’écrivain visionnaire ? Le monde d’aujourd’hui ? Un monde où l’on ne peut se passer de son téléphone portable à table, où le bruit des notifications est d’or et le silence… N’en parlons pas, celui-ci a déjà disparu. Un univers où tournoient émoticônes, selfies et trolls. Un monde presque irréel dans lequel on entre chaque jour abandonnant la personne bien réelle qui reste seule à vous regarder de l’autre côté de l’écran.

L’avenir interactif d’un monde interconnecté.

Le délaissement du monde au profit d’un monde virtuel !

Bien que l’avancée certaine des TIC (technologie de l’information et de la communication) ait amélioré l’instantanéité et la qualité des échanges, certains chercheurs affirment que la communication réelle a diminué au profit de la communication virtuelle où les expressions faciales sont remplacées par des émoticônes et où les photos sont agrémentées de filtres travestissant la réalité. Privé de connexion, l’utilisateur a l’impression d’être coupé du monde… L’isolement social, une dimension dramatique à ne pas prendre à la légère.

Le téléphone est un outil qui nuit beaucoup à la communication. Grâce au téléphone, on a de moins en moins besoin de se parler. (B. Arcand)

Une peur de l’affrontement dans la réalité…

Interagir au travers de différents réseaux sociaux pourrait être perçu positivement si l’on invoque la notion d’engagement. Sur Facebook, des communautés se créent défendant ardûment diverses causes à coup de likes et partages. Or, il semble plus facile de donner son avis sur une plateforme, parfois anonymement, que de proposer un dialogue lors d’éventuels conflits qui ne peuvent se passer d’un investissement dans la relation interpersonnelle.

Les interactions sociales cessent. Référence à Bowling Alone. (Putnam, 1995)

Une alternative ? Un contrat avec son téléphone !

Si on ne fait donc rien, on continuera à vivre dans l’illusion du like comme approbation sociale. Mais, peut-on encore s’en sortir ? Imaginez :  s’émanciper de la domination de son Iphone et entretenir avec lui une relation saine et maîtrisée. Guy Birenbaum, auteur de l’ouvrage « Petit manuel pour dresser son smartphone » nous donne quelques conseils :

  • supprimer toutes notifications ;
  • regarder nos réseaux sociaux quand on le désire ;
  • essayer des vacances en NO PHONES ZONES.

Allez, on commence tout de suite… J’éteins l’écran.

 

A lire et écouter ailleurs : 

 

Sources :

A.D. (2017, septembre 24). Guy Birenbaum : le smartphone, « un incroyable outil de servitude volontaire ». Récupéré sur Europe 1: http://www.europe1.fr/technologies/guy-birenbaum-le-smartphone-un-incroyable-outil-de-servitude-volontaire-3444278

Arcand, B. (2017). Bernard Arcand. Récupéré sur Le Figaro: http://evene.lefigaro.fr/celebre/biographie/bernard-arcand-5881.php

Caron, A., & Caronia, L. (2005). Culture mobile : les nouvelles pratiques de communication, Montréal, Presses universitaires de Montréal, Coll.

Dfeldmann. (2015). 1984 (roman). Récupéré sur Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/1984_(roman)

Dystopie. (2010). Récupéré sur Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Dystopie

Gagnon, A. (2015). Les conséquences des technologies de l’information et de la communcation (TIC) sur le fonctionnement social des jeunes adultes de 18 à 30 ans. Récupéré sur http://constellation.uqac.ca: http://constellation.uqac.ca/3001/1/Gagnon_uqac_0862N_10068.pdf

Putnam, R. D. (2000). Bowling Alone. Récupéré sur Wikipedia: https://en.wikipedia.org/wiki/Bowling_Alone

 

Sources images :  photos personnelles

 

Auteure : Jenna Meister

Relecture : Régine Bucher, Carlène Hofmann et Nicolas Schmid

 

Quand les médias sociaux volent notre temps

Obsolescence programmée, Growth hacking, auto déclencheurs… tels sont les thèmes liés à la technologie persuasive, face sombre des médias sociaux.

« Next episode playing in 3… 2… 1… »

Nous la connaissons bien cette proposition automatique de Netflix, ce compte à rebours que nous ne voulons absolument pas désamorcer et qui laisse présager un nouveau moment de netflix and chill.

La fin d’une ère

On s’en souvient comme si c’était hier de cet engouement pour ces technologies bienveillantes qui nous permettent d’interagir avec un proche à l’autre bout du monde, de visionner ce film dont nous avons raté la sortie au cinéma ou encore de rencontrer l’amour.

Cet enthousiasme semble être bien retombé depuis que les médias sociaux utilisent des technologies persuasives, que J. B. Fogg définit comme suit:

« A persuasive computing technology is a computing system, device, or application intentionally designed to change a person’s attitudes or behavior in a predetermined way. » (Fogg, 1999, pp. 27)

Depuis la déjà bien connue obsolescence programmée qui pousse les gens vers une consommation croissante d’appareils technologiques, les professionnels des médias sont accusés d’une autre sorte de manipulation envers la grande communauté du web. En effet, ceux que l’on appelle les Growth Hakers ont pour but de faire rester plus longtemps les gens sur leurs plateformes et ce, par n’importe quel moyen.

Le « Growth haking »

Nés dans la Silicon Valley, les Growth Hakers sont obnubilés par la croissance de leur entreprise web. Pour qu’elle ait lieu, ces derniers suivent le modèle de Dave McClure:

Modèle AARRR de McClure

Le processus est simple. Tout d’abord on attire des utilisateurs (acquisition), qui vont agir sur notre site (action). L’étape suivante consiste à les faire revenir régulièrement sur notre plateforme (retention), afin que ces derniers paient pour un service (revenue) puis, en parlent avec d’autres usagers du web (referral).

Dans l’optique des Growth Hackers, tous les métiers du web doivent collaborer et toutes les actions de l’entreprise sont pensées et optimisées pour que le site permette un tel cycle de vie aux visiteurs.

Les techniques persuasives des Growth Hakers peuvent être de différentes natures. On connait, par exemple, tous le fameux bouton like. Un simple clic sur ce symbole performatif produit une récompense telle, que cela va inciter les individus à fréquemment revenir consulter leur publication afin d’en connaitre ses effets. C’est ce que l’on peut appeler un autodéclencheur.

Les défenseurs de la cause

Heureusement, il existe des personnes qui défendent les internautes comme Tristan Harris, ingénieur en informatique chez Google. Au sein du groupe « Time well spent » qu’il a créé, il lutte pour les droits des internautes, donne des astuces pour apprendre à contrôler son temps connecté et encourage les entreprises technologiques à produire des logiciels plus conformes à une certaine éthique.

Finalement que retenir ?

Dans cette économie de l’attention, de nombreuses techniques chronophages comme la publicité profitent de la vulnérabilité des internautes. Cela dit, ne vous en faites pas trop, car nous avons en nous des ressources qui nous permettent d’éviter les pièges de ces experts de la manipulation. Notre meilleur atout contre ces tentations ? Notre force de caractère et notre bonne volonté !

Sources :

Grante, F. (2013). Qu’est-ce que le Growth Hacking ? Repéré à https://toiledefond.net/quest-ce-growth-hacking/

Fogg, B. J. (1999). Persuasive technologies. Communications of the ACM42(5), 27-29.

Turrettini, E. (2016). La « technologie persuasive » nous rend accros aux écrans. Repéré à https://www.letemps.ch/opinions/2016/11/20/technologie-persuasive-rend-accros-aux-ecrans

Turretini, E. (2017). Tabac, sucre et réseaux sociaux, même combat ? Repéré à https://www.letemps.ch/opinions/2017/11/19/tabac-sucre-reseaux-sociaux-meme-combat

A lire ailleurs:

(Source des images : https://www.geeky-gadgets.com/wp-content/uploads/2014/01/Netflix-Next-Episode.jpg  / http://d3kqkuy1hpjocx.cloudfront.net/s3fs-public/matriceaaar.png / https://4cawmi2va33i3w6dek1d7y1m-wpengine.netdna-ssl.com/wp-content/uploads/2016/11/psychology_The-psychology-of-persuasion-01-1024×384.png )

Auteur: Leslie Favre