Influenceurs, un phénomène de mode ?

Devenir un influenceur sur les réseaux sociaux est devenu un phénomène de mode dans la société dans laquelle on vit. Les tutos sur « Comment devenir un influenceur » foisonnent et rendent encore plus accessible cette tendance. Ce phénomène attire de plus en plus de jeunes qui voient dans cette nouvelle forme de « célébrité » également un moyen de se faire de l’argent.

Le Marketing d’Influence Sociale (SIM)

Dans le domaine du marketing, cela fait des années qu’on se rend compte que la publicité traditionnelle ne fonctionne plus autant bien qu’avant, notamment en ce qui concerne les jeunes (Goldsmith and Clark, 2008). La faute à ces publicités intrusives, notamment sur les réseaux sociaux comme Facebook ou YouTube, ce qui pousse les utilisateurs à s’en prévenir grâce à des logiciels comme Ad Block, qui permettent de passer les publicités ou simplement de les masquer. L’impact pour les marques est conséquent puisqu’ils ont de plus en plus de mal à atteindre des clients potentiels.

L’introduction d’influenceurs  a donc été vu comme une évidence. Les conseils de ces leaders d’opinion sur les réseaux sociaux à propos des produits ou autres ont eu un grand impact sur les attitudes, décisions et comportements de leurs followers. On écoute leurs conseils car on leur fait confiance.

En quelques années, on est passé de quelques influenceurs à un nombre qui ne fait que de s’accroître Le phénomène a pris une telle ampleur qu’on retrouve même des tutoriels dans de grands magazines de modes sur, par exemple, « Comment devenir un vrai influenceur sur Instagram » (ELLE, novembre 2017).

Cette tendance attire de plus en plus les jeunes, car comme cité par Sébastien Bouillet, cofondateur d’Influence4you, première agence française de contenu en ligne d’apparence éditoriale, « N’importe qui peut devenir influenceur. » (Le Temps, mai 2017).

Le bon cocktail permettant à chacun et chacune de devenir influenceur sur les réseaux sociaux est tout simplement un doux mélange de photos d’excellente qualité et d’une grande communauté.


Fake Influenceurs

Actuellement, les marques rémunèrent les influenceurs en fonction du nombre de followers ou du nombre de vues. Cette méthode de rémunération implique que plus le nombre de personnes qui nous suit est élevé, plus grand sera l’impact. L’hypothèse étant que si une personne est populaire et que beaucoup de personnes la suive, alors ce qu’elle pense doit forcément être une référence.

Rémunération sur les différents réseaux sociaux en fonction du nombre de followers.

On comprend donc mieux pourquoi ces jeunes se laissent tenter par l’achat de followers pour faire gonfler leurs profils et essayer de décrocher des contrats avec des marques.

D’après un étude menée par la SRF, entre 26% et 31% des followers d’influenceurs suisses n’existeraient pas (SRF, Octobre 2017).

Les conséquences principales pour les marques qui proposent des partenariats avec ces personnes sont la perte de crédibilité auprès de leurs clients, mais aussi la perte d’argent, car ils financent de faux influenceurs qui ont artificiellement gonflé leurs nombre de followers. L’impact que cela peut avoir sur l’image de la marque est immesurable.

Une solution, le micro-influenceur?

Lors de l’apparition des premiers influenceurs, les gens avaient confiance du fait de leur position de leaders d’opinion. Cependant, petit à petit, les followers ont commencé à se rendre compte que les personnes qu’elles suivaient ne donnaient pas simplement leur avis sur un produit ou une marque mais qu’elles étaient payées pour ça. Cela a commencé à remettre en question l’intégrité de ces personnes en lesquelles ils avaient confiance. Si on ajoute à cela une communauté qui comporte une majorité de faux comptes, cela ne fait qu’empirer les choses.

Pour retrouver cette sincérité et cette transparence, les entreprises ont trouvé une solution et se tournent de plus en plus vers le micro-influencing ou « magic middle » qui sont des « petits » influenceurs très spécialisés. Leurs interventions sont jugées plus spontanées et authentiques et sont d’autant plus apprécié et cela se remarque notamment du fait que leur communauté a un taux d’engagement plus élevé que pour de traditionnels influenceurs.

Une conclusion assez évidente que l’on peut en tirer est que malgré la société dans laquelle on vit, qui nous pousse à être de plus en plus actif sur les réseaux sociaux et cette pression qui poussent les jeunes vers la popularité, cela ne va pas forcément de pair avec une grande communauté, surtout quand celle-ci est majoritairement composée de faux compte. L’authenticité et la confiance sont deux valeurs qu’on oublie un peu trop à mon avis et qui sont inéluctablement le futur du Marketing d’Influence Sociale.

Sources:

(Source des images/vidéo : https://www.instagram.com/p/BcHhz9vDI9V/?hl=fr&taken-by=chiaraferragni / https://www.bloomberg.com/news/features/2016-11-30/confessions-of-an-instagram-influencer / https://brandandcelebrities.com/blog/quels-tarifs-pour-les-influenceurs-0317/ )

Auteur: Yaël Mento